Article précédent


En 2013, deux chercheurs de l’université d’Oxford, Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, ont inquiété le monde économique en publiant une étude intitulée « The future of employment : how susceptible are jobs to computerisation ? », dans laquelle ils affirment que, d’ici 20 ans, 47 % des emplois pourraient être exercés par des robots. Il s’agissait, pour eux, de vérifier l’affirmation de l’économiste John Maynard Keynes selon qui « la vitesse à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d’économiser de la force de travail dépasse celle à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d’employer cette force de travail » (Economic Possibilities for our grandchildren, 1930). Leur conclusion est sans appel : une multitude de métiers sont menacés. Une déclaration qui préoccupe un grand nombre de professions, aujourd’hui impactées par l’essor des nouvelles technologies. C’est notamment le cas des avocats qui, lors de la 2e édition des États généraux de la prospective et de l’innovation, organisée par le Conseil national des barreaux le 30 mars 2017 à l’Hôtel de l’Industrie, ont fait part sans ambages de leur crainte d’être un jour remplacés par des robots. Smart contracts, justice prédictive, LegalTech, etc., sont en effet autant d’outils qui bouleversent les pratiques des professionnels du droit. Maître Kami Haeri, avocat au barreau de Paris, va même jusqu’à affirmer que « le numérique nous amène (…) à une sorte de désacralisation du métier. Nous sommes devenus en quelque sorte des commodités ». Pascal Eydoux, président du CNB, plus serein, a lui annoncé : « Il ne faut pas dramatiser, mais apprivoiser ces machines ». Quant à Jean-PaulLaumond, roboticien-chercheur au Collège de France et au CNRS, il a incité à se réjouir des possibilités inouïes offertes par les machines, créées pour « dépasser les qualités humaines ». En outre, plein de bon sens, il a rappelé que robots et IA ne prendront jamais que le pouvoir que nous leur donnerons.
Dans ce Journal Spécial des Sociétés, vous découvrirez que les huissiers de justice sont également à la pointe avec l’acte dématérialisé. Sont traitées aussi dans ce dossier les caractéristiques du règlement eIDAS, dont l’objectif est d’accroître la confiance dans les transactions électroniques au sein du marché intérieur.
Maria-Angélica Bailly
Retrouvez ce dossier dans le Journal Spécial des Sociétés n° 34 du 29 avril 2017
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *