Blouses blanches et robes noires réunies devant la Cour des comptes pour défendre les services publics


mercredi 15 juin 2022 à 09:143 min

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Vendredi 10 juin, avocats, magistrats et médecins étaient rassemblés devant la Cour des comptes pour dénoncer le manque de moyens et les dysfonctionnements des services publics.

 



Dès 7h45, suite à l’appel du Syndicat des avocats de France, du Syndicat de la magistrature, du Collectif inter-hôpitaux et du Collectif inter-urgences, avocats, magistrats et médecins étaient rassemblés, le vendredi 10 juin, devant la Cour des comptes. En cause : des services publics « délaissés et sous-financés », estiment les signataires dans un communiqué commun.

Équipés de casseroles et sifflets, ils étaient présents, au coin de la rue Cambon, pour « réveiller » la Cour, c’est-à-dire l’« alerter sur le fait que toutes les préconisations formulées de restrictions budgétaires pour les services publics (…) [le] détériorent », explique la présidente du syndicat de la magistrature, Kim Reuflet, au micro de Brut. Les syndicats dénoncent un service public en perte de vitesse, dirigé par une politique de rentabilité.



 

« L’hôpital public et la justice sont à genoux » 

Le constat n’est pas nouveau : le service public fait face à un manque de moyen criant. Pour les blouses blanches et robes noires, « l’hôpital public et la justice sont à genoux, comme d’autres services publics, ce qui remet gravement en cause notre pacte social », déclarent-ils dans un communiqué. Une dégradation qui a notamment des conséquences sur les conditions d’exercice des acteurs, qui parlent d’« impossibilité de remplir » leurs missions et de « perte de sens » de leur travail.

Les évolutions que connaissent, entre autres, les services publics de la santé et de la justice, guidés par la maîtrise des coûts et se traduisant notamment par la fermeture de lits d’hôpitaux et de lieux de justice, résultent bien de choix politiques », constatent les acteurs de cette mobilisation intersyndicale. En réaction, ils dénoncent les recommandations de la Cour des comptes – dont le rôle consiste à s'assurer du bon emploi de l'argent public et d’informer les citoyens –, recommandations qu’ils estiment « trop souvent à l’origine, ou a minima mises au service de politiques de restrictions budgétaires, au point que cette institution est devenue une pièce maîtresse de la vision gestionnaire de nos services publics ». « 

 



 

crédit : Syndicat de la magistrature 

 




Un accès au service public détérioré

Outre les conditions d’exercice, les syndicats s’inquiètent aussi pour l’accès au système public.

L’objectif de cette mobilisation est donc aussi de faire prendre conscience à la Cour des comptes de l’impact de ses choix politiques sur la vie des citoyens. « Ces dysfonctionnements, dénoncés par les professionnels depuis plusieurs années, entraînent des conséquences inadmissibles pour les habitants de notre pays. L’accès égalitaire à la justice et à des soins de qualité est remis en cause et n’est plus garanti par nos institutions ». Les robes noires et blousent blanches se disent ainsi « scandalisés par la dégradation de l’accès de toutes et tous à un système public de santé et à une justice de qualité et indignées par le manque de débat démocratique sur ces sujets qui nourrit la colère de nos concitoyens ». 

« Le quinquennat qui débute ne peut pas être dans la continuité du précèdent », déclarent d’une même voix les avocats, magistrats et médecins, qui espèrent bien, par cette action « coup de poing », avoir été entendus, notamment avant la publication prochaine du rapport des États généraux de la Justice qui servira de feuille de route du prochain quinquennat dans le domaine de la justice.

 

Constance Périn

 


 

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