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En Seine-Saint-Denis, juristes et chercheurs dressent l’inventaire des défaillances du traitement judiciaire des violences policières

Dans le 93, le parquet s’auto-saisit chaque année de 200 cas de « violences policières illégitimes alléguées ». Sans pour autant que ces procédures aboutissent souvent, entrainant la frustration des avocats et des victimes. Réunis le 4 mai à l’espace Canal 93 à Bobigny, professionnels du droit et chercheurs ont tenté d’isoler les causes du dysfonctionnement du traitement judiciaire des violences policières qui entame la confiance des justiciables.
Quelles réponses judiciaires adresser à la violence en uniforme ? Le 4 mai dernier, à l’invitation d’un collectif d’associations, dont le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM), chercheurs et professionnels du droit se sont réunis à l’espace Canal 93 à Bobigny afin de dresser l’état des lieux des violences policières en Seine-Saint-Denis. Objectif : braquer la lumière sur la répression dans les quartiers populaires et questionner son traitement judiciaire.
« Depuis de nombreuses années, on retrouve des phénomènes de harcèlement vis-à-vis de jeunes, à travers l’outil du contrôle d’identité qui parfois est répété de façon très suivie, [visant] notamment des jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes », constate Lionel Brun, membre du secrétariat de la Ligue des droits de l’homme et référent de l’Observatoire des pratiques policières du 93, créé en 2019 dans le but de rapprocher la police de la population.
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Si le phénomène des violences policières a été rendu visible par le truchement médiatique en 2018, en se délocalisant au cœur des villes lors du mouvement des Gilets jaunes, il est loin d’être nouveau en Seine-Saint-Denis. C’est d’abord dans les quartiers populaires que les armes déployées par la police pour maintenir l’ordre au moment de ces manifestations ont été utilisées, soutient Lionel Brun. Mais la violence policière ne se manifeste pas de la même manière selon la géographie sociale.
Celle qui se produit lors de manifestations auxquelles participent le plus souvent des « classes moyennes politiquement orientées » et qui « entraîne des mutilations, des comas voire des décès », ne survient pas de manière continue mais rare, remarque Didier Fassin, sociologue et auteur de l’ouvrage La force de l’ordre, une anthropologie de la
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