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La juridiction financière tire la sonnette d’alarme dans son dernier rapport relatif aux finances publiques et appelle à des ajustements budgétaires « très exigeants », « à réaliser dès 2026 ».
« Deux années
noires ». Dans son rapport
annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques en amont
de la préparation des textes financiers présentés au Parlement à l’automne, la
Cour des comptes s’alarme.
Et pour cause : le
déficit public s’est établi à 5,8 points de produit intérieur brut (PIB) en
2024, en hausse de 0,4 point par rapport à 2023 et de 1,4 point par rapport à
la programmation initiale de l’automne 2023. Au point d’atteindre aujourd’hui
le chiffre astronomique de 168,6 milliards d’euros.
La faute à la hausse des
dépenses de protection sociale et des collectivités locales
D’après la juridiction
financière, la progression du « cœur » de la dépense publique - en hausse de
2,7 %, soit la progression la plus élevée des dix dernières années - serait la
première fautive, alors que l’activité économique est demeurée soutenue ces
trois dernières années.
« En dépit d’efforts
en gestion sur la dépense de l’État et d’une quasi-extinction des mesures de
soutien énergétiques, c’est d’abord la forte croissance des dépenses de
protection sociale et des collectivités locales qui a nettement contribué à
creuser le déficit public », accuse-t-elle.
À lire aussi : Quelle trajectoire
pour les finances publiques ?
Côté protection sociale en
effet, les retraites de base ont été revalorisées de 5,3 % en janvier 2024 et
les retraites complémentaires de 1,6 % en novembre 2024. Les prestations de la
branche famille ont quant à elles augmenté de 4,6 % en avril 2024. Par
ailleurs, dans les collectivités territoriales, les dépenses d’investissement
ont atteint 126,1 milliards d’euros en 2024, en hausse de 5,3 % en valeur et de
3,2 % en volume.
Parallèlement, indique la Cour, la charge de la dette publique a augmenté de 7,3 milliards d'euros, atteignant ainsi le double de son niveau de 2020. Une hausse essentiellement liée, précise-t-elle, à l’émission de nouveaux titres de dette publique à des taux nettement supérieurs à ceux arrivés à échéance, qu’ils remplacent. « Cet effet du refinancement progressif du stock de dette à des taux plus élevés va monter en puissance au cours des prochaines années », augure la juridiction financière.
Les prélèvements obligatoires
n’ont pas suffisamment augmenté
La Cour pointe en outre une progression
des prélèvements obligatoires plus faible que celle du PIB, comme en 2023,
note-t-elle, inférieure aux prévisions de la loi de finances initiale. « L’impôt
sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée et l’impôt sur le revenu
expliquent à eux seuls l’essentiel [des] moindres recettes. Ils ont tous trois reculé
à législation inchangée ».
Alors que la France
enregistre le plus haut taux de déficit de la zone euro, la juridiction
financière appelle à des ajustements budgétaires « très exigeants »,
« à réaliser dès 2026 ». « La stratégie de finances publiques
doit reprendre le contrôle de la dynamique de la dette, dans un contexte où
elle ne peut plus compter sur un retour de la croissance des décennies passées
ni sur des taux d’intérêts très bas », ajoute-t-elle.
Allison
Vaslin
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