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Journal Spécial des Sociétés
Suicides en prison - À Fleury-Mérogis, des détenus reçoivent un diplôme de « codétenu de soutien »
Publié le 10/09/2019

Alors que 14 suicides ont eu lieu dans la prison de Fleury-Mérogis (91) en 2018, des détenus ont été formés tout l’été pour aider et détecter les prisonniers en souffrance, dans le cadre d’un plan national de prévention du suicide initié par l’administration pénitentiaire. Le 3 septembre dernier, certains volontaires ont ainsi reçu un diplôme de « codétenu de soutien ».

La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, dans le département de l’Essonne, est la plus grande d’Europe, avec plus de 4 000 détenus. Ici, le taux de surpopulation est moins élevé que dans de nombreuses autres prisons en France. Pourtant, le nombre de suicides, et tentatives de suicide a explosé en 2018. Ainsi, 14 personnes, 13 détenus et un gardien se sont donné la mort au sein de l’établissement, contre seulement 3 en 2017. Et 80 autres personnes ont été sauvées in extremis.

Pour lutter contre ce fléau, un plan national de prévention suicide a été lancé par l’administration pénitentiaire. Après Villepinte (Seine-Saint-Denis) en 2010, Poissy (Yvelines) et Fresnes (Val-de-Marne), Fleury a mis en place cet été un dispositif de « codétenus de soutien ».

Huit volontaires du bâtiment D1 ont été formés tout le mois de juillet par la Croix-Rouge, pour prodiguer les gestes de premiers secours, mais aussi à écouter et aider – grâce à des jeux de rôles – les personnes à risque. Le 3 septembre dernier, les huit détenus volontaires ont reçu un diplôme de « codétenu de soutien » des mains de Nadine Picquet, cheffe d’établissement de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, rapporte Le Parisien. D’ici les prochaines semaines, deux des huit codétenus de soutien iront, par roulement, se présenter aux nouveaux arrivants.

Pour la direction de l’administration pénitentiaire (DAP), les codétenus de soutien sont une « aide humaine supplémentaire », mais « ne viennent pas remplacer le travail du personnel ». La prévention du suicide en milieu carcéral passe d’abord par la formation des employés qui effectuent, notamment, des rondes régulières, au moins toutes les deux heures la nuit.

En outre, de nombreuses mesures de prévention du suicide sont mises en place dans les maisons d’arrêt. Ainsi, lors de leur arrivée en prison, les détenus sont placés dans le « quartier arrivants » pendant huit jours. Ils passent alors une visite médicale pour faire le point sur leur profil psychologique, indique un article publié dans l’hebdomadaire La Vie.

Les détenus les plus fragiles peuvent bénéficier d’un « codétenu de soutien », sur avis de l’établissement pénitentiaire ou si le codétenu se propose de lui-même.

Lorsque la situation est jugée critique, les détenus peuvent également être placés en cellule de protection d’urgence. Tout ce qui se trouve dans cette pièce a été pensé pour éviter le suicide (meubles aux bords arrondis, pyjama et linge de maison en papier…). Cependant, malgré ces préventions matérielles et humaines, les suicides ne sont jamais inévitables. C’est pourquoi le plan de prévention du suicide dans les prisons françaises initié par l’Administration pénitentiaire est en constante évolution.

À Fleury-Mérogis le dispositif de « codétenus de soutien » devrait être prochainement étendu au bâtiment D2, le plus touché par des suicides en 2018, avant d’être généralisé sur l’ensemble de la maison d’arrêt.

Maria-Angélica Bailly

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