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350 consultations ont eu lieu
sur les deux jours du salon. La quarantaine de notaires qui se sont relayés ont
pu dispenser un certain nombre de conseils aux futurs mariés.
Entre bijouteries,
chocolatiers ou agences de voyage de noce, ils faisaient presque mauvais genre.
Les notaires ont pourtant été bien occupés sur leur stand au salon du mariage,
les 21 et 22 septembre derniers au parc des expositions de la porte de
Versailles. 350 consultations se sont déroulées au total sur les deux jours de
l’événement. Un grand succès, et de belles rencontres aussi. « Nous
passons de beaux moments, avec des jeunes qui ont de beaux projets », se
réjouit Vanessa Dalifard, notaire exerçant à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) et
coordinatrice du stand au salon du mariage, qui participait à l’événement pour
la deuxième fois.
Et cela, bien que l’objectif
premier des visiteurs ne soit pas d’aller discuter contrat de mariage et
succession : « On va au salon pour préparer la fête, pas pour
parler d’argent. Mais ça donne l’occasion d’aborder des sujets importants,
comme la gestion des économies du mariage. » Le stand permet aux
notaires d’être plus accessibles : « Les gens osent plus franchir le
pas et se renseigner d’eux-mêmes. J’ai senti qu’ils étaient rassurés d’avoir
cette proximité sans avoir à appeler un cabinet », témoigne Vanessa
Dalifard.
Pour la notaire, la présence
du notaire à cet événement est une évidence : « Les futurs époux
se rendent compte que nous sommes un acteur incontournable de la préparation du
mariage ! » Elle fait le constat d’une méconnaissance de la
population des types de régimes matrimoniaux : « Beaucoup ont de
fausses idées sur le régime légal, témoigne-t-elle. Ils ne savent pas
que cela implique en termes juridique et patrimonial. Ils se disent que tout
est en commun, il faut expliquer. » La notaire souhaiterait d’ailleurs rendre plus
systématique la consultation en prévision du mariage : « On les
informe de leurs droits selon leur situation et on leur propose un contrat de
mariage s’ils ne veulent pas du régime légal. Cela devrait presque être
impératif de nous consulter ! » Elle conseille de consulter un
notaire quatre à cinq mois avant la cérémonie.
Des consultations gratuites
de 15 minutes
Des consultations la plupart
du temps offertes, contrairement à la croyance populaire. Seules des
consultations nécessitant un travail plus poussé ainsi que la rédaction d’actes
nécessitera le paiement d’honoraires. C’est d’ailleurs l’objectif de la
présence des notaires du Grand Paris au salon depuis maintenant une
quinzaine d’années : faire connaitre une profession qui souffre d’un grand
manque de notoriété. « Certaines personnes ont du mal à nous situer,
mais le notaire et son rôle dans la société gagnent à être connus ! »,
assure Vanessa Dalifard.
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Tarrade, nouveau président de la Chambre des Notaires de Paris, détaille ses
ambitions
Au salon, les consultations ont
duré entre 10 et 15 minutes, sans prise de rendez-vous au préalable. Mais le
succès a été tel cette année que les notaires – une quarantaine au total sur
toute la durée du salon, dont cinq au maximum simultanément sur le stand – ont répondu
aux interrogations des futurs mariés sans discontinuer.
Les entretiens se sont toutefois
concentrés sur les grandes lignes, indique Vanessa Dalifard. « L’objectif
était de leur donner de premiers repères afin qu’ils approfondissent ensuite
avec des notaires à proximité de leur domicile. »
Contrat de mariage parmi les
principales interrogations
Parmi les principales préoccupations
des futurs mariés, la question de l’utilité ou non du contrat de mariage était
au cœur de la majorité des consultations.
Parler mariage, c’est aussi,
parfois, parler divorce. Un sujet sur lequel les notaires sont devenus des
acteurs incontournables depuis 2016 et la loi de modernisation de la justice,
qui a instauré le divorce par consentement mutuel. Mais puisque les amoureux ont
rarement la tête à la séparation – à la seule exception des remariés qui ont
déjà vécu cette situation –, les notaires marchent sur des œufs : « On
l’évoque un peu par surprise, en leur disant qu’il est plus simple de divorcer
avec un régime de séparation de biens qu’un régime de communauté, qui part d’un
bon principe de mise en commun, mais au moment du divorce celui qui a plus
gagné est lésé », explique la notaire, qui indique faire en sorte de
« ne pas plomber » le moral de ceux qui la consultent.
Et puis, parler mariage, c’est
aussi parler décès et héritage. Un sujet lui aussi particulièrement sensible à aborder
auprès de jeunes couples souvent à l’aube de leur vie : « On leur
fait prendre conscience qu’ils deviennent héritiers l’un pour l’autre. »
Des conseils leur sont apportés pour savoir si ce qui est prévu par la loi leur
convient. Dans le cas contraire, le notaire pourra rédiger un testament plus
adapté à leur situation. Et si l’idée d’évoquer un potentiel divorce ou
héritage avant même de se dire « oui » peut sembler déplacée, mieux vaut anticiper
les imprévus.
Alexis
Duvauchelle
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