Deux prisons de haute sécurité du Pas-de-Calais et de l’Orne choisies pour regrouper les 200 détenus les plus dangereux


vendredi 7 mars 2025 à 10:493 min

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Les 100 premiers détenus, pas forcément condamnés ni en lien avec le narcotrafic, seront transférés dès la fin du mois de juillet à Vendin-le-Vieil, les 100 autres en octobre à Alençon – Condé-sur-Sarthe.

Gérald Darmanin a annoncé, jeudi 6 mars, que les centres pénitentiaires de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et Alençon – Condé-sur-Sarthe (Orne) accueilleront, dès le 31 juillet pour la première, et d’ici le 15 octobre pour la seconde, les 200 détenus considérés comme les plus dangereux. « 200 narcotrafiquants seront d’ici le 15 octobre totalement à l’isolement du reste de la société », a assuré le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, au cours de son annonce effectuée dans le 20 Heures de France 2 jeudi 6 mars. À l’origine, une seule prison devait être choisie pour gérer 100 détenus dangereux.

Des détenus pas forcément condamnés, Gérald Darmanin ayant précisé que des prévenus en détention provisoire feraient également partie des détenus de ces prisons. « L’essentiel des personnes les plus dangereuses sont en détention provisoire », a assuré le garde des Sceaux, citant le cas de Mohamed Amra, qui n’était pas condamné au moment de son évasion. Une mesure qui devra passer par des dispositions législatives, alors que la proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic est encore en cours d’examen à l’Assemblée nationale, où un amendement définissant la fonction de « quartiers de lutte contre la criminalité organisée » a été adopté en commission des Lois mercredi 5 mars. « La sécurité de l’État c’est : plus jamais une affaire Amra », a martelé le ministre.

Les narcotrafiquants ne seront pas les seuls

Et bien que les narcotrafiquants soient les premiers visés, Gérald Darmanin a annoncé que certains prisonniers dangereux détenus pour d’autres faits pourront intégrer ces établissements, comme ceux « capables de pouvoir s’évader, de tirer à la Kalashnikov sur des agents pénitentiaires, de menacer des magistrats, des policiers, des journalistes ou des avocats, de menacer ou corrompre des agents, de se faire livrer des dispositifs de communication leur permettant d’avoir un lien avec des points de deal ou de blanchiment d’argent, de toucher de l’argent de l’étranger ».

Les contraintes des conditions de détentions seront renforcées pour les détenus : visites séparées par un hygiaphone pour éviter tout contact physique avec l’extérieur, utilisation d’ondes millimétriques pour contrôler les mouvements au sein de la prison, absence « de vie privée familiale », et appels téléphoniques limités.

Les détenus transférés dans ces nouvelles prisons seront désignés par les services de police et de justice. Un arrêté sera pris pour chacun des noms. Chaque détenu y restera quatre ans, renouvelables.

Dès le mois d’avril pour la prison de Vendin-le-Vieil, les détenus actuellement présents et non concernés par ces mesures renforcées seront transférés vers d’autres établissements. Des travaux limités d’un coût de 4 à 5 millions d’euros et d’une durée de deux mois sont prévus, la structure étant déjà équipée de cours séparées. Les surveillants pénitentiaires feront l’objet de vérifications, notamment pour s’assurer de leur incorruptibilité. Ils bénéficieront durant le temps des travaux de formations, et des agents supplémentaires seront affectés, a annoncé le garde des Sceaux.

Alexis Duvauchelle

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