Nouvelle plateforme e-Barreau : « Un tiers de la profession n’a pas voulu y aller »


mardi 12 août 20253 min

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La nouvelle plateforme e-Barreau, permettant aux avocats de dialoguer avec les juridictions, devrait définitivement remplacer l’ancienne version d’ici la fin de l’année, après 5 ans de chantier. Le Conseil national des barreaux (CNB) invite les avocats encore réticents à la prendre en main dès cet été.

Bientôt plus le choix, il va falloir s’y mettre. Sur les près de 55 000 avocats qui utilisent quotidiennement la plateforme sécurisée e-Barreau pour dialoguer avec les juridictions, tous n’ont pas encore sauté le pas de la nouvelle version. Deux sites coexistent actuellement, et le plus vieux, qui doit disparaître d’ici la fin de l’année, « concentre encore la moitié des communications avec les juridictions », détaille l'avocat Philippe Baron, président de la commission numérique du CNB. « Un tiers de la profession n’a pas voulu y aller, au prétexte que l’ancien e-Barreau est encore fonctionnel. »

Certains avocats utilisent conjointement les deux plateformes et dénoncent un surcoût. « C’est justement pour éviter ce surcoût que nous avons une V2. Au départ, nous avons préféré garder la version antérieure pour nous épargner le big-bang du guichet unique et le même fiasco. » Voulu par la loi PACTE, le lancement du Guichet unique réunissant toutes les démarches administratives de sociétés avait engendré d'importants soucis de fonctionnement pour les tribunaux de commerce.

Une ancienne version techniquement obsolète

Le CNB a tiré les leçons de ce mauvais démarrage en conservant les deux plateformes pour une transition en douceur. Mais, il est temps de passer à autre chose, estime le Conseil, car l’ancienne plateforme d’e-Barreau est parfaitement obsolète : « plus aucun développeur n’est en mesure de coder cette ancienne version », explique l’avocat en charge des questions numériques.

Initialement prévu pour 2022, le lancement du nouvel e-Barreau a finalement été reporté de 3 ans pour des questions « de sécurité et de fiabilité ». Elles sont désormais réglées, indique le CNB, qui fait valoir un outil parfaitement sécurisé et de nouvelles modalités en phase avec les besoins des avocats.

Tous les avocats ne sont pas encore formés

Dernière avancée en date : les logiciels de gestion de cabinet (LGC), très utilisés par la profession, sont compatibles avec le nouvel e-Barreau, et ce, depuis juin dernier. La capacité de stockage a été multipliée, passant de 200 Mo à 5 Go, environ 30 fois plus qu’avant, « ce qui permet de conserver des messages ce que l’ancienne plateforme ne permet pas ».

Autres avancées notoires : une organisation par dossier pour faciliter leur suivi et un accès à toutes les juridictions pénales avec lesquelles on peut correspondre, soit environ 3000 adresses. « C’est un changement radical de notre façon de travailler, un nouvel outil-métier. Les actes se font différemment », insiste Philippe Baron. 

« Mais le besoin de formation des avocats est encore important », reconnaît le chargé du numérique, qui renvoie aux 300 ambassadeurs relais qui dispensent, dans l’ensemble des barreaux de France et de Navarre, des formations à ce nouvel outil. Une formation en ligne est aussi disponible sur le site du CNB ainsi qu’un site d’e-assistance. Comme un petit goût de devoirs de vacances…

Delphine Schiltz

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