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Le 12 février dernier, Samir Zime Yerima est devenu le 10e lauréat du concours organisé par le Club des juristes pour son article qui interroge l’utilité de donner une personnalité juridique à la Seine, déjà protégée par le Code de l’environnement.
Les remises de prix se
poursuivent pour Samir Zime Yerima. Lauréat du Prix de la jeune recherche
constitutionnelle du Sénat en 2024, l’attaché temporaire d’enseignement et de
recherche en droit public ISJPS, Ecole de Droit de la Sorbonne, Paris 1, a
remporté le 12 février dernier, à l’Hôtel de Noirmoutier à Paris, le 10e
Prix Guy Carcassonne - du nom du constitutionnaliste reconnu décédé en 2013.
Ce concours, organisé par le
Club des juristes, vient récompenser le meilleur article portant sur une
question de constitutionnalité liée à l’actualité française ou étrangère, et qui vise à faire comprendre au plus grand nombre les enjeux juridiques, politiques et
sociaux posés par cette question.
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nuages, une idée pas si haut perchée
Un exercice relevé haut la
main par Samir Zime Yerima dans son article « Attribuer la
personnalité juridique à la Seine : une nouvelle dérive
anthropocentrique ? », qui tient son origine de
l’annonce faite en décembre dernier par la maire de Paris, Anne Hidalgo, d’une
convention citoyenne sur « les droits de la Seine » et d’une volonté
de reconnaitre la personnalité juridique aux entités naturelles. « Un
cas particulièrement intéressant pour analyser les limites d’une telle
proposition dans le contexte français » a estimé l’auteur.
Le Seine comme personnalité
juridique, une proposition « inopportune »
Dans son article, Samir Zime
Yerima se demande quel est l’apport réel d’une personnification juridique de la
Seine, jeu poétique « qui menace de déborder dans le champ juridique »,
avertit-il dès les premières lignes.
Doter la Seine d’une telle
capacité juridique lui permettrait d’agir en justice ou d’être représentée
devant les juridictions, poursuit-il. Mais cette proposition est-elle
juridiquement possible ? « Sur le plan purement juridique, rien
n’interdit d’accorder à la Seine la personnalité juridique. Néanmoins,
certaines exigences constitutionnelles doivent être respectées. »
« Possibilité
rime-t-elle nécessairement avec utilité ? » questionne-t-il
encore. Pour l’auteur, cette proposition parait « inopportune »,
car cela viendrait sous-estimer la richesse du dispositif juridique existant,
et notamment du Code de l’environnement qui « offre une protection
étendue des eaux et milieux aquatique », justifie-t-il. Selon Samir
Zime Yerima, cette innovation juridique risquerait dans le même temps
d’entrainer une confusion juridique plutôt que la protection recherchée.
Finalement, ses
interrogations lui auront permis « de révéler que les obstacles à une
meilleure protection environnementale relevaient davantage de problèmes
pratiques que d’insuffisances juridiques », l’arsenal étant déjà bien
complet.
Allison
Vaslin
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