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Alors
que la délinquance a augmenté de 2 % au sein des métros, des bus et des
tramways, en particulier les vols sans violence, les chiffres sont cependant moins
élevés que ceux de la délinquance en dehors des transports en commun, notamment
compte tenu de la baisse des vols violents et des outrages.
En 2022, les
forces de l’ordre ont enregistré environ 124 570 affaires de victimes de vols
et de violences dans les transports en commun, « soit une augmentation
de 2 % par rapport à 2021, un niveau cependant inférieur au nombre de victimes
avant la pandémie de COVID-19 », révèle le ministère de l’Intérieur
dans un communiqué du 14 septembre, d’après une étude
du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).
Les
vols sans violence représentent 82 % de la délinquance dans les transports
L’an dernier, les
(vols avec ou sans violence) ont constitué les délits les plus fréquents dans
les transports en commun. Ainsi, « 109 710 victimes de vols dans les
transports en commun ont été enregistrées par les services de police et de
gendarmerie ». Néanmoins, une enquête Cadre de vie et sécurité (CVS)
tend à démontrer que ce chiffre serait en réalité beaucoup plus élevé, puisque seules
une minorité de victimes déposent formellement plainte.
Les vols sans
violence constituent la quasi-intégralité de la délinquance dans les transports
en commun : ils représentent en effet 82 % des victimes de vols et de violences
dans les transports en commun. Par ailleurs, « 16 % des vols sans
violence commis en France ont lieu dans les transports en commun ».
Ajoutons qu’entre 2021 et 2022, les
services de police et de gendarmerie ont enregistré une augmentation de 5 % du
nombre de victimes de vols sans violence dans les transports. Une hausse toutefois
moins importante que celle observée partout ailleurs (+ 15 %).
Les vols violents et les outrages en
chute libre
Du côté des autres actes de délinquance
enregistrés, les violences sexuelles ont bondi pour atteindre + 13 % dans les
transports en commun. Ces atteintes ont cependant « augmenté dans les
transports en commun à un rythme similaire à celui observé dans les autres lieux
(+ 12 %) et ce, dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration
de l’accueil des victimes », observe l’étude.
Les coups et blessures volontaires sont également
en augmentation, mais de 10 % dans les transports contre 15 % en-dehors.
En revanche, les vols violents sur les
réseaux de transport ont considérablement diminué (- 24 %), après avoir déjà
baissé de 5 % en 2021, tandis que leur nombre est resté stable dans les autres lieux.
Les outrages et violences contre
dépositaires de l'autorité publique enregistrés dans les transports en commun
ont également connu une forte baisse (- 16 %), beaucoup plus conséquente que
dans l'ensemble des autres lieux (- 3 %).
L’Île-de-France concentre la majorité des
victimes dans les transports
La SSMSI souligne en outre que la
délinquance dans les transports en commun se distingue du reste de la
délinquance car elle « exclut un certain nombre d’atteintes qui suivent
des modes opératoires spécifiques », tels que les vols liés aux
véhicules et les cambriolages, qui ne sont pas intégrés dans cette analyse,
mais aussi car on y dénombre « peu de victimes d’homicides : cinq
par an en moyenne depuis 2016 ».
On apprend également dans son analyse qu’il
s’agit également d’un phénomène « très urbain et particulièrement
francilien ». L’Île-de-France, du fait de son réseau de transports en commun
très développé, concentre en effet « 62 % des
victimes enregistrées dans ces transports pour 19 % de la population
du pays ». Et tandis que la fréquentation dans les
transports en commun en Île-de-France a augmenté de 22 %, tous
réseaux confondus, « on compte 16 victimes de vols sans violence pour
un million de voyages en 2022 contre 18 victimes en 2021. Pour les vols avec
violence, le nombre de victimes pour un million de voyages est passé de 2 à 1
entre 2021 et 2022 ». Par ailleurs, quand hors Île-de-France, le réseau
de surface est le premier lieu de commission pour l’ensemble des atteintes, le métro
est le lieu francilien où se déroulent la majorité des vols avec ou sans
violence enregistrés (les violences sexuelles et coups et blessures volontaires
sont quant à eux davantage répartis entre les différents types de réseaux).
Les victimes sont plus souvent des
étrangers que les victimes en dehors des transports
D’autre part, la SSMSI met en évidence
que les victimes de délinquance dans les transports en commun sont plus souvent
étrangères que les victimes de délinquance hors transports en commun (respectivement
27 % contre 13 %). Une proportion qui atteint 33 % dans les transports en
commun en région Île-de-France, soit presque deux fois plus que sur le reste du
territoire, ce qui peut être relié « à la part des résidents étrangers et à
la fréquentation touristique ».
L’âge des victimes de vols ou de
violences enregistrées dans les transports en commun est quant à lui similaire
à celui des victimes hors transports en commun. A ce titre, 75 % des victimes
dans les transports en commun ont entre 18 et 59 ans et près d’un tiers ont
entre 18 et 29 ans, des chiffres stables par rapport à 2021 (76 % et 33 %),
peut-on lire dans l’étude. « Seules les violences sexuelles concernent
beaucoup plus souvent les mineurs dans l’ensemble des autres lieux plutôt que
dans les transports en commun ».
Les vols avec ou sans violence concernent
plus fréquemment des victimes entre 18 et 29 ans (respectivement 44 % et 30 %)
que les autres catégories d’âges, et les coups et blessures volontaires
concernent autant les victimes de 18 à 29 ans (30 %) que celles de 30 à 44 ans
(32 %), tandis que près de la moitié (46 %) des victimes d’outrages et de
violence contre dépositaires de l’autorité publique ont entre 30 et 44 ans.
Autre chiffre notable, 86 % des victimes
de violences sexuelles ont moins de 30 ans, et en particulier 42 % sont
mineures. Les femmes représentent un peu plus de la moitié des victimes de vols
ou de violences enregistrées dans les transports en commun, soit une proportion
similaire en dehors des transports en commun. « La part des femmes
victimes dans les transports en commun a cependant diminué de 4 points en 2022,
alors qu’elle est restée similaire dans les autres lieux ».
29 % des mis en cause sont mineurs
Concernant les mis en cause en eux-mêmes,
87 % sont des hommes, soit autant que dans les autres lieux pour les mêmes
atteintes. Cependant, 70 % des mis en cause pour des vols ou des violences
enregistrés dans les transports en commun élucidés en 2022 ont moins de 30 ans,
et 29 % ont moins de 18 ans (contre 36 % en 2021), alors que, pour l’ensemble
des autres lieux, un peu moins de la moitié des mis en cause ont moins de 30
ans (46 %), et 13 % sont mineurs. « Cette surreprésentation des mineurs
parmi les mis en cause dans les transports en commun est révélatrice pour
partie du phénomène des mineurs isolés et de leur exploitation par des filières
de criminalité organisée ».
Enfin, plus de la moitié des mis en cause
pour vols ou violences dans les transports en commun sont identifiés comme
étant étrangers alors qu’ils ne sont que 19 % dans les autres lieux ;
statistiques quasi inchangées par rapport à celles de 2021 (56 % et 18 %). Statistiques
que la SSMSI invite à regarder « avec précaution », car tout
comme l’âge, « la nationalité ne peut pas systématiquement être vérifiée par
les services de sécurité en début de procédure ».
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