Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort : le garde des Sceaux rappelle que « la justice ne doit jamais être synonyme de vengeance »


jeudi 10 octobre 2024 à 18:133 min

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Par voie de presse, le ministre a appelé tous les pays à « abolir la peine capitale ». Aujourd’hui, 25 % des États dans le monde procèdent encore à des exécutions.

« Nous réitérons notre appel à tous les gouvernements pour qu’ils abolissent la peine capitale ». À l’occasion de la Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, ce jeudi 10 octobre, le ministère de la Justice a réaffirmé dans un communiqué de presse, et par la voix de Didier Migaud, nouveau ministre de la Justice, son « engagement indéfectible en faveur de l’abolition universelle de la peine capitale ». Ce, quelques jours après qu’un Japonais en attente d’exécution pendant près de 50 ans a été innocenté d’un quadruple meurtre pour lequel il avait été condamné.

« La justice est là pour sanctionner mais elle ne doit jamais être synonyme de vengeance », ajoute le garde des Sceaux. De son côté, la Fédération internationale pour les droits humains souligne que « l’un des mythes les plus persistants autour de la peine de mort est qu’elle aurait un effet dissuasif » et rappelle qu’il n’existe « aucune étude crédible établissant un lien entre la peine capitale et la réduction des taux de criminalité ».

60 % des Etats dans le monde ont aboli la peine de mort

En France, où pendant longtemps, plusieurs propositions de lois ont été déposées sans succès, il a fallu attendre la loi du 9 octobre 1981 - portée farouchement par le ministre de la Justice de l'époque, Robert Badinter, disparu le 9 février 2024 - pour voir la peine de mort abolie. Une interdiction renforcée des années plus tard par la révision constitutionnelle du 23 février 2007. Ainsi, selon le nouvel article 66-1, « nul ne peut être condamné à la peine de mort ». Pourtant, en 2020, un sondage Ipsos/Sopra Stéria révélait qu’un Français sur deux était favorable à son rétablissement.

Aujourd’hui, 60 % des États dans le monde, soit 145 pays, ont aboli la peine de mort, et 13 % pratiquent un moratoire sur les exécutions*. Mais cette peine continue à être appliquée, majoritairement en Asie, au Moyen-Orient et aux États-Unis. « En 2023, 90 % des exécutions confirmées dans le monde avaient lieu en Iran et en Arabie saoudite. Quant à la Chine, elle exécute à elle seule, chaque année, plus que tous les autres pays réunis, même si ses chiffres officiels sont classés secret d’État. L’Iran détient quant à lui le triste record du pays qui a le taux d’exécution le plus élevé par habitant : au moins 834 personnes ont été exécutées en 2023 », résume l’association Ensemble contre la peine de mort.

En Afrique, trois pays sont actuellement en passe de changer leurs textes en la matière. Selon Amnesty International, le Kenya et le Zimbabwe, où des projets de loi sont en cours, et la Gambie, qui s’est lancée dans un processus de modification de la Constitution, auraient donc « la possibilité d’inverser [la] tendance » en Afrique subsaharienne, sujette à une augmentation du nombre d’exécutions et de condamnations à mort.

Bérengère Margaritelli


* autrement dit, ces derniers ne procèdent plus à aucune exécution, même si la peine de mort est encore officiellement en vigueur.

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