Jus Mundi réalise une levée de fonds de 20 millions d’euros pour financer son assistant juridique Jus AI


jeudi 12 septembre 2024 à 16:064 min

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La legaltech française Jus Mundi a dévoilé mercredi 11 septembre son nouvel assistant juridique en conférence de presse. L'outil promet de révolutionner les tâches des avocats en offrant des outils avancés pour simplifier et optimiser leur travail.

« Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de vous annoncer une excellente nouvelle qui marque une étape décisive pour Jus Mundi », teasait, ce mercredi 11 septembre, Jean-Rémi de Maistre, fondateur de la legaltech créée en 2019. L’ancien avocat a finalement révélé avoir conclu une levée de fonds record de 18 millions d’euros - un montant considérable pour une legaltech en France -, grâce aux investisseurs Acton Capital, True Global Ventures, C4 Ventures et FJ Labs. Cette opération, complétée par un emprunt de deux millions d’euros, servira principalement à soutenir le développement de Jus AI, un assistant juridique fonctionnant avec l’IA générative.

Jus Mundi, qui se positionne déjà comme un acteur international majeur avec des bureaux à Paris, New York, Londres et Singapour, ambitionne d’étendre sa présence au-delà des 80 pays où elle est déjà implantée. Au cœur de cette stratégie, Jus AI jouera un rôle clé en aidant les professionnels du droit à transformer leurs processus opérationnels, car l’outil promet de « révolutionner les méthodes de recherche juridique en tirant parti de la base de données exclusive de Jus Mundi », déjà connue pour ses ressources d’informations juridiques et d’arbitrage mises à disposition de ses clients.

Doubler la productivité des avocats

Avec Jus AI, Jean-Rémi de Maistre compte « transformer le travail des avocats », notamment en facilitant l’accès à des informations complexes, même si elles proviennent d’une autre langue : « Vous pouvez poser une question sur un point de droit en Chine, et Jus AI vous répondra en français, en s’appuyant sur des données en chinois, c’est révolutionnaire », a-t-il précisé. Cette application multilingue renforce la collaboration internationale en permettant de traiter des informations juridiques issues de divers pays, tout en offrant des réponses en langage naturel et en temps réel. Chaque réponse est accompagnée de citations précises des sources utilisées pour garantir la fiabilité.

Jus AI propose également une gamme d'outils destinés à optimiser le travail des équipes juridiques. Parmi eux, la synthèse de documents et la rédaction automatisée de textes juridiques, atouts majeurs pour « améliorer l’efficacité des équipes », a assuré Jean-Rémi de Maistre. Cependant, la solution se limite pour l'instant à cinq domaines du droit, dont le droit international - le domaine de prédilection de l’ancien avocat - bien que « nous aimerions intégrer également le droit du sport dans un futur proche », confie le fondateur de Jus Mundi, ce qui laisse entrevoir des perspectives d'expansion pour la nouvelle solution de la start-up.

Une IA pour (bientôt) assister les avocats dans leurs plaidoiries ?

Testé pendant plusieurs mois dans le cadre d’une bêta payante, Jus AI a été expérimenté par une vingtaine de cabinets, des plus petits aux plus grands. Parmi eux, des noms prestigieux tels que DLA Piper, Reed Smith, Clyde & Co, Greenberg Traurig, Yulchon et Bredin Prat ont participé au Programme d’Accélération Jus AI. « Paradoxalement, ce sont souvent les plus grands cabinets qui se montrent un peu plus frileux face à notre IA », a observé le dirigeant de Jus Mundi. Selon lui, les participants à la bêta auraient indiqué que la solution avait permis de doubler leur productivité dans les tâches de recherche juridique, d’analyse, de rédaction et de traduction ; libérant du temps pour se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée, telles que la délibération stratégique.

A terme, Jean-Rémi de Maistre voudrait que Jus AI puisse assister les avocats dans leurs plaidoiries. Objectif qui nécessitera une formation en amont, a-t-il toutefois précisé. Actuellement, « chaque utilisateur bénéficie d'une session de trois heures pour apprendre à maîtriser l'outil ». Reste à savoir si tous les cabinets pourront se permettre de s’offrir cette solution, et à quel prix.

Par ailleurs, malgré ses promesses, et bien qu’elle représente un atout considérable pour accroître la productivité, l’utilisation de l’IA par les avocats n’est jamais anodine, ni exempte de risques. Rappelez-vous, l’an dernier, le New York Times relatait qu’un avocat américain s’était retrouvé devant un juge après avoir utilisé Chat GPT. L’agent conversationnel avait en effet créé de toutes pièces des précédents inexistants ; jurisprudence ensuite intégrée à l'une des plaidoiries de l’avocat. Si Jus AI semble suivre une démarche plus rigoureuse et spécialisée que l’outil d’OpenAI, il faudra sans doute patienter encore pour en évaluer le potentiel… et les éventuels risques associés.

Romain Tardino

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