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Installés illégalement dans l’enceinte de la salle de spectacle, les occupants ont un mois pour quitter les lieux à compter de la notification de l’ordonnance du juge du 12 février, qui a retenu le risque sanitaire pour se prononcer.
Le théâtre La Gaîté Lyrique
bientôt évacué ? Saisi le 28 janvier dernier par la ville de Paris,
propriétaire du lieu culturel, le juge des référés du tribunal administratif de
Paris a rendu une ordonnance le 12 février dernier dans l’affaire des 338
migrants qui occupent, sans droit ni titre, depuis le 10 décembre 2024, la
salle de spectacle.
Les quelque 300 migrants,
dont 200 issus du collectif des jeunes du parc de Belleville « évalués
majeurs mais qui se déclarent mineurs », sont sommés de quitter La
Gaîté Lyrique. Ils ont un mois, à compter de la notification de l’ordonnance du
juge, pour s’exécuter.
Le trouble à l’ordre public
parmi les motifs d’expulsion
Une décision fondée sur
plusieurs motifs, au titre desquels le risque sanitaire. « (…) L’ensemble
des espaces du 1er étage sont détournés de leur usage pour servir de
dortoir, 300 à 350 personnes dorment à même sur le sol dans des sacs de
couchage et il existe un risque vital lié aux difficultés d’évacuation en cas
d’incendie » rappelle l’ordonnance. Le risque sanitaire est d’autant
plus prégnant en période d’épidémie de grippe « dans un contexte
d’importante promiscuité qui rend impossible les gestes barrières »
est-il également souligné.
À lire aussi : Violences sexuelles
sur mineurs : un procès fictif contre l’État à la Maison du barreau de
Paris
Le trouble à l’ordre public a
également été retenu. Un autre « danger concerne le risque
d’altercation grave lié à la cohabitation de plus de 300 jeunes hommes dans un
espace clos avec une importante promiscuité, plusieurs bagarres aux couteaux
ont, ainsi, eu lieu entre le 13 et le 31 décembre 2024 ainsi que des malaises
de certains occupants ».
Cette occupation illégale avait
contraint la salle de spectacle à fermer ses portes au public et d’annuler ou reporter
jusqu’à nouvel ordre de nombreux événements programmés. Seuls deux d’entre eux ont
pu être maintenus car délocalisés. Il est également précisé dans l’ordonnance
que « le collectif contrôle les personnes qui entrent et qui sortent du
bâtiment ».
Une manifestation pour
soutenir la cause de ses jeunes
Toutefois, dans un communiqué
du 10 janvier, les équipes de la salle de spectacle ont indiqué « regrette[r]
le caractère subi et soudain de cette occupation, mais rappelle[nt] la
légitimité de la revendication du collectif ». Elles ont également
appelé à ce que les autorités compétentes trouvent une solution de logement
pour ces personnes. Il est « impensable de rejeter plus de 400
personnes à la rue sans solutions ».
Le 15 février, une
manifestation de soutien a été organisée dans la capitale pour militer contre
l’expulsion de ces 400 migrants. De son côté, la mairie de Paris a indiqué que
la force publique ne serait pas sollicitée dans le cas où les jeunes ne quitteraient
pas les lieux, l’idée étant que l’État « prenne ses responsabilités ».
Allison
Vaslin
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