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Comment se porte
l’innovation en Europe ? Pour y répondre, l’Office européen des brevets
(OEB) publie chaque année son baromètre. Avec 188 600 demandes de brevets
européens déposés, l’OEB enregistre un nouveau record, et témoigne d’une hausse
de 4,5 % par rapport à l’année précédente marquée par la pandémie. En
termes de dépôt, la France occupe la 5e place du classement,
deuxième pays européen derrière l’Allemagne.
L’Office européen des brevets (OEB) a récemment publié son nouveau baromètre annuel de l’innovation, appelé le Patent Index 2021.
Après un léger recul constaté en 2020 dû à la pandémie, il
enregistre en 2021 un nouveau record avec 188 600 demandes de brevets européens
enregistrées, soit 4,5 % de plus que l’année précédente. « Le niveau élevé des demandes de brevets l’année dernière montre que
l’innovation est restée soutenue, constate le président de l’Office,
António Campinos. Cela met en évidence la
créativité et la résilience des innovateurs en Europe et dans le monde. Ils ont
déposé davantage de demandes de brevets et la forte croissance des technologies
numériques fournit une preuve éloquente de la transformation numérique en cours
dans tous les secteurs et toutes les industries », ajoute-t-il.
Les
demandes de brevets se concentrent principalement dans quelques pays, constate
l’OEB : le top 20 représente en effet 95 % des demandes, et cinq pays
rassemblent 64 % des demandes déposées en 2021, à savoir les États-Unis (46
553 demandes), suivis de l’Allemagne (25 969), du Japon (21 681), de la Chine
(16 665) et de la France (10 537. Cette année, la part des brevets issus
d’Europe est en baisse, représentant 44 % du total des demandes.
« De plus en plus de pays hors Europe,
principalement asiatiques, cherchent à protéger leurs inventions sur le marché
européen » rapporte l’Office, qui précise qu’en dix ans, les
demandes de brevets déposées par les entreprises chinoises ont plus que
quadruplé. En 2021, la Chine enregistre d’ailleurs la plus forte progression
(+24 %). Huawei occupe la tête du classement des entreprises, avec 3
544 demandes, suivi de Samsung (3 439), en tête en 2020, et de LG (2 422).
Malgré la pandémie de Covid-19 et une
légère baisse de 0,7 % par rapport à l’année précédente, l’innovation française
est restée relativement dynamique en 2021, note l’OEB, avec 10 537 demandes de
brevets déposées. « Encore en hausse en
2020 (+3,7 %), l’innovation française faisait figure d’exception face au
ralentissement de nombreux pays européens (ex : -3,3 % pour l’Allemagne dès
2020). Le léger tassement constaté en 2021 suggère un impact plus tardif de la
crise, sans remettre en cause le constat d’une bonne résilience de l’innovation
française dans l’ensemble », commente l’Office. La France conserve sa 2e
place des pays européens, derrière l’Allemagne et ses 25 969 demandes (+0,3 %).
« La France maintient un niveau élevé de
demandes de brevets, de peu inférieur à sa bonne performance en 2020 (…). C’est
le signe de la vitalité de l’écosystème de l’innovation en France »,
analyse António Campinos.
Si l’on s’intéresse aux entreprises
elles-mêmes, l’innovation française est dominée par Safran, qui prend cette
année la première place du classement tricolore avec 540 demandes et une hausse
fulgurante de 27,4 %. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies
alternatives (CEA) se classe à la 2e position, avec 528 demandes (+1,5 %).
Valeo prend la place de Saint-Gobain en faisant son grand retour sur le podium,
avec 500 demandes et une forte croissance de +28,2 %. Les trois champions
français sont également présents dans le top 50 mondial à l’OEB : Safran est à
la 33e place (+15 places par rapport à 2020), le CEA à la 35e
place (+2), et Valeo fait son apparition à la 41e place.
En
France, le transport est le secteur le plus représenté, le top 10 des
entreprises les plus innovantes de l’Hexagone rassemblant pas moins de cinq
entreprises ayant des activités dans ce domaine, à savoir Safran (1er),
Valeo (3e), Thales (6e), Renault (7e) et
Michelin (9e).
Le
secteur de la technologie médicale, en recul de 3 % avec 719 demandes de brevet (contre une
hausse de 28,6 %
l’année précédente), est le 2e secteur le plus représenté par les
entreprises françaises.
À noter cependant une forte disparité territoriale. Avec
6 705 demandes
déposées en 2021, l’Île-de-France reste la grande championne de l’innovation
française, en progression de 3 % par rapport à
2020, avec Paris comme ville phare malgré une légère baisse
(2 783 demandes, -5,3 %). Auvergne-Rhône-Alpes
et l’Occitanie sont sur les marches du podium, avec respectivement 1 292 et 426 demandes déposées.
Au
niveau mondial, en 2021, les trois secteurs dominants sont la communication
numérique (15 400 demandes,
+9,4 %),
suivie des technologies médicales (15 321,
+0,8 %)
et de l’informatique (14 671,
+9,7 %).
Ils s’accompagnent d’une forte croissance dans les secteurs de l’audiovisuel
(+24 %)
et des semi-conducteurs (+21 %),
partant toutefois d’un niveau plus bas, précise l’Office européen.
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