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La prévention des risques professionnels fait
peser une obligation de sécurité de résultat sur l’employeur, dont ce dernier
doit assurer l’effectivité. Le non-respect de cette obligation peut être
constitutif, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, d’une
faute inexcusable.
La
loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 a transposé l’accord national
interprofessionnel du 9 décembre 2020 et modifié la réglementation concernant
la prévention des risques professionnels dans l’entreprise afin d’améliorer
leur prévention. Sauf disposition contraire, la présente loi entre en vigueur
le 31 mars 2022. Désormais, le Code du
travail définit à l’article L. 4121-3-1 légalement
le contenu du Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
et intègre les conditions de travail dans le champ d’évaluation des risques.
Trois décrets ont été publiés afin de compléter la loi
avant son entrée en vigueur (décrets 2022-372 et 2022-373 du 16 mars
2022 ; décret 2022-395 du 18 mars 2022).
Concernant le DUERP, les dispositions règlementaires
précisent que :
• le DUERP doit être mis à jour chaque année dans les
entreprises d’au moins 11 salariés et chaque fois qu’une information
intéressant cette évaluation d’un risque est portée à la connaissance de
l’employeur (article R. 4121-2). Cette distinction selon l’effectif de la
société a été ajoutée
par le décret ;
• les versions successives du DUERP doivent être
conservées 40 ans à compter de leur élaboration. Avant la réforme, aucune
obligation de conservation n’était édictée (article R. 4121-4) ;
• le DUERP doit être mis à la disposition des travailleurs mais également "des anciens travailleurs pour les versions en vigueur durant leur période d’activité dans l’entreprise. La communication des versions du document unique antérieures à celle en vigueur à la date de la demande peut être limitée aux seuls éléments afférents à l’activité du demandeur " (article R. 4121-4).
L’article L. 4121-3-1 précise que ce DUERP et ses
mises à jour font l’objet d’un dépôt dématérialisé sur un portail numérique
dédié garantissant la confidentialité, la conservation et la mise à disposition
du DUERP. Cette obligation de dépôt dématérialisé est applicable à compter du 1er
juillet 2023 aux entreprises dont l’effectif est supérieur ou égal à
150 salariés, et à compter de dates fixées par décret, en fonction des
effectifs des entreprises, et au plus tard à compter du 1er juillet
2024 aux entreprises dont l’effectif est inférieur à 150 salariés.
Il ne fait désormais plus aucun doute
du caractère impératif des dispositions afférentes à la prévention des risques
professionnels au regard des nombreuses situations contentieuses susceptibles
d’être générées. Si la demande de reconnaissance d’une faute inexcusable en cas
d’accident du travail ou de maladie professionnelle en est l’illustration, le
salarié bénéficie de différentes prérogatives en cas de violation de cette
obligation de sécurité résultat.
Indépendamment de la reconnaissance
d’un risque professionnel, les salariés peuvent toujours solliciter une
indemnisation spécifique liée à la violation d’une obligation de sécurité
devant les juridictions prud’homales. Ce type de demande devient récurrente,
notamment en cas de démonstration d’une charge de travail trop importante.
En outre, les salariés en poste
bénéficient toujours de la possibilité d’user de leur droit de retrait
(article L. 4131-1) " Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute
situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente
un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute
défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection ».
Ce retrait est facultatif. L’enjeu
n’est pas neutre, puisque faute de démontrer l’existence d’un danger grave et
imminent, le retrait serait analysé comme une absence injustifiée.
à cela s’ajoute le droit d’alerte dont
bénéficient les représentants du personnel ainsi que les salariés : " Le travailleur
alerte immédiatement l’employeur s’il estime, de bonne foi, que les produits ou
procédés de fabrication utilisés ou mis en œuvre par l’établissement font peser
un risque grave sur la santé publique ou l’environnement. " (article L.
4133-1).
En cas de divergence avec l’employeur
sur le bien-fondé d’une alerte transmise ou en l’absence de suite dans un délai
d’un mois, le travailleur ou le représentant du personnel au comité social et
économique peut saisir le préfet.
Enfin, le respect de la réglementation
afférente au DUERP sera particulièrement examiné si la responsabilité pénale du
dirigeant devait être engagée en cas d’accident grave.
Déborah
Fallik Maymard
Avocate
associée chez Redlink Avocats
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