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Journal Spécial des Sociétés
Sportifs de haut niveau : comment gérer sa carrière au temps du Covid ?
Publié le 16/07/2021 09:39

Épargner pour sa retraite, éviter les pièges financiers, préparer sa reconversion… tout en restant performants ! Voici les défis auxquels sont confrontés les sportifs professionnels et de haut niveau au cours de leur carrière. Si la crise sanitaire a amplifié la difficulté de ces épreuves, elle a aussi rendu indispensable l’adoption de bons réflexes en matière de gestion financière !

 


Reports, annulation, huis clos… ces mots n’ont cessé de hanter les sportifs au cours des quinze derniers mois. La crise sanitaire a bouleversé le rythme habituel des différentes compétitions sportives et les athlètes ont dû s’adapter, au quotidien, à cette incertitude. Au-delà de l’aspect purement physique, il leur a également fallu appréhender une période d’inactivité, difficile à gérer d’un point de vue mental et financier.

Les reports ont suscité beaucoup d’inquiétudes chez les athlètes : serai-je toujours aussi performant l’année d’après ? Serai-je en mesure d’être sélectionné à nouveau ? Mais au-delà de la seule dimension psychologique, les sportifs ont dû faire face à des situations financières incertaines à cause du Covid. Nombreux sont les sportifs salariés qui ont accepté des baisses de salaires temporaires. En statut individuel, la situation est parfois bien plus compliquée, avec une quête ardue de sponsors pour maintenir un revenu.

Il faut, à cet égard, noter que bon nombre de partenaires ont joué le jeu de la solidarité et ont continué à soutenir leurs athlètes, comme si les compétitions n’avaient pas été reportées. Nous avons aussi, en France, la chance d’avoir une structure comme l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep), qui peut permettre à des sportifs de haut niveau d’avoir un statut de « fonctionnaire » le temps de leur carrière.








Mais pour qu’un athlète puisse se concentrer à sa pratique et son métier, il est primordial de ne pas être soumis à des incertitudes sur le plan financier. Et plus le sportif sera préparé, en ayant adopté, le plus tôt possible, des comportements adaptés à sa situation, moins il sera exposé aux perturbations et aux aléas que nous connaissons aujourd’hui.

Les clubs sportifs sont souvent preneurs de recommandations et demandent aux professionnels du conseil en gestion de patrimoine d’intervenir auprès de leurs jeunes pour leur inculquer les bons réflexes. Ce n’est pas une mince affaire que de parler de demain, voire d’après-demain, tant cela peut paraître dérisoire et prématuré pour ces sportifs en devenir. Il faut pourtant les sensibiliser à trois grands sujets : la gestion de leur budget, la fiscalité, pour éviter les difficultés liées à des grandes variations de revenus et l’anticipation de la blessure lourde et de longue durée, en s’assurant qu’ils soient bien couverts.

 

 

Dix ans d’épargne pour sécuriser l’après-carrière

C’est aussi le moment de leur transmettre quelques notions, en les sensibilisant notamment aux systèmes d’épargne « contrainte », qui imposent des versements minimums et qui demeurent indispensables pour des carrières aussi courtes. Si un sportif peut avoir accès aux mêmes produits d’épargne que tout le monde, il ne peut pas les utiliser de la même manière, au vu de son horizon de placement assez réduit, qui lui imposera de rester plus prudent. En d’autres mots, le sportif prend des risques avec son corps, mais ne peut pas en prendre avec son argent.

Respecter les délais imposés par la temporalité d’une carrière de sportif est primordial, car les chutes de salaire, une fois la retraite sportive atteinte, peuvent s’avérer brutales. Sans aller jusqu’à évoquer les sports les plus rémunérateurs, prenons par exemple les handballeurs professionnels, qui peuvent passer de 8?000?euros à 2?000?euros par mois du jour au lendemain. Cette transition doit donc se préparer via une stratégie patrimoniale calquée sur le temps de carrière du sportif, avec une prise de risque mesurée et un effort d’épargne constant.

 

 

Comment éviter les pièges financiers ?

L’autre principale précaution à garder à l’esprit, pour tout sportif, est celle d’éviter à tout prix les miroirs aux alouettes. Les sportifs se voient souvent proposer toutes sortes de placements mirobolants qui s’avèrent finalement déceptifs, voire frauduleux. Il n’est malheureusement pas rare que certains d’entre eux se retrouvent ainsi dans une situation financière très délicate par la suite, en ayant dépensé l’argent qu’ils n’avaient pas encore gagné.

Le fait de passer une partie de sa carrière à l’étranger peut aussi constituer un point d’attention. Tous les pays n’ont pas la même stabilité financière, ni le même cadre législatif, et certains sportifs peuvent se retrouver sans contrat, voire sans salaire. Le passage à l’étranger implique également de se confronter à des notions d’expatriation puis d’impatriation fiscale, à ne pas négliger.

Une épargne bien calibrée tout au long de la carrière, couplée à une précaution face aux risques d’escroquerie, assure donc aux athlètes une carrière sereine d’un point de vue financier. Ne reste plus, ensuite, qu’à préparer la reconversion pour s’assurer une deuxième vie tout aussi réussie. Il est souvent très complexe d’aborder le sujet avec les sportifs, qui souvent ne veulent pas en entendre parler avant les deux ou trois dernières années de leur « première vie ». Les conseillers ont alors un rôle prépondérant pour les sensibiliser le plus tôt possible à cette question.

 

 

La reconversion, moment idéal pour s’ouvrir à d’autres activités

Souvent, les sportifs pensent qu’ils ne peuvent être bons que dans le milieu du sport, dans lequel ils ont été protégés et conditionnés pendant une bonne quinzaine d’années. Ils n’ont pas conscience que leurs compétences peuvent être transposées dans d’autres secteurs. Un capitaine d’équipe de cyclisme aura, dans la gestion de son équipe, dans l’attention aux détails, dans la mise en avant des forces vives, un grand nombre des qualités requises pour être un bon manager.

Le monde du sport n’est donc pas la seule voie possible pour les athlètes de haut niveau. Ils peuvent mettre leur expertise et leurs compétences au service d’autres sphères professionnelles. Mais ces reconversions s’accompagnent parfois de difficultés, qu’il est, là encore, pertinent d’anticiper. Si l’arrivée des sportifs de haut niveau est souvent bien accueillie par les équipes en place dans l’entreprise, cela n’est pas pour autant gage de réussite. Il faut que le sportif accepte d’être formé, à nouveau. Un temps d’intégration est nécessaire, et il faut également accepter que les résultats ne viennent pas tout de suite. La logique « entraînement-effort-résultat » n’est pas aussi implacable dans un bureau que sur un terrain ! C’est aussi aux managers de faire preuve de pédagogie afin d’accompagner le sportif dans ses premiers pas de reconversion. Si cela fonctionne bien, il aura alors tout à y gagner !

 

Christian Hubert,

Directeur UFF Sport Conseil

& directeur commercial adjoint de l’UFF (Union Financière de France)

 

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