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Vendredi
10 juin, avocats, magistrats et médecins étaient rassemblés devant la Cour des
comptes pour dénoncer le manque de moyens et les dysfonctionnements des
services publics.
Dès
7h45, suite à l’appel du Syndicat des avocats de France, du Syndicat de la
magistrature, du Collectif inter-hôpitaux et du Collectif inter-urgences, avocats,
magistrats et médecins étaient rassemblés, le vendredi 10 juin, devant la Cour
des comptes. En cause : des services publics « délaissés et sous-financés », estiment les signataires dans un communiqué commun.
Équipés
de casseroles et sifflets, ils étaient présents, au coin de la rue Cambon, pour
« réveiller » la Cour,
c’est-à-dire l’« alerter sur le fait
que toutes les préconisations formulées de restrictions budgétaires pour les
services publics (…) [le] détériorent », explique la présidente du syndicat
de la magistrature, Kim Reuflet, au micro de Brut. Les syndicats dénoncent un service public en perte de
vitesse, dirigé par une politique de rentabilité.
Le
constat n’est pas nouveau : le service public fait face à un manque de
moyen criant. Pour les blouses blanches et robes noires, « l’hôpital public et la justice sont à genoux, comme
d’autres services publics, ce qui remet gravement en cause notre pacte social
», déclarent-ils dans un communiqué. Une dégradation qui a notamment des
conséquences sur les conditions d’exercice des acteurs, qui parlent d’« impossibilité de remplir »
leurs missions et de « perte de sens »
de leur travail.
Les
évolutions que connaissent, entre autres, les services publics de la santé et
de la justice, guidés par la maîtrise des coûts et se traduisant notamment par
la fermeture de lits d’hôpitaux et de lieux de justice, résultent bien de choix
politiques », constatent les acteurs de cette mobilisation
intersyndicale. En réaction, ils dénoncent les recommandations de la Cour
des comptes – dont le rôle consiste à s'assurer du bon emploi de l'argent
public et d’informer les citoyens –, recommandations qu’ils estiment « trop
souvent à l’origine, ou a minima mises au service de politiques de restrictions
budgétaires, au point que cette institution est devenue une pièce maîtresse de
la vision gestionnaire de nos services publics ». «
crédit : Syndicat de la magistrature
Outre
les conditions d’exercice, les syndicats s’inquiètent aussi pour l’accès au
système public.
L’objectif
de cette mobilisation est donc aussi de faire prendre conscience à la Cour des
comptes de l’impact de ses choix politiques sur la vie des citoyens. « Ces dysfonctionnements, dénoncés par
les professionnels depuis plusieurs années, entraînent des conséquences
inadmissibles pour les habitants de notre pays. L’accès égalitaire à la justice
et à des soins de qualité est remis en cause et n’est plus garanti par nos
institutions ». Les robes
noires et blousent blanches se disent ainsi « scandalisés par la
dégradation de l’accès de toutes et tous à un système public de santé et à une
justice de qualité et indignées par le manque de débat démocratique sur ces
sujets qui nourrit la colère de nos concitoyens ».
« Le quinquennat qui débute ne peut pas être
dans la continuité du précèdent », déclarent d’une même voix les avocats,
magistrats et médecins, qui espèrent bien, par cette action « coup de
poing », avoir été entendus, notamment avant la publication prochaine du
rapport des États généraux de la Justice qui servira de feuille de route du prochain quinquennat dans le domaine de la
justice.
Constance Périn
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