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Pour la conciliatrice à Gonesse Lydie Bobba-Moittie, le manque de candidats dans le département s’explique notamment par l’insuffisance des moyens déployés pour financer la campagne de recrutement, mais aussi par un turn-over de plus en plus marqué.
Si le Val-d’Oise n’est pas le
département francilien qui souffre le plus de la pénurie de conciliateurs de
justice - contrairement, par exemple, au département de l’Eure-et-Loir -, les
candidats manquent malgré tout. C’est ce que nous explique Lydie Bobba-Moittie, conciliatrice à Gonesse et responsable
départemental du Val-d’Oise de l’Association des conciliateurs de justice de la
cour d’appel de Versailles.
Actuellement, dans le département,
25 conciliateurs de justice interviennent auprès des points justice et des mairies,
3 conciliateurs auprès du tribunal de commerce de Pontoise, nous précise la
conciliatrice.
Mais ces auxiliaires de
justice peinent à absorber le nombre de dossiers, devenus trop important - en
moyenne, 66 dossiers chacun par an, rapporte Lydie Bobba-Moittie.
Cette dernière
complète : « et le travail des conciliateurs ne se limite
pas à la tenue de leur permanence. Chaque dossier nécessite environ 7 heures de
travail effectué généralement au domicile ». Un temps de travail
consacré à la préparation des rendez-vous avec les parties, aux recherches
documentaires, à la rédaction des courriers et des constats entre autres
tâches.
« Pour que nous
soyons pleinement opérationnels et pour éviter les surcharges ponctuelles d'activité,
il conviendrait de recruter 7 voire 8 nouveaux conciliateurs »
explique la conciliatrice.
La judiciarisation des
fonctions des conciliateurs, « un aspect pesant »
Mais la quantité de travail
bénévole à déployer a tendance à freiner des candidats à s’engager dans cette
voie, et explique en partie cette pénurie aux raisons « multiples ».
Au titre de celles-ci, nous
indique Lydie Bobba-Moittie, il
y a également le turn-over des conciliateurs de justice en fonction, plus soutenu
qu’auparavant, puisque ceux-ci restent en moyenne moins de sept années. Leurs
fonctions se sont par ailleurs fortement judiciarisées depuis une dizaine
d’années, un aspect « qui peut être pesant et qui peut expliquer un
certain nombre de départs », ajoute-t-elle.
Autre
point noir : le manque de moyens des associations de conciliateurs les
empêche, bien souvent, de réaliser des campagnes de recrutement à plus large
échelle. Ce, contrairement aux barreaux qui font par exemple du lobbying pour
leurs avocats médiateurs, détaille la conciliatrice.
Par
ailleurs, les conciliateurs étant nommés dans le ressort d'un
tribunal de proximité, généralement proche de leur domicile, « il n’est pas possible de leur imposer de se
déplacer pour tenir des permanences à l'autre bout du département »,
et de surcroit loin de chez eux. C’est pourquoi certains secteurs se retrouvent
dépourvus de conciliateurs.
Mais
Lydie Bobba-Moittie ne désespère pas, à tout le moins s’agissant du département
où elle exerce. « Dans le Val-d’Oise, c’est ponctuel. Il y a des
périodes où nous avons des creux de recrutements, avec par exemple deux
recrutements cette année dont un au tribunal de commerce. Mais pour 2025, j’ai
quatre candidats potentiels ! » se réjouit-elle. Reste toutefois
la possibilité que trois d’entre eux partent à l’issue du stage d’imprégnation,
avant de prêter serment.
Allison
Vaslin
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