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Les 100 premiers détenus, pas forcément condamnés ni en lien avec le narcotrafic, seront transférés dès la fin du mois de juillet à Vendin-le-Vieil, les 100 autres en octobre à Alençon – Condé-sur-Sarthe.
Gérald Darmanin a annoncé,
jeudi 6 mars, que les centres pénitentiaires de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais)
et Alençon – Condé-sur-Sarthe (Orne) accueilleront, dès le 31 juillet pour la
première, et d’ici le 15 octobre pour la seconde, les 200 détenus considérés
comme les plus dangereux. « 200 narcotrafiquants seront d’ici le 15
octobre totalement à l’isolement du reste de la société », a assuré le
ministre de la Justice, Gérald Darmanin, au cours de son annonce effectuée dans
le 20 Heures de France 2 jeudi 6 mars. À l’origine, une seule prison
devait être choisie pour gérer 100 détenus dangereux.
Des détenus pas forcément
condamnés, Gérald Darmanin ayant précisé que des prévenus en détention
provisoire feraient également partie des détenus de ces prisons. « L’essentiel
des personnes les plus dangereuses sont en détention provisoire », a
assuré le garde des Sceaux, citant le cas de Mohamed Amra, qui n’était pas
condamné au moment de son évasion. Une mesure qui devra passer par des
dispositions législatives, alors que la proposition de loi pour lutter contre
le narcotrafic est encore en cours d’examen à l’Assemblée nationale, où un amendement
définissant la fonction de « quartiers de lutte contre la criminalité
organisée » a été adopté en commission des Lois mercredi
5 mars. « La sécurité de l’État c’est : plus jamais une affaire
Amra », a martelé le ministre.
Et bien que les
narcotrafiquants soient les premiers visés, Gérald Darmanin a annoncé que
certains prisonniers dangereux détenus pour d’autres faits pourront intégrer
ces établissements, comme ceux « capables de pouvoir s’évader, de tirer
à la Kalashnikov sur des agents pénitentiaires, de menacer des magistrats, des
policiers, des journalistes ou des avocats, de menacer ou corrompre des agents,
de se faire livrer des dispositifs de communication leur permettant d’avoir un
lien avec des points de deal ou de blanchiment d’argent, de toucher de l’argent
de l’étranger ».
Les contraintes des
conditions de détentions seront renforcées pour les détenus : visites séparées
par un hygiaphone pour éviter tout contact physique avec l’extérieur, utilisation
d’ondes millimétriques pour contrôler les mouvements au sein de la prison, absence
« de vie privée familiale », et appels téléphoniques limités.
À
lire aussi : La PPL contre le narcotrafic, un
« musée des horreurs contre les libertés fondamentales », s’insurgent
les pénalistes
Les détenus transférés dans
ces nouvelles prisons seront désignés par les services de police et de justice.
Un arrêté sera pris pour chacun des noms. Chaque détenu y restera quatre ans,
renouvelables.
Dès le mois d’avril pour la
prison de Vendin-le-Vieil, les détenus actuellement présents et non concernés
par ces mesures renforcées seront transférés vers d’autres établissements. Des
travaux limités d’un coût de 4 à 5 millions d’euros et d’une durée de deux mois
sont prévus, la structure étant déjà équipée de cours séparées. Les
surveillants pénitentiaires feront l’objet de vérifications, notamment pour
s’assurer de leur incorruptibilité. Ils bénéficieront durant le temps des
travaux de formations, et des agents supplémentaires seront affectés, a annoncé le garde des Sceaux.
Alexis
Duvauchelle
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