Le tribunal administratif de Paris ordonne l’évacuation de 300 migrants de la Gaîté Lyrique


lundi 17 février 2025 à 17:283 min

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Installés illégalement dans l’enceinte de la salle de spectacle, les occupants ont un mois pour quitter les lieux à compter de la notification de l’ordonnance du juge du 12 février, qui a retenu le risque sanitaire pour se prononcer.

Le théâtre La Gaîté Lyrique bientôt évacué ? Saisi le 28 janvier dernier par la ville de Paris, propriétaire du lieu culturel, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rendu une ordonnance le 12 février dernier dans l’affaire des 338 migrants qui occupent, sans droit ni titre, depuis le 10 décembre 2024, la salle de spectacle.

Les quelque 300 migrants, dont 200 issus du collectif des jeunes du parc de Belleville « évalués majeurs mais qui se déclarent mineurs », sont sommés de quitter La Gaîté Lyrique. Ils ont un mois, à compter de la notification de l’ordonnance du juge, pour s’exécuter.

Le trouble à l’ordre public parmi les motifs d’expulsion

Une décision fondée sur plusieurs motifs, au titre desquels le risque sanitaire. « (…) L’ensemble des espaces du 1er étage sont détournés de leur usage pour servir de dortoir, 300 à 350 personnes dorment à même sur le sol dans des sacs de couchage et il existe un risque vital lié aux difficultés d’évacuation en cas d’incendie » rappelle l’ordonnance. Le risque sanitaire est d’autant plus prégnant en période d’épidémie de grippe « dans un contexte d’importante promiscuité qui rend impossible les gestes barrières » est-il également souligné.

Le trouble à l’ordre public a également été retenu. Un autre « danger concerne le risque d’altercation grave lié à la cohabitation de plus de 300 jeunes hommes dans un espace clos avec une importante promiscuité, plusieurs bagarres aux couteaux ont, ainsi, eu lieu entre le 13 et le 31 décembre 2024 ainsi que des malaises de certains occupants ».

Cette occupation illégale avait contraint la salle de spectacle à fermer ses portes au public et d’annuler ou reporter jusqu’à nouvel ordre de nombreux événements programmés. Seuls deux d’entre eux ont pu être maintenus car délocalisés. Il est également précisé dans l’ordonnance que « le collectif contrôle les personnes qui entrent et qui sortent du bâtiment ».

Une manifestation pour soutenir la cause de ses jeunes

Toutefois, dans un communiqué du 10 janvier, les équipes de la salle de spectacle ont indiqué « regrette[r] le caractère subi et soudain de cette occupation, mais rappelle[nt] la légitimité de la revendication du collectif ». Elles ont également appelé à ce que les autorités compétentes trouvent une solution de logement pour ces personnes. Il est « impensable de rejeter plus de 400 personnes à la rue sans solutions ».

Le 15 février, une manifestation de soutien a été organisée dans la capitale pour militer contre l’expulsion de ces 400 migrants. De son côté, la mairie de Paris a indiqué que la force publique ne serait pas sollicitée dans le cas où les jeunes ne quitteraient pas les lieux, l’idée étant que l’État « prenne ses responsabilités ».

Allison Vaslin

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