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Dans un communiqué diffusé mardi 4 mars, le parquet de Nanterre a annoncé demander la tenue d’un procès à l’encontre du policier auteur du tir mortel ayant touché Nahel, 17 ans, lors d’une course poursuite à l’été 2023. Une décision rare, qui « soulage » la famille mais qui provoque aussi l’indignation des syndicats policiers.
Sa mort avait provoqué
plusieurs nuits d’émeutes dans toute la France. Le 27 juin 2023, Nahel, 17 ans,
avait été tué à bout portant par un policier motocycliste, Florian M. ; ce
dernier, qui conteste toujours avoir voulu donner la mort, avait été mis en
examen pour homicide volontaire et avait passé 5 mois en détention provisoire
avant d’être placé sous contrôle judiciaire. Son collègue, présent au moment des
faits et placé un temps sous le statut de témoin assisté pour « complicité
de meurtre », bénéficie désormais d’un non-lieu.
Dans un communiqué diffusé
mardi 4 mars, le parquet de Nanterre a annoncé en revanche demander la tenue
d’un procès à l’encontre du policier auteur du tir mortel ayant touché Nahel,
17 ans, lors d’une course poursuite à l’été 2023. Ce mercredi 5 mars, les
syndicats policiers ont appelé à la mobilisation devant les commissariats de
France. Le syndicat Alliance dénonce, dans un communiqué, un réquisitoire « inacceptable
» et « signal désastreux pour le monde policier, (…) dans une société où la
présomption d’innocence ne semble plus s’appliquer aux policiers, où l’émotion
semble dicter les décisions judiciaires ».
Une intention de donner la
mort
Dans son réquisitoire, le
parquet de Nanterre retient que le fonctionnaire « a bien eu
l’intention de donner la mort à Nahel », en n’hésitant pas à « faire
usage d’une arme dont il connaissait parfaitement la portée dangereuse »,
et décrit le coup de feu comme « une prise de risque inconsidérée »
de la part d’un agent formé qui aurait dû garder son sang-froid.
Le ministère public met
cependant en évidence « l’état de tension extrême » dans
lequel se sont retrouvés les deux policiers au moment de l’interpellation et
reconnaît « le comportement particulièrement dangereux » de
Nahel, qui a « incontestablement mis en danger la vie d’autrui ».
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nommé directeur des Services judiciaires, quitte le TJ de Nanterre
Filmée par des passants, la
scène avait contredit la première version policière centrée sur de la légitime
défense – la voiture leur aurait foncé dessus -, mais les expertises
balistiques rendent « crédible » le témoignage du policier,
pour qui la trajectoire de la balle avait été « déviée » par
le redémarrage en trombe de la voiture de sport du jeune homme.
Il appartient désormais aux
deux juges d’instruction de suivre, ou non, ces réquisitions dans leur
ordonnance de règlement, et de renvoyer Florian M. devant la cour d’assises.
« Procès politique »
L’enquête, qui a duré un an,
s’est tenue dans un contexte social extrêmement tendu, nourri par les
polémiques et les prises de positions politiques. Elle s’est achevée le 5 août
2024 et a notamment nécessité deux reconstitutions. La famille de Nahel,
notamment sa mère, est « soulagée », selon son avocat Frank
Berton. Ce dernier salue, dans Le
Monde, un réquisitoire « inédit », une « grande
avancée » et « un tournant dans l’histoire des violences
policières ». « Dans ces affaires, l’institution judiciaire a
tendance à éviter une audience de jugement, surtout aux assises, surtout sur
des faits de meurtre », estime-t-il, interrogé par le quotidien.
De son côté, l’avocat de
Florian M., Laurent-Franck Liénard, déplore une décision « lunaire ».
Sollicité sur Europe 1, il dénonce des réquisitions basées sur des arguments
« pas fondés juridiquement », voire « politiques » :
« Je crois que dans ce dossier, les dés sont pipés depuis le départ. Je
pense que le raisonnement est biaisé par la violence de la vidéo puis par le
positionnement politique de certains dès l'origine du dossier. Mais j'espère
que les magistrats prendront ce dossier avec responsabilité et indépendance. »
Dans un communiqué, Maître Liénard dit aussi craindre que la mobilisation
policière ne se retrouve « contre-productive ». Appelant à « la
prudence » dans les rassemblements, il « [redoute] les
conséquences de ce type de réaction au moment où nous attendons la décision
finale dans ce dossier ».
Mylène
Hassany
*Provenance
de la photo : Wikimedia Commons – Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en
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