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Inaugurée le 11 décembre par la présidente du Conseil national des barreaux, Julie Couturier, la maison met notamment à disposition des avocats qui ont trouvé refuge en France des bureaux, un téléphone et des ordinateurs avec une connexion internet.
Notre maison est votre
maison. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la nouvelle initiative du Conseil
national des barreaux (CNB) à destination des avocats contraints de quitter
leur pays en guerre et exilés en France.
Le 11 décembre, au 180
boulevard Haussmann à Paris, et au lendemain de la Journée internationale des
Droits de l’Homme, a été inaugurée la Maison des avocats en exil, située au
sein des locaux du CNB, en présence de sa présidente Julie Couturier, qui voit
en ce dispositif « une nouvelle étape d’un long et tortueux chemin qui
[les] a menés trop régulièrement à agir en soutien à [leurs] confrères et consœurs
menacés dans leur pays, simplement pour avoir exercé leur profession
d’avocat ».
Une étape « fondamentale »
qui s’inscrit « dans le temps long », a indiqué la présidente de la
commission Affaires européennes et internationales Marie-Aimée Peyron ; « remarquable »,
a estimé pour sa part la marraine de ce nouveau dispositif et ambassadrice pour les Droits
de l’Homme Isabelle Rome, au regard des nombreux avocats « particulièrement
exposés aux menaces » qui ne peuvent plus exercer leur profession. « On ne peut pas rendre une bonne justice sous la
menace », a-t-elle ajouté.
Une maison pour aider les
avocats en exil à poursuivre leur activité…
C’est pourquoi cette Maison
de l’avocat en exil, « cœur du réacteur des avocats du monde entier », promet à tous avocats et avocates qui ont réussi à fuir les conflits une
« continuité dans l’exercice de leur profession », a expliqué Marie-Hélène
Fabiani, membre de la commission Affaires européennes et internationales et partie
prenante dans la création de la Maison.
« Qu’importe leur
nationalité », les avocats en exil peuvent ainsi « se
retrouver, s’organiser, reconstituer des réseaux, poursuivre certaines de leurs
missions ordinales malgré l’exil et continuer à jouer leur rôle de vigie des
libertés », a complété Marie-Aimée Peyron. Car selon Laurence Roques, avocate
et ancienne présidente de la commission Libertés et droits de l’Homme du CNB,
le plus compliqué, pour un avocat, « c’est lorsqu’il ne peut plus
exercer son métier alors même qu’il est avocat pour toujours ».
Alors pour cela, une salle de
réunion, des bureaux dotés d’un ordinateur avec une connexion internet sont mis
à leur disposition. « Ça ne paraît rien, mais des avocats sont
totalement coupés du monde parce qu'ils n’ont pas de connexion », a
rappelé Laurence Roques.
Les avocats réfugiés peuvent
également bénéficier d’un accès à un téléphone, à Teams, ainsi qu’à un système
de visioconférence, a détaillé l’avocate.
… et pour se faire
accompagner dans leurs démarches administratives
Au-delà des moyens matériels
mis à leur disposition, les avocats pourront également compter sur leurs confrères
et consœurs pour les aider dans leurs démarches administratives et pour
l’obtention de leur visa, par exemple.
Des consultations gratuites
peuvent au besoin être menées gratuitement par des membres du conseil pour l’accompagnement
dans les mesures d’asile ou pour produire des attestations, a également indiqué
Laurence Roques. Les avocats exilés ont par ailleurs la
possibilité d’être assistés dans la rédaction des statuts si les barreaux sont
amenés à se reconstituer en exil, de posséder une adresse administrative, bref « d’exister
tout simplement et de recevoir du courrier ».
« Cette maison est une brique supplémentaire à l’édifice des actions déjà menées par le CNB
en faveur des avocats », a assuré Julie Couturier. Au titre de ces
actions, la création de l’observatoire international des avocats en danger pour
défendre les avocats menacés dans le cadre de leur exercice, et du fonds de
dotation qui assiste financièrement des avocats en exil.
Le bâtonnier d’Afghanistan
Rohullah Qarizada, également présent à l’inauguration, s’est lui aussi réjoui de cette
initiative, compte tenu de la « situation critique » des avocats
dans son pays, envahi par les Talibans en 2021. L'avocat a notamment évoqué le cas de
plusieurs avocates qui, confrontées à des difficultés économiques et
psychologiques, ont mis fin à leurs jours. Pour Julie Couturier, une chose reste
sûre : « Nous ne cesserons jamais de soutenir nos confrères en
danger. »
Allison
Vaslin
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