Un an d'existence pour l'Ofmin, service d’enquête spécialisé dans les atteintes aux mineurs


mercredi 20 novembre 2024 à 17:003 min

Écouter l'article

Le 20 novembre 2023, l’Office mineurs (Ofmin) avait été inauguré à Nanterre, quelques semaines après ses débuts. Un an plus tard, ce service d’enquête chargé de diligenter des procédures judiciaires fait toujours état de centaines de signalements pédocriminels en ligne chaque jour.

Le service chargé de lutter contre les infractions les plus graves commises à l’encontre des mineurs a un an.

Créé par un décret du 29 août 2023, l’Office Mineurs (Ofmin), qui avait débuté sa mission le mois suivant, s’était vu officiellement inauguré par Elisabeth Borne, Première ministre à l’époque, le 20 novembre 2023 à Nanterre, chef-lieu de l’Office.

Rattaché à la direction nationale de la police judiciaire, l’Ofmin est « le premier service de police judiciaire en France ayant une compétence nationale », avait rappelé en décembre 2023 au micro de RTL celle qui a pris les rênes de l’Office, Gabrielle Hazan. Lors de l’inauguration, cette dernière avait notamment insisté sur l’importance de la création d’un tel service : « Les violences faites aux mineurs sont spécifiques et appellent un traitement particulier de la part des services de police et de gendarmerie ».

De plus, indiquait le ministère de l’Intérieur, l’Ofmin fait office d’interlocuteur unique pour tous les acteurs mobilisés contre les violences faites aux mineurs, et permet ainsi « de mieux coordonner l’action opérationnelle et de la rendre plus efficace ».

Près de 900 signalements en moyenne par jour à l’Ofmin

Chargé de diligenter des procédures judiciaires, l’Office Mineurs est compétent en matière de lutte contre les viols et agressions sexuelles commis sur des mineurs, y compris incestueux. Les homicides et autres violences graves font aussi partie de ses attributions. Il est également compétent pour intervenir dans les cas de harcèlement scolaire (dont le cyberharcèlement), et pour traquer et identifier des pédocriminels qui produisent et/ou consultent du contenu illicite en ligne.

Fin 2023, environ 700 signalements de contenu pédocriminel en ligne avaient été faits à l’Ofmin, selon Gabrielle Hazan. En avril 2024, ce nombre moyen est passé à environ 870. Des signalements qui pour certains font l’objet d’enquête au sein de l’office, quand d’autres sont traités par des services d’enquête différents.

Un bilan chiffré et un coup de projecteur : cette première année a aussi été marquée, pour l’Office mineurs, par l’affaire Telegram et la mise en examen de son fondateur, Pavel Durov. En effet, l’arrestation de ce dernier reposait sur un mandat de recherche émis en août dernier par l’Ofmin, qui reproche à la messagerie la possibilité de faire circuler des contenus illégaux.

D’après un communiqué du parquet de Brest, quatre personnes avaient été interpellées, suspectées d’avoir diffusé des images pédocriminelles. Des arrestations possibles grâce à l’enquête de l’Ofmin ouverte il y a plusieurs mois, et dont les services avaient pu recenser 10 000 pédocriminels, 23 000 images de même nature, et plus de 70 000 messages.

Les données illustrent toute la complexité et l’ampleur de la tâche. La cheffe de l’OFMIN a cette conclusion, dans les pages de Libération : « On pourrait et on devrait faire des interpellations chaque semaine. »

Allison Vaslin

Partager l'article


0 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à la Newsletter !

Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.