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Par un jugement rendu le 12
janvier dernier, la 2e chambre du tribunal judiciaire a condamné ces
deux sociétés à indemniser plus de 600 femmes demanderesses porteuses des
prothèses « pour manquement à leur devoir de surveillance et de
contrôle du système d’assurance qualité du fabricant PIP ».
C’est un jugement civil
« hors norme », comptant pas moins de 757 pages, qui vient d’être
rendu par la 2e chambre du tribunal judiciaire de Nanterre, selon les
dires du président de la juridiction, Benjamin Deparis.
Le TJ avait été saisi d’une
action introduite courant 2018 par 1 319 femmes porteuses de prothèses
mammaires fabriquées par la société Poly implant prothèse (PIP), précise un
communiqué du tribunal : le 12 janvier, le tribunal a ainsi condamné l’organisme
allemand de certification de dispositifs médicaux TÜV Rheinland LGA Products
Gmbh (société TRLP) ainsi que sa sous-traitante française TÜV Rheinland France
SAS, située à Courbevoie (92), à indemniser 605 de ces femmes demanderesses à
l’instance « pour manquement à leur devoir de surveillance et de
contrôle du système d’assurance qualité du fabricant PIP, résultant de la directive 93/42/CEE du Conseil ».
Une indemnisation à hauteur de 11 000 à 27 500 euros par victime
Les sociétés devront au total
s’acquitter d’une indemnisation de plus de 10 millions d’euros, avec une
réparation allouée comprise entre 11 000 et 27 500 euros pour chaque
femme selon les situations, et « hors prise en compte du préjudice
économique » (coût de l’intervention), au titre des préjudices
extra-patrimoniaux comme la souffrance endurée, le déficit fonctionnel mammaire
ou le préjudice esthétique, indique le tribunal.
Cette décision a notamment
été motivée par une incohérence relevée par le tribunal, puisque dès 2002, une
différence entre la quantité de gel commandée dans la comptabilité du service
achat que les auditeurs de TÜV Rheinland France et Allemagne ont contrôlée, et
le nombre de prothèses fabriquées par PIP, qui était constitutive d’« une
anomalie évidente dans le procédé de fabrication », aurait à l’époque
« justifié une visite des locaux du fabricant sans avertissement,
laquelle aurait permis la révélation de la fraude de la société PIP »,
estime le tribunal.
En outre, ajoute ce dernier,
ce verdict « fait suite aux arrêts rendus par la première chambre
civile de la Cour de cassation le 25 mai 2023 (pourvois n°21-23.257, 21-14.843, 21-14.844 et 22-11.541) » qui
faisaient notamment mention de l’incohérence retenue.
Allison
Vaslin
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