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La nouvelle plateforme e-Barreau, permettant aux avocats de dialoguer avec les juridictions, devrait définitivement remplacer l’ancienne version d’ici la fin de l’année, après 5 ans de chantier. Le Conseil national des barreaux (CNB) invite les avocats encore réticents à la prendre en main dès cet été.
Bientôt plus le choix, il va
falloir s’y mettre. Sur les près de 55 000 avocats qui utilisent
quotidiennement la plateforme sécurisée e-Barreau pour dialoguer avec les
juridictions, tous n’ont pas encore sauté le pas de la nouvelle version. Deux sites
coexistent actuellement, et le plus vieux, qui doit disparaître d’ici la fin de
l’année, « concentre encore la moitié des communications avec les
juridictions », détaille l'avocat Philippe Baron, président de la
commission numérique du CNB. « Un tiers de la profession n’a pas voulu
y aller, au prétexte que l’ancien e-Barreau est encore fonctionnel. »
Certains avocats utilisent
conjointement les deux plateformes et dénoncent un surcoût. « C’est
justement pour éviter ce surcoût que nous avons une V2. Au départ, nous avons
préféré garder la version antérieure pour nous épargner le big-bang du guichet
unique et le même fiasco. » Voulu par la loi PACTE, le
lancement du Guichet unique réunissant toutes les démarches administratives de
sociétés avait engendré d'importants soucis
de fonctionnement pour les tribunaux de commerce.
Une ancienne version
techniquement obsolète
Le CNB a tiré les leçons de
ce mauvais démarrage en conservant les deux plateformes pour une transition en
douceur. Mais, il est temps de passer à autre chose, estime le Conseil, car
l’ancienne plateforme d’e-Barreau est parfaitement obsolète : « plus
aucun développeur n’est en mesure de coder cette ancienne version »,
explique l’avocat en charge des questions numériques.
À lire aussi : « On
n’imaginerait pas qu’un avocat laisse un dossier de plaidoirie ouvert, c’est la
même chose pour les dossiers numériques »
Initialement prévu pour 2022,
le lancement du nouvel e-Barreau a finalement été reporté de 3 ans pour des
questions « de sécurité et de fiabilité ». Elles sont
désormais réglées, indique le CNB, qui fait valoir un outil parfaitement
sécurisé et de nouvelles modalités en phase avec les besoins des avocats.
Tous les avocats ne sont pas
encore formés
Dernière avancée en date
: les logiciels de gestion de cabinet (LGC), très utilisés par la
profession, sont compatibles avec le nouvel e-Barreau, et ce, depuis juin
dernier. La capacité de stockage a été multipliée, passant de 200 Mo à 5 Go,
environ 30 fois plus qu’avant, « ce qui permet de conserver des
messages ce que l’ancienne plateforme ne permet pas ».
À lire aussi : Cinq nouvelles équipes
sélectionnées par le CNB pour la finale du Concours « Projets
innovants »
Autres avancées notoires :
une organisation par dossier pour faciliter leur suivi et un accès à toutes les
juridictions pénales avec lesquelles on peut correspondre, soit environ 3000
adresses. « C’est un changement radical de notre façon de travailler, un
nouvel outil-métier. Les actes se font différemment », insiste Philippe
Baron.
« Mais le besoin de
formation des avocats est encore important », reconnaît le chargé du
numérique, qui renvoie aux 300 ambassadeurs relais qui dispensent, dans
l’ensemble des barreaux de France et de Navarre, des formations à ce nouvel
outil. Une formation en ligne est aussi disponible sur le site du CNB
ainsi qu’un site d’e-assistance.
Comme un petit goût de devoirs de vacances…
Delphine
Schiltz
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