Au salon du mariage, le stand des notaires du Grand Paris a fait le plein


lundi 23 septembre 2024 à 14:584 min

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350 consultations ont eu lieu sur les deux jours du salon. La quarantaine de notaires qui se sont relayés ont pu dispenser un certain nombre de conseils aux futurs mariés.

Entre bijouteries, chocolatiers ou agences de voyage de noce, ils faisaient presque mauvais genre. Les notaires ont pourtant été bien occupés sur leur stand au salon du mariage, les 21 et 22 septembre derniers au parc des expositions de la porte de Versailles. 350 consultations se sont déroulées au total sur les deux jours de l’événement. Un grand succès, et de belles rencontres aussi. « Nous passons de beaux moments, avec des jeunes qui ont de beaux projets », se réjouit Vanessa Dalifard, notaire exerçant à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) et coordinatrice du stand au salon du mariage, qui participait à l’événement pour la deuxième fois.

Et cela, bien que l’objectif premier des visiteurs ne soit pas d’aller discuter contrat de mariage et succession : « On va au salon pour préparer la fête, pas pour parler d’argent. Mais ça donne l’occasion d’aborder des sujets importants, comme la gestion des économies du mariage. » Le stand permet aux notaires d’être plus accessibles : « Les gens osent plus franchir le pas et se renseigner d’eux-mêmes. J’ai senti qu’ils étaient rassurés d’avoir cette proximité sans avoir à appeler un cabinet », témoigne Vanessa Dalifard.

Pour la notaire, la présence du notaire à cet événement est une évidence : « Les futurs époux se rendent compte que nous sommes un acteur incontournable de la préparation du mariage ! » Elle fait le constat d’une méconnaissance de la population des types de régimes matrimoniaux : « Beaucoup ont de fausses idées sur le régime légal, témoigne-t-elle. Ils ne savent pas que cela implique en termes juridique et patrimonial. Ils se disent que tout est en commun, il faut expliquer. »  La notaire souhaiterait d’ailleurs rendre plus systématique la consultation en prévision du mariage : « On les informe de leurs droits selon leur situation et on leur propose un contrat de mariage s’ils ne veulent pas du régime légal. Cela devrait presque être impératif de nous consulter ! » Elle conseille de consulter un notaire quatre à cinq mois avant la cérémonie.

Des consultations gratuites de 15 minutes

Des consultations la plupart du temps offertes, contrairement à la croyance populaire. Seules des consultations nécessitant un travail plus poussé ainsi que la rédaction d’actes nécessitera le paiement d’honoraires. C’est d’ailleurs l’objectif de la présence des notaires du Grand Paris au salon depuis maintenant une quinzaine d’années : faire connaitre une profession qui souffre d’un grand manque de notoriété. « Certaines personnes ont du mal à nous situer, mais le notaire et son rôle dans la société gagnent à être connus ! », assure Vanessa Dalifard.

Au salon, les consultations ont duré entre 10 et 15 minutes, sans prise de rendez-vous au préalable. Mais le succès a été tel cette année que les notaires – une quarantaine au total sur toute la durée du salon, dont cinq au maximum simultanément sur le stand – ont répondu aux interrogations des futurs mariés sans discontinuer.  

Les entretiens se sont toutefois concentrés sur les grandes lignes, indique Vanessa Dalifard. « L’objectif était de leur donner de premiers repères afin qu’ils approfondissent ensuite avec des notaires à proximité de leur domicile. »

Contrat de mariage parmi les principales interrogations

Parmi les principales préoccupations des futurs mariés, la question de l’utilité ou non du contrat de mariage était au cœur de la majorité des consultations.

Parler mariage, c’est aussi, parfois, parler divorce. Un sujet sur lequel les notaires sont devenus des acteurs incontournables depuis 2016 et la loi de modernisation de la justice, qui a instauré le divorce par consentement mutuel. Mais puisque les amoureux ont rarement la tête à la séparation – à la seule exception des remariés qui ont déjà vécu cette situation –, les notaires marchent sur des œufs : « On l’évoque un peu par surprise, en leur disant qu’il est plus simple de divorcer avec un régime de séparation de biens qu’un régime de communauté, qui part d’un bon principe de mise en commun, mais au moment du divorce celui qui a plus gagné est lésé », explique la notaire, qui indique faire en sorte de « ne pas plomber » le moral de ceux qui la consultent.

Et puis, parler mariage, c’est aussi parler décès et héritage. Un sujet lui aussi particulièrement sensible à aborder auprès de jeunes couples souvent à l’aube de leur vie : « On leur fait prendre conscience qu’ils deviennent héritiers l’un pour l’autre. » Des conseils leur sont apportés pour savoir si ce qui est prévu par la loi leur convient. Dans le cas contraire, le notaire pourra rédiger un testament plus adapté à leur situation. Et si l’idée d’évoquer un potentiel divorce ou héritage avant même de se dire « oui » peut sembler déplacée, mieux vaut anticiper les imprévus.

Alexis Duvauchelle

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