Technologie et notariat : 3 questions à Guillaume de Bruc, directeur général de Septeo Solutions pour les Notaires
Publié le 30/11/2022 à 17:32

Guillaume de Bruc, à la tête de Septeo Solutions pour les Notaires (ex-GenApi), éditeur de logiciels à destination des notaires, revient pour le JSS sur les dernières solutions développées à destination de la profession et sur la relation que cette dernière entretient avec la technologie.

 

Comment Septeo Notaires accompagne-t-elle la profession dans sa digitalisation ?

Septeo Notaires fournit aux notaires un système de rédaction des actes et tout un écosystème digital facilitant les échanges avec tous les acteurs de la profession, le dépôt des actes, etc. Il y a trois ans, nous avons décidé de procéder à la refonte complète de notre produit et de déployer une nouvelle version intégrant notamment un moteur d’intelligence artificielle pour automatiser les tâches à faible valeur ajoutée, comme la création automatique de dossiers de fiches immeubles ou de fiches clients, par exemple. Cet outil nommé Kivia, permet aussi de sécuriser les flux financiers, d’automatiser les formalités et de travailler en mobilité complète, y compris en multi-office. Enfin, la puissance de calcul offerte par les infrastructures de cloud souverain du groupe nous permet de proposer une grande disponibilité, plus de réactivité et de garantir les meilleurs critères de sécurité pour nos utilisateurs.

 

 

Dernièrement, votre société s’est lancée sur le metaverse. Dans quel objectif ?

Il y a 18 mois, vous m’auriez parlé de metaverse, je vous aurais répondu « on verra dans cinq ans ! ». Mais courant 2022, la communication en la matière s’est accélérée, y compris chez les notaires, sur des sujets de transmission et de fiscalité. Pour ne pas avoir un train de retard et pour renforcer notre relation client, nous avons investi dans une expérience multiverse, avec plusieurs metaverses offrant des expériences différentes, en proposant aux notaires une nouvelle panoplie d’outils dans le Web3. En octobre 2022, nous avons donc fait notre entrée dans le monde virtuel avec Spatial (un metaverse qui propose des templates et permet d’inviter des collaborateurs, des clients, pour organiser une conférence ou une réunion professionnelle, ndlr), en créant la e-workroom Septeo Notaires au concept immersif. Cet espace permet aux notaires de « rencontrer » des clients potentiels et de leur délivrer un conseil préliminaire, particulièrement en matière de transmission de cryptoactifs, car les détenteurs de ces actifs numériques ont beaucoup de questions sur le sujet, et leur profil est cohérent avec l’utilisation du metaverse.

Dans un second temps, courant 2023, nous disposerons d’un e-bâtiment accessible grâce à la plateforme française The Sandbox. Dans ce cadre, nous réfléchissons à mettre en place des salles de formation multimédias. L’idée est également de permettre aux personnes qui y auront accès de revenir ensuite dans la salle pour avoir accès à tout moment aux médias mis à disposition, et de bénéficier de l’ensemble de la formation à titre de service après-vente. Nous avons également un espace de recrutement permettant d’attirer des profils différents et très technologiques. Enfin, le metaverse se doit d’offrir un aspect ludique : les visiteurs pourront arpenter ce bâtiment virtuel pour y chercher des petits NFT, comme dans un jeu vidéo !

 

 

Au dernier Congrès TechNot, il était question de cybersécurité, de blockchain, d’IA, etc. Il semble que la profession s’empare de la technologie. Quel rapport entretiennent les notaires avec celle-ci ?

Il est indéniable que lorsqu’on a commencé à parler un peu partout de la blockchain, dès 2015-2016, il y a eu une certaine méfiance chez les notaires : on parlait alors d’une certification qui s’autorégule, et qui pourrait à terme remplacer le notaire... Mais la profession a su raison garder : aujourd’hui, plutôt que de craindre la blockchain, elle s’en est emparée : la Chambre des notaires de Paris a sa propre blockchain !

Ce n’est donc plus un épouvantail, elle s’est approprié cette technologie là où il n’y avait pas de réponse régalienne, réglementée.

Pendant un temps, les grandes avancées ont été l’occasion de ruptures technologiques majeures et de ruptures fonctionnelles ou réglementaires majeures, avec un nouveau cycle tous les six ans. Depuis une dizaine d’années, on observe des ruptures moins franches mais quasi permanentes. Les besoins et les attentes des notaires se calquent sur ce modèle, d’autant que c’est une profession qui se rajeunit, qui est en demande de nouveautés.

Aujourd’hui, je dirais qu’un tiers des notaires ne sont pas du tout effrayés et s’intéressent aux technologies en lien avec leur profession. Les autres sont au pire soupçonneux, sinon indifférents. Mais tout est une question d’acclimatation. C’est ainsi pour toutes les innovations. Je me souviens quand l’acte authentique électronique est apparu, l’évangélisation a été progressive : il a fallu une bonne dizaine d’années pour que les notaires se l’approprient, alors qu’aujourd’hui, c’est devenu un réflexe dans les études. Il en sera de même pour les autres nouveautés, mais je pense que tout va aller de plus en plus vite, et les temps d’adaptation aussi. Ce que je peux dire, c’est que la profession est très organisée et corporate : les notaires se rencontrent et échangent beaucoup, ils ont des chambres départementales, des conseils régionaux qui mettent ces sujets-là sur la table. La sensibilisation, la formation infusent donc rapidement, et l’émulation fait son œuvre.

 

Propos recueillis par Bérengère Margaritelli



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