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Deux d’entres elles sont reparties avec un premier prix, mais toutes ont su captiver l’audience ainsi que le jury grâce à leurs prestations délivrées « avec passion et conviction ». La créatrice de ce concours d’éloquence, Louise Denoyes, se dit déjà « impatiente » d’organiser la prochaine édition.
« Plus qu’un concours, nous célébrons la parole des femmes, leur force, leur talent, leur partage et leur audace. » Le 10 mars dernier avait lieu la finale de la toute première édition du concours d’éloquence Voix d’oratrices, premier concours ouvert uniquement aux femmes. Objectif : leur laisser toute la place de s’exprimer « dans un monde où l’éloquence a longtemps été un privilège masculin », a appuyé en introduction de la soirée Louise Denoyes, créatrice du concours et apprentie juriste.
Ce jour-là, huit femmes « incroyablement
inspirantes » aux parcours très différents se sont à tour de rôle partagé
la scène de l’Institut Pasteur, centre international de recherche biomédicale, devant
pas moins d’une centaine de personnes venues les soutenir.
« Les finalistes se
sont exprimées avec passion et conviction sur des sujets qui nous
concernent toutes et tous », se réjouit Louise Denoyes. Le jury,
notamment composé de l’ancienne avocate et présidente de l’association « Femmes
de loi, Femmes d’exception » Anne Durez, a d’ailleurs noté le niveau
« très élevé » du concours : « C'était une belle
démonstration de la force des voix féminines. »
Huit finalistes, deux
premiers prix
Cette finale aura décerné non
pas un, mais deux premiers prix. Dans la catégorie « moins de 24
ans », c’est Solène Piffeteau qui
s’est vu décerner le premier prix pour son discours par la négative sur le
sujet « Dieu est-il une femme ? ». Cette étudiante en
agro-alimentaire a en effet su « se distinguer par un subtil équilibre
entre humour et sérieux captivant », affirme Louise Denoyes.
Au sein de cette même
catégorie, la seconde place a été attribuée Layla Yaich, qui « du haut de ses 17 ans, a fait preuve d’une aisance à l’oral à la fois
déroutante et impressionnante », suivie de Marion Hilaire.
L’étudiante en double diplôme droit-histoire de l’art à La Sorbonne a pour sa
part su allier « avec grâce une maîtrise et une plume délicate d’une
sensible profondeur ». Angèla Quentin, étudiante
à Sciences po, a complété le podium. La force de son discours : « une
maîtrise impressionnante de l’argumentation en vacillant entre métaphore et
tonalité », nous détaille la créatrice du concours.
À lire aussi : « Beaucoup de
femmes se censurent » : Voix d’Oratrices, un nouveau concours
d’éloquence 100 % féminin
Dans la catégorie plus de 24
ans, cette fois, c’est Lisa Lesage qui
s’est distinguée et a obtenu le premier prix, avec son discours par la négative
sur le sujet « La femme est Elle une louve pour l’homme ? ». L’élève
avocate à l’EFB Paris, par sa « présence magnétique et une plume d'une
élégance rare, où chaque mot semble choisi avec soin pour toucher l'âme »,
a su captiver son auditoire et le jury.
Clara Cazanave,
scientifique à l’Institut Pasteur (IP), a de son côté décroché la seconde place
avec un tour de force : « Faire relativiser les maux sociétaux,
transformant chaque sujet en une réflexion pleine de sagesse, de nostalgie et
de bienveillance. »
Le troisième prix est venu
récompenser Nancy Geffroy,
ingénieure brevets à l’IP, qui, selon Louise Denoyes, a conquis le cœur du jury
par un discours qui sonnait comme un « hymne à la franchise et à la
beauté de l’instant ». Enfin pour « l'élégance de sa plume, à
la fois littéraire et poétique », le jury a décidé de décerner le
quatrième prix à Valentine Barnakian,
étudiante en master 2 droit des données.
Pour les femmes qui
souhaiteraient se prêter à l’exercice de l’éloquence, une seconde édition du
Voix d’oratrices est d’ores et déjà prévue, nous confirme Louise Denoyes, qui
se dit déjà « impatiente » de la préparer avec ses
coorganisatrices. Les inscriptions devraient s’ouvrir à l’automne et la finale
se tiendra aux alentours de la date symbolique du 8 mars.
Allison Vaslin
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« Trois questions
à » Louise Denoyes, organisatrice du concours et créatrice de la
plateforme TuteurLaw JSS : Plus d’une
centaine de personnes ont fait le déplacement le 10 mars pour la finale de
Voix d’oratrices, vous attendiez-vous à un tel succès ? Louise Denoyes : Je
dois avouer que je suis agréablement surprise. Nous ne savions pas
vraiment à quoi nous attendre dans la mesure où les premiers tours du
concours ainsi que les formations en éloquence ont été réalisés dans un cadre
intimiste et restreint afin de permettre aux candidates d’évoluer dans un
environnement protégé. Nous espérions bien sûr que
l’évènement suscite un intérêt, mais voir autant de personnes se mobiliser
autour de cette cause et de cet événement est très encourageant. C'est une
belle récompense pour tout le travail accompli, les mois d’organisation, et
cela montre l'importance de promouvoir la parole des femmes. La présence d’un public
nombreux a permis de mettre en avant l’immense talent des participantes, leur
authenticité, leur audace et leur courage. JSS : Vous nous aviez
confié l’année dernière votre souhait de voir ce concours devenir une
véritable référence de l’engagement des femmes, cela semble plutôt bien
parti… L. D. :
Oui, je suis très heureuse de voir que nous avons fait un pas important dans
cette direction. Le fait que ce concours ait attiré autant d'attention et ait
donné une voix à des femmes talentueuses est une belle preuve que nous sommes
sur le bon chemin. Nous poursuivons notre
ambition avec toujours de nouvelles idées pour faire évoluer ce concours mais
avec un constante : la bienveillance et la sincérité. Nous avons par ailleurs
tous été profondément touchés et impressionnés par les discours des
finalistes. Parfois émus, parfois bousculés, nous venions chercher des
prestations qui nous feraient réfléchir au sujet de la place des femmes, et
le défi a été relevé avec brio ! Je suis extrêmement fière
de ce que nous avons accompli ensemble. C'est un excellent début, et cela
nous motive à poursuivre. Ce concours a d’ailleurs été bien plus qu’une
compétition. Nous avons rencontré des femmes aux profils divers, les avons
accompagnés et vues progresser au fil des semaines. Finalement, ce concours
c’est avant tout une aventure humaine, des rencontres magiques et des
personnes que nous admirons et que nous continuerons de suivre à
l’avenir. JSS : Combien
d’oratrices se sont inscrites au concours et comment se sont déroulées les
sélections ? L. D. :
Plus de 60 oratrices se sont inscrites au concours, un nombre très
encourageant d'inscriptions qui démontre un véritable intérêt pour ce type de
concours et un besoin de représentation de figures féminines dans le monde de
l’éloquence. Le premier tour de ce
concours a été tenu en visioconférence, et chaque candidate disposait de 3
minutes pour convaincre le jury. Seules 20 candidates ont été retenues pour
passer le second tour du concours, qui se tenait en présentiel. A l’issue de ce premier
tour, une première séance de formation en éloquence a été dispensée à toutes
les candidates par Brigitte Froment (actrice qui a joué dans plusieurs
séries français telles que Dolmen et Profilage ndrl). Cela a été l’occasion
de travailler la posture, le placement de la voix, l’articulation, la
position dans l’espace et la transmission des émotions. Lors du second tour, les
candidates ont eu la liberté de présenter le sujet d’éloquence de leur choix.
Les jurés les ont ainsi découverts au moment de leur prestation. 8 finalistes
ont été retenues pour se présenter à la finale et toutes ont ensuite été
accompagnées par Brigitte Froment, a l’occasion d’une séance personnalisée de
formation en prise de parole et de travail du texte. Lors de la finale, ce sont
des femmes aux profils, aux parcours et aux sensibilités diverses qui se sont
rencontrées, et c’est ce qui a fait la véritable richesse de ce concours. |
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