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Soumia Malinbaum a également indiqué, lors de ses vœux du 9 janvier dernier, que la chambre poursuivrait tous les chantiers déjà engagés, au titre desquels des incubateurs pour les start-up, un programme d’accompagnement pour les femmes entrepreneures.
Le 9 janvier dernier, la chambre
de commerce et d’industrie de Paris (CCI) a organisé sa cérémonie des vœux dans
les locaux de son siège, place de la Bourse. L’occasion pour la présidente de
la plus grande chambre de France, Soumia Malinbaum, d’évoquer les défis pour 2025.
Consciente que l’année
nouvellement débutée augure des difficultés pour les commerçants - « on
entre dans une séquence qui va être un chemin semé d’embuches » -, a
admis la présidente, cette dernière s’est toutefois voulue rassurante :
« Ce n’est pas la fin du commerce, mais il va devoir être résistant,
résilient, accepter d’abandonner des choses et en expérimenter d’autres, mais
les commerçants ne seront pas seuls, nous serons là ».
La ZTL, sujet « brûlant »
Cette année, la CCI devra
s’atteler à un sujet « extrêmement brûlant » : la zone à
trafic limité (ZTL). Entrée en vigueur en novembre dernier, elle consiste en la
création d’une zone avec un trafic restreint à certains types d’usagers ou de
véhicules afin de favoriser les mobilités douces. Une restriction non sans
conséquences sur l’activité économique des commerçants. « Nous allons
rejoindre le groupe de travail avec la préfecture de police et la mairie de
Paris pour discuter des modalités de mise en place de la ZTL qui est
aujourd’hui une boite noire », a de nouveau voulu rassurer Soumia
Malinbaum.
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attendu au tournant par les entreprises
Cette année sera aussi
synonyme d’événement majeur pour la CCI, avec la première édition du « Salon
du commerce de demain », qui devrait être mis en place dans les
prochains mois, selon Gérald Barbier, membre du bureau en charge du commerce à
la CCI. Une occasion pour de nombreux prestataires d’éclairer le public sur les
cinq thématiques phares du salon, parmi lesquelles l’expérience client et
l’écologie.
Les JO, « vitrine de
l’innovation » selon la présidente
Cette rentrée était également
l’occasion pour la présidente de dresser un bilan de l’année passée. Et comment
parler de l’année 2024 sans évoquer les Jeux olympiques, « une immense
fête » mais aussi une source d’inquiétude pour les entrepreneurs et
commerçants, a souligné dans un premier temps la présidente de la CCI. « Ils
avaient beaucoup de questions et nous n’avions pas toutes les réponses »,
a reconnu Soumia Malinbaum.
Mais selon la présidente, les
Jeux ont toutefois été l’occasion pour la CCI de se transformer en une « vitrine
de l’innovation parisienne » dans le cadre du programme « Paris
Innov tour ». 35 délégations internationales accompagnées d’investisseurs ont
ainsi rencontré une trentaine de start-up, dont une repérée par l’ambassade des
États-Unis, s’est félicitée Soumia Malinbaum.
Plus de 1 500 start up
créées sur une année
L’innovation a d’ailleurs été
au beau fixe en 2024. Plus de 1 500 start-up ont en effet été créées dans
la capitale - qui en regroupe au total 7 500 -, soit « un
demi-million d’emplois » a assuré Soumia Malinbaum, qui s’est réjouie
d’un « foisonnement entrepreneurial ».
Dans le même temps, la CCI a
créé cinq incubateurs pour un accompagnement à tous les stades de la création :
développement, financement… Un événement dédié aux start-up a également été
organisé chaque mois à la CCI, une façon aussi de « rompre l’isolement »
a souligné la présidente.
Et qui dit innovation dit
également intelligence artificielle. « On pourrait penser que les
commerçants en sont éloignés, eh bien non » a-t-elle soutenu. Pour mieux
les accompagner, la CCI a élaboré un guide pratique de solutions d’IA pour le
commerce de proximité.
Une centaine de femmes
entrepreneures accompagnées
Autre sujet « cher à
la CCI » si ce n’est « son ADN » a souligné le
directeur des Opérations et des Filières à la CCI de Paris Damien Walker :
l’inclusion, « et notamment sur l’entrepreneuriat au féminin ».
photo Légende : Pour
Soumia Malinbaum, « La liberté des femmes passe par leur liberté
d’entreprendre »
En 2021, au moment de l’arrivée
de Soumia Malinbaum à la présidence, seules 25 % de femmes entreprenaient
à Paris, et un peu moins de 30 % en France. La chambre avait ainsi lancé
un programme « très volontariste » dédié aux femmes. « A
l’époque, le directeur général m’avait dit : “Mais Soumia, tu ne vas pas créer
un programme genré ?” J’ai répondu : “Si”. Et c’est ainsi qu’est né
Boost entrepreneurs au féminin ». Car pour la présidente, « la
liberté des femmes passe aussi par la liberté d’entreprendre ».
En 2024, une centaine de
femmes ont donc été accompagnées dans ce cadre. Pendant un an, elles ont pu participer
à dix workshops où elles ont pu échanger avec des experts et être aidées à rédiger
des contrats, par exemple, a expliqué la présidente.
Décloisonner pour « faire
ensemble »
Ces derniers mois, la CCI a
par ailleurs développé des partenariats institutionnels, économiques,
associatifs et académiques. « Ce qu’on a voulu, avec les élus,
c’est décloisonner. On a un bel espace à la CCI, faisons des choses ensemble,
ne cherchons pas à faire des choses seuls dans notre coin.
Partenaire du dispositif « Les
entreprises s’engagent », la CCI affiche le souhait d’aller vers les
populations qui souhaitent accéder à l’emploi mais n’y parviennent pas. Une
« discrimination pernicieuse qui existe encore, avec un vivier méconnu
de candidats et candidates » a pointé Soumia Malinbaum.
Avec des DRH, les équipes de
la CCI ont été à leur rencontre dans le cadre de « Job rencontre QPV »,
par exemple dans le quartier prioritaire de la politique de la ville du 19e
arrondissement de Paris, où le taux de chômage est quatre fois plus élevé
qu’ailleurs. Une « mission de terrain » qui a porté ses
fruits, affirme la présidente.
Les ICC, « cœur
battant de la capitale »
Autre préoccupation pour
la CCI de Paris : les industries culturelles et créatives (ICC), « prédominantes »
à Paris. Elles représentent ainsi 110 milliards d’euros en France, et 40 %
sont concentrées en Île-de-France a souligné Soumia Malinbaum, pour qui la
création est le « cœur battant de la capitale ».
C’est pourquoi, l’année
dernière, le programme « 5 jours pour entreprendre dans des industries
culturelles et créatives » a vu le jour. Cette formation donne
l’opportunité à toute personne qui souhaite se lancer dans l’un de ces domaines
de valider les grandes étapes de la création d’entreprise. La CCI a également
noué un partenariat avec le ministère de la Culture, avec qui elle va
coconstruire cette année le programme « Entreprendre dans la culture »,
a dévoilé la présidente de la chambre.
Mais la CCI est là aussi pour
les étudiants, a rappelé Soumia Malinbaum, qui a récemment finalisé un
partenariat avec l’école d’art Duperré. L’ensemble de ses étudiants qui sortent
d’école pourront participer au programme et se doter d’une « boite à
outil pour entreprendre ».
Allison
Vaslin
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