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Les
Sages ont aligné leur décision sur celle qu’ils avaient rendue au sujet des
magistrats en juin dernier. L’abrogation des dispositions concernées est
retardée à octobre 2025.
Après la décision très
attendue concernant les magistrats qui avait été rendue le 26 juin dernier, qui
elle-même avait suivi une décision similaire pour les notaires, le Conseil
constitutionnel a validé le droit de se taire pour les fonctionnaires dans le
cadre d’une procédure disciplinaire, dans une décision rendue vendredi 4 octobre.
La QPC débattue entendait
rendre inconstitutionnel l’article L. 532-4 du Code général de la fonction
publique, qui donnait le droit à un fonctionnaire à l’encontre duquel une
procédure disciplinaire est engagée à « la communication de l’intégralité
de son dossier individuel et de tous les documents annexes ». Il
précisait également que le fonctionnaire attaqué avait « droit à
l’assistance de défenseurs de son choix » et que l’administration doit
l’informer de son droit à communication du dossier.
Selon les requérants, ces
dispositions ne prévoyant pas que le fonctionnaire mis en cause soit informé du
droit qu’il a de se taire, alors que ses déclarations sont susceptibles d’être
utilisées à son encontre dans le cadre d’une procédure disciplinaire, elles
seraient ainsi contraires aux droits de la défense et à l’article 9 de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui dispose que
« tout homme étant présumé innocent […], toute rigueur qui ne serait
pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par
la loi ».
À
lire aussi : Le
Conseil constitutionnel confirme être incompétent pour statuer sur l’élection
du président de l’Assemblée nationale
Le Conseil constitutionnel a
rappelé que cet article de la DDHC s’appliquait bien, en plus des peines
prononcées par les juridictions répressives, aux sanctions ayant le caractère
d’une punition. « Elles impliquent que le professionnel faisant l’objet
de poursuites disciplinaires ne puisse être entendu sur les manquements qui lui
sont reprochés sans qu’il soit préalablement informé du droit qu’il a de se
taire », ont assuré les Sages. « En ne prévoyant pas [l’information
de ce droit au fonctionnaire poursuivi], les dispositions contestées
méconnaissent l’article 9 de la Déclaration de 1789 », en a déduit
l’institution.
Report de l’abrogation, mais
application immédiate
Comme pour la décision qui
concernait les magistrats, l’inconstitutionnalité n’est pas effective de
manière immédiate, afin d’éviter de supprimer des dispositions utiles pour la
défense du fonctionnaire, en l’occurrence le droit à communication de son
dossier individuel, « des conséquences manifestement excessives »,
a estimé le Conseil constitutionnel, qui a donc reporté l’abrogation des
dispositions au 1er octobre 2025, afin de laisser le temps au législateur
d’adapter la loi. D’ici là, pour faire respecter la décision
d’inconstitutionnalité, « le fonctionnaire à l’encontre duquel une
procédure disciplinaire est engagée doit être informé de son droit de se taire
devant le conseil de discipline », a précisé la juridiction.
Alexis Duvauchelle
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