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La legaltech française Jus
Mundi a dévoilé mercredi 11 septembre son nouvel assistant juridique en conférence de presse. L'outil promet de révolutionner les tâches des avocats en offrant des outils avancés
pour simplifier et optimiser leur travail.
« Aujourd'hui, j'ai
l'immense plaisir de vous annoncer une excellente nouvelle qui marque une étape
décisive pour Jus Mundi », teasait, ce mercredi 11 septembre, Jean-Rémi
de Maistre, fondateur de la legaltech créée en 2019. L’ancien avocat a finalement
révélé avoir conclu une levée de fonds record de 18 millions d’euros - un
montant considérable pour une legaltech en France -, grâce aux investisseurs
Acton Capital, True Global Ventures, C4 Ventures et FJ Labs. Cette opération,
complétée par un emprunt de deux millions d’euros, servira principalement à
soutenir le développement de Jus AI, un assistant juridique fonctionnant avec
l’IA générative.
Jus Mundi, qui se positionne
déjà comme un acteur international majeur avec des bureaux à Paris, New York,
Londres et Singapour, ambitionne d’étendre sa présence au-delà des 80 pays où
elle est déjà implantée. Au cœur de cette stratégie, Jus AI jouera un rôle clé
en aidant les professionnels du droit à transformer leurs processus
opérationnels, car l’outil promet de « révolutionner les méthodes de
recherche juridique en tirant parti de la base de données exclusive de Jus
Mundi », déjà connue pour ses ressources d’informations juridiques et
d’arbitrage mises à disposition de ses clients.
Doubler la productivité des
avocats
Avec Jus AI, Jean-Rémi de
Maistre compte « transformer le travail des avocats »,
notamment en facilitant l’accès à des informations complexes, même si elles
proviennent d’une autre langue : « Vous pouvez poser une question sur
un point de droit en Chine, et Jus AI vous répondra en français, en s’appuyant
sur des données en chinois, c’est révolutionnaire », a-t-il précisé.
Cette application multilingue renforce la collaboration internationale en
permettant de traiter des informations juridiques issues de divers pays, tout
en offrant des réponses en langage naturel et en temps réel. Chaque réponse est
accompagnée de citations précises des sources utilisées pour garantir la
fiabilité.
À lire aussi : I.Avocat, une
nouvelle application « révolutionnaire » dans le viseur de la profession
Jus AI propose également une
gamme d'outils destinés à optimiser le travail des équipes juridiques. Parmi
eux, la synthèse de documents et la rédaction automatisée de textes juridiques,
atouts majeurs pour « améliorer l’efficacité des équipes », a assuré
Jean-Rémi de Maistre. Cependant, la solution se limite pour l'instant à cinq
domaines du droit, dont le droit international - le domaine de prédilection de
l’ancien avocat - bien que « nous aimerions intégrer également le droit du
sport dans un futur proche », confie le fondateur de Jus Mundi, ce qui
laisse entrevoir des perspectives d'expansion pour la nouvelle solution de la
start-up.
Une IA pour (bientôt) assister les
avocats dans leurs plaidoiries ?
Testé pendant plusieurs mois
dans le cadre d’une bêta payante, Jus AI a été expérimenté par une vingtaine de
cabinets, des plus petits aux plus grands. Parmi eux, des noms prestigieux tels
que DLA Piper, Reed Smith, Clyde & Co, Greenberg Traurig, Yulchon et Bredin
Prat ont participé au Programme d’Accélération Jus AI. « Paradoxalement, ce
sont souvent les plus grands cabinets qui se montrent un peu plus frileux face
à notre IA », a observé le dirigeant de Jus Mundi. Selon lui, les
participants à la bêta auraient indiqué que la solution avait permis de doubler
leur productivité dans les tâches de recherche juridique, d’analyse, de
rédaction et de traduction ; libérant du temps pour se concentrer sur des
missions à plus forte valeur ajoutée, telles que la délibération stratégique.
A terme, Jean-Rémi de Maistre
voudrait que Jus AI puisse assister les avocats dans leurs plaidoiries. Objectif
qui nécessitera une formation en amont, a-t-il toutefois précisé. Actuellement,
« chaque utilisateur bénéficie d'une session de trois heures pour
apprendre à maîtriser l'outil ». Reste à savoir si tous les cabinets
pourront se permettre de s’offrir cette solution, et à quel prix.
Par ailleurs, malgré ses
promesses, et bien qu’elle représente un atout considérable pour accroître la
productivité, l’utilisation de l’IA par les avocats n’est jamais anodine, ni
exempte de risques. Rappelez-vous, l’an dernier, le New York Times
relatait qu’un avocat américain s’était retrouvé devant un juge après avoir
utilisé Chat GPT. L’agent conversationnel avait en effet créé de toutes pièces des
précédents inexistants ; jurisprudence ensuite intégrée à l'une des
plaidoiries de l’avocat. Si Jus AI semble suivre une démarche plus rigoureuse
et spécialisée que l’outil d’OpenAI, il faudra sans doute patienter encore pour
en évaluer le potentiel… et les éventuels risques associés.
Romain
Tardino
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