Article précédent


Alors
que la France accueillera bientôt la deuxième session de négociations sur le
traité international sur la pollution plastique, l’assemblée constitutionnelle a
formulé 20 recommandations pour un texte « ambitieux et efficace ».
Le CESE recommande notamment la création d’une « empreinte
plastique » et l’interdiction de
principe des plastiques à usage unique d’ici 2040.
En
réponse à la résolution « Mettre fin à la pollution plastique ;
vers un instrument international juridiquement contraignant » du
2 mars 2022, adoptée par l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement, le
Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté le 11 avril
dernier en séance plénière son avis concernant l’élaboration d’un traité
international sur la pollution par les plastiques.
Alors
que la France accueillera la deuxième session de négociations sur le traité
international sur la pollution plastique au printemps 2023, l’assemblée
constitutionnelle indique en effet dans un communiqué s’être emparée du sujet
pour « établir les conditions d’un traité efficace et historique »,
« ambitieux dans ses objectifs et effectif via un instrument
juridiquement contraignant ».
À
travers 20 préconisations à destination des négociateurs – notamment à l’égard
du gouvernement français et de l’Union européenne -, le CESE dresse dans son
avis une feuille de route pour mieux lutter contre la pollution plastique à
toutes les étapes du cycle de vie du plastique pour pouvoir atteindre
l’objectif ambitieux d’éliminer la pollution plastique d’ici 2040.
Pour
la création d’une empreinte plastique
Le
CESE appelle notamment à fixer un objectif international ambitieux
d’élimination de la pollution plastique dans tous les milieux d’ici 2040. Pour
assurer le respect de cet objectif, il plaide pour la mise en place d’une
trajectoire de mise en œuvre, évaluée lors de points d’étape tous les 3 ans, en
impliquant les politiques publiques nationales et une approche par secteur
d’activité.
Pour
lutter efficacement contre la pollution plastique, il recommande la création
d’un nouvel indicateur intégré au Traité : « l’empreinte plastique » (calquée
sur l’empreinte carbone), qui permettra d’évaluer l’impact réel des produits
plastiques sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie et pourra se
décliner à la fois au niveau « micro » (à l’échelle d’un produit), mais
également au niveau « macro » (à l’échelle de territoires ou d’États).
À lire
aussi : Autorisation
environnementale : zoom sur les modifications apportées par la loi énergies
renouvelables
Le
CESE appelle par ailleurs à inscrire dans le Traité plusieurs objectifs
internationaux : l’interdiction de principe des plastiques à usage unique d’ici
2040 et l’augmentation de la part minimale de plastique recyclé dans les
emballages, à hauteur de 50% sur tous les produis d’ici 2050 (alors que l’Union
européenne propose actuellement un objectif de l’ordre de 30 % d’ici 2030).
Pour les États non dotés de systèmes de collecte de déchets, un accompagnement
particulier devra être prévu pour atteindre cet objectif.
Enfin,
l’assemblée constitutionnelle souhaite également que le traité prévoie, dans
une annexe, une liste des groupes d’additifs les plus toxiques et néfastes pour
la santé et l’environnement.
Le
CESE en faveur d’un traité assorti d’annexes
Afin
de garantir la bonne application du traité, le CESE affirme par ailleurs
soutenir le recours à un traité de type convention spécifique assorti d’annexes
techniques, sur le même modèle que le protocole de Montréal (l’accord
international qui vise à réduire de moitié des substances qui appauvrissent la
couche d'ozone). Selon lui, ce type de texte permettra « de s’entendre
sur des objectifs précis au sein du traité et de le faire évoluer de façon
souple ». Il invite en outre les négociateurs à placer la recherche
scientifique au cœur de la gouvernance du traité afin de fonder les décisions
sur des données « objectives, harmonisées et partagées ».
Un
fonds ad hoc pour aider la transition des territoires vulnérables
Autre mesure phare, afin d’aider les
territoires et les populations vulnérables dans leur transition, le CESE
préconise la mise en œuvre d’un fonds ad hoc, créé sur le modèle du Fonds
multilatéral du protocole de Montréal. Il incite les États à définir une
trajectoire financière jusqu’en 2060 afin d’acter les efforts financiers qu’ils
sont prêts à consentir, et propose que la contribution des États soit calculée
sur la base de leur utilisation annuelle de plastique.
Il recommande également d’inscrire la responsabilité
élargie du producteur (REP) et le principe du pollueur-payeur dans le futur traité.
Pour le CESE, cet outil est en effet particulièrement adapté à la gestion du
plastique et il « responsabilise l’ensemble de la filière ».
La mise en œuvre d’un tel dispositif dans les pays en développement devra faire
l’objet d’un accompagnement spécifique, précise-t-il cependant.
Dans son communiqué, l’assemblée constitutionnelle rappelle
qu’aujourd’hui, 81 % des produits fabriqués en plastique finissent en déchets
en moins d’un an. Pour la seule année 2019, l’OCDE a évalué que pour 460
millions de tonnes produites, 353 millions de tonnes sont devenues des déchets.
Parmi ces déchets, seuls 9 % ont été recyclés, 19 % ont été incinérés et près
de la moitié ont fini dans des décharges contrôlées. « Alors que
l’OCDE prévoit que la consommation mondiale de plastique devrait être
multipliée par 2,5 d’ici 2060, le plastique devient ainsi un enjeu planétaire
croissant qui exige une réponse internationale urgente », souligne le
CESE.
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *