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Le Conseil d’État a rejeté les requêtes de quatre organisations, estimant que le texte n’a pas pour effet direct de priver un employé de son assurance chômage.
Le Conseil d’État a rejeté,
le 18 juillet dernier, les requêtes de la CGT, l’Union syndicale Solidaires, la
Fédération syndicale unitaire (FSU) et Force Ouvrière.
Ces dernières visaient à
faire annuler le décret du 28 décembre 2023 relatif au refus par un salarié
d'une proposition de contrat de travail à durée indéterminée à l'issue d'un
contrat de travail à durée déterminée, ainsi que l’arrêté lié relatif aux
modalités d'information de l'opérateur France Travail par un employeur à la
suite du refus par un salarié d'une proposition de contrat de travail à durée
indéterminée à l'issue d'un contrat à durée déterminée ou d'un contrat de
mission.
De telles dispositions
peuvent aboutir à une privation des droits à l’allocation chômage pour les
salariés quittant une entreprise à l’issue CDD malgré une proposition de CDI de
la part de l’employeur, s’il s’agit du deuxième refus de CDI en l’espace de
moins de 12 mois.
Une obligation de
notification « sans effet sur les droits du salarié »
Une situation que dénonçaient
les syndicats requérants, qui redoutaient notamment « des situations de
travail forcé », mais qu’a néanmoins validée
la plus haute juridiction de l’ordre administratif.
Celle-ci a considéré que le décret n’instaurait pas à lui seul de suppression
de l’allocation chômage : « Bien qu'un tel refus [de CDI de la
part d’un employé en CDD] puisse avoir pour conséquence […] qu'il ne pourra se
voir ouvrir le bénéfice de l'allocation d'assurance, l'obligation de
notification qui incombe à l'employeur est, par elle-même, sans effet sur les
droits du salarié. »
Le Conseil d’État a par
ailleurs rappelé que le décret prévoit que « l'employeur ou
l'entreprise utilisatrice accorde au salarié un délai raisonnable pour se
prononcer sur la proposition de contrat à durée indéterminée en lui indiquant
qu'à l'issue de ce délai de réflexion, une absence de réponse de sa part vaudra
rejet de la proposition ».
À
lire aussi : ENQUÊTE. Refus de CDI : pas
de vague de dénonciations en vue
Le texte précise également
que France Travail informe le salarié des conséquences de son refus sur
l'ouverture de ses droits à l'allocation d'assurance. Une information qui
pourrait permettre au salarié de communiquer à l’opérateur « tout autre
élément, notamment quant au motif de son refus, de nature à permettre à cet
établissement de déterminer si le bénéfice de l'allocation d'assurance peut lui
être ouvert », la décision de France Travail à la suite de cet échange
avec le salarié pouvant par ailleurs être contestée en justice, a estimé la
juridiction.
Le Conseil d’État a souligné
que le décret ne faisait que fixer les modalités d’application de dispositions
déjà présentes dans le Code du travail, intégré par la loi du 21 décembre 2022
portant mesures d'urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en
vue du plein emploi. Selon la juridiction, les requérants auraient dû demander
la transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité visant les
articles concernés. Action
déjà menée en juillet 2024 par Force Ouvrière, sans succès.
Alexis
Duvauchelle
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