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Interdiction des corridas aux mineurs : le texte d’un sénateur du Val-d’Oise rejeté

À l’ordre du jour au Sénat le 14 novembre dernier, la proposition de loi déposée par la sénatrice du groupe présidentiel Samantha Cazebonne s’est vue rejetée par une large majorité des sénateurs et sénatrices. Un débat clos « avant d’avoir pu réellement commencer » a-t-elle regretté.
Une proposition de loi qui
aura au moins eu le mérite d’être à l’ordre du jour au Sénat.
Alors que le sénateur du
Val-d’Oise, Arnaud Bazin, et la sénatrice du groupe présidentiel, Samantha
Cazebonne, se réjouissaient début octobre, dans un communiqué, de l’examen au
Sénat de leur proposition de loi visant à interdire la corrida et les combats
de coqs en présence de mineurs de moins de 16 ans, c’est finalement la douche
froide.
Malgré des débats « nourris »
dans l’hémicycle le 14 novembre dernier, 237 voix se sont élevées pour
s’opposer au texte déposé en mars dernier par Samantha Cazebonne, qui n’a pas
manqué de réagir sur X (anciennement twitter) : « Le débat est
clos avant d’avoir pu réellement commencer. »
« Une mesure qui
n’apparait pas proportionnée » selon le ministre de la Justice
Si la sénatrice a soutenu
qu’exposer des mineurs à des souffrances animales ne peut être une bonne chose
alors même « que leur compréhension des valeurs de compassion et de
bienveillance est encore en pleine formation », le sénateur LR Max
Brisson, n’a pour sa part vu qu’une volonté d’interdire la corridas plutôt que de
préserver la santé mentale de ces jeunes. D’autant que d’après lui, « le
nombre de mineurs qui assistent à des corridas est infinitésimal ».
Cette « atteinte à la
sincérité du texte me semble déplacée », a alors estimé Arnaud Bazin,
qui a souhaité, en propos liminaires, « faire litière » d’une
question revenue à plusieurs reprises avec des « aspects désagréables »
qui consistent à qualifier cette PPL d’hypocrite souhaitant en terminer avec la
corrida.
À lire aussi : Un partenariat inédit noué dans le Val-d’Oise pour déceler
des violences infligées à des enfants
« Bien sûr que la
plupart de ceux qui ont co-signé cette propositions de loi sont hostiles à la
corrida, cependant nous avons conscience du rapport de force qui s’est
manifesté à l’Assemblée nationale (…) Et pour autant, doit-on s’interdire de
limiter au moins les dégâts en permettant d’éviter que les mineurs y soit
confrontés ? » a-t-il questionné.
Malgré un argumentaire du
sénateur notamment fondé sur différentes études qui démontrent les effets
négatifs sur un mineur exposé à la violence, et la mention par la sénatrice des
requêtes du comité des droits de l’enfant des Nations unies qui demande depuis
2016 l’exclusion des mineurs de la pratique de la tauromachie, le ministre de
la Justice Didier Migaud, également opposé au texte, a de son côté pointé un
autre problème.
Selon lui, en plus du « bouleversement
de l’équilibre jurisprudentiel », le texte sous-entend un contrôle de
l’âge légal des participants, « mesure lourde et contraignante qui
n’existe pas jusqu’à présent et n’apparait pas proportionnée ». Et de
conclure que si le gouvernement partage les préoccupations liées à l’intérêt
supérieur de l’enfant et de lutte contre la maltraitance animale, il « n’estime
pas que les dispositions proposées soient à-même d’atteindre l’objectif
poursuivi ».
Allison
Vaslin
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