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« Au nom du parquet
de Paris et de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité
organisée (JUNALCO), je confirme l’interpellation de Mohamed Amra, le 22
février 2025 à Bucarest en Roumanie » a indiqué hier la procureure de
Paris et de la JUNALCO, Laure Beccuau, dans un communiqué.
Après neuf mois de traque, le
narcotrafiquant Mohamed Amra, qui s’était évadé au péage d’Incarville, le 14 mai
2024, lors d'un transfert pénitentiaire, avec la complicité de plusieurs personnes, a été interpellé
par les policiers roumains aux abords d’un centre commercial. L’alerte a été
donnée par les enquêteurs français qui ont détecté le départ du narcotrafiquant
à l’étranger, Mohamed Amra a pu être « appréhendé sur la base d’un
mandat d’arrêt européen des juges d’instruction français », est-il
également précisé.
À lire aussi : La proposition de loi
pour la lutte contre le narcotrafic adoptée à l’unanimité par le Sénat
Toujours le 22 février, dans la nuit, dix personnes de son entourage ont elles aussi été interpellées, suspectées d’avoir participé à la préparation et à l’exécution de l’évasion qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires et en a blessé trois autres.
Pour la procureure, « la
transversalité des services et la convergence des spécialités des enquêteurs,
comme des magistrats ont été les leviers de la conduite des opérations ».
Laure Beccuau a notamment salué « la détermination sans faille de tous
les magistrats et enquêteurs qui se sont consacrés à cette traque »,
et adressé ses pensées aux victimes, à leurs familles et leurs collègues.
Vers un régime de détention
inspiré des lois anti-mafia
Dans un communiqué du 23
févier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin remercie lui aussi les
magistrats spécialisés, policiers et gendarmes pour leur « travail acharné »
ayant conduit à l’interpellation de Mohamed Amra, qu’il qualifie de « grand
jour pour la République ».
Le garde des Sceaux y exprime
également sa reconnaissance aux agents de l’administration pénitentiaire et
reconnait les conditions très difficiles de leur quotidien, face à la
surpopulation carcérale, aux moyens insuffisants et à la vétusté des locaux. Le
ministre en a profité pour rappeler que dès le 31 juillet prochain, la première
prison de haute sécurité de France verrait le jour. Une police pénitentiaire
est actuellement mise en place, précise-t-il également.
Gérald Darmanin devrait
proposer dans les prochains jours à l’Assemblée nationale qu’un nouveau régime
de détention inspiré des loi italiennes anti-mafia soit instauré pour les
détenus les plus dangereux. Les places en semi-liberté devraient être doublées
pour les détenus qui présentent quant à eux une moindre dangerosité.
Quel avenir pour Mohamed
Amra ?
Présenté le 23 février aux
autorités judiciaires roumaines afin qu’elles statuent de la remise à la
justice française de Mohamed Amra, ce dernier, dans une volonté de « respecter
la décision des autorités françaises qui veulent le juger », a accepté
sa remise à la France, selon Le Monde. Il devrait donc être
prochainement transféré pour répondre de ses actes.
Pour mémoire, le
narcotrafiquant, qualifié de « baron de la drogue », avait écopé, le
7 mai 2024, de 18 mois de prison ferme pour vol par effraction, et avait tenté
une première évasion de la maison d’arrêt d’Evreux en sciant les barreaux de sa
cellule en avril 2024. Avant cela, Mohamed Amra avait notamment été mis en
examen pour enlèvement et séquestration ayant entrainé la mort en 2023, pour
tentative d’extorsion, d’assassinat et détention d’arme le 26 janvier 2022. Il
a également été condamné pour association de malfaiteurs et vol par effraction
le 5 janvier de la même année.
Allison
Vaslin
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