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L’homme à la tête de la chambre nationale des commissaires de justice veut faire grandir sa profession de tous les côtés, alors que la profession aperçoit une embellie après plusieurs années d’instabilité économique.
Le président de la chambre
nationale des commissaires de justice (CNCJ) l'a martelé : « La
volonté et la détermination du bureau [de la chambre] n’ont pas faibli un instant
malgré une année écoulée complexe. »
À l’occasion du 3e
congrès national des commissaires de justice axé sur le futur de la profession créée en 2022, Benoît Santoire s’est réjoui en ouverture de l'événement jeudi 12 décembre de l’évolution de la
profession, à commencer par les changements opérés dans la
formation, « priorité absolue, afin de proposer un cursus d’excellence
en toute circonstance ». Première mesure : la création de l’école
de formation des salariés des commissaires de justice (EFSCO), qui « a permis
de redonner à la formation de nos collaborateurs l’assise académique solide qui
lui manquait ». L’institut national de formation des commissaires de
justice (INCJ), ouverte en 2021 a vu son nombre d’admis atteindre des sommets :
158 candidats ont réussi le dernier examen, « un niveau de réussite
exceptionnel », a assuré Benoît Santoire.
Côté règlementaire, le président
de la CNCJ a souligné l’entrée en vigueur le 1er mars dernier du
code de déontologie des commissaires de justice. « Il donne à la profession
un cadre unifié de devoirs unifiés de devoirs commun. » La réforme des
instructions comptables entrera en vigueur le 1er janvier 2025. La
nouvelle convention collective des commissaires de justice est « pleinement
opérationnelle », a estimé le président. Signée en 2022, elle a été
modifiée en juillet dernier pour garantir une grille salariale unique quel que
soit la profession d’origine.
Benoît Santoire a
particulièrement appuyé sur la promulgation en juillet dernier d’un décret
reconnaissant le commissaire de justice comme professionnel qualifié pour la
gestion des comptes de tutelle, matière à laquelle il s’est dit « très
attaché ».
En ce qui concerne les
activités accessoires, le président de la CNCJ s’est félicité du droit d’assurer
l’intermédiation de la vente des biens dont le commissaire de justice a la
gestion, depuis le 1er septembre dernier.
Benoît Santoire a aussi fait
un point sur la santé économique de la profession : « Après des
années très difficiles, la profession commence à redresser la tête avec de
vrais signes de reprise et des résultats encourageants. »
La réforme du service de compensation
des transports (SCT), désormais appelé service de compensation des frais de
déplacement, a conféré à la profession un gain annuel de plus de 27 millions d’euros,
a annoncé le président de la CNCJ sous les applaudissements des professionnels
présents au congrès.
Le représentant des
commissaires de justice a assuré avoir les oreilles de la Chancellerie et de
Bercy : « Nous avons réussi à être entendus au plus haut, dans un
climat de confiance qui engage aussi notre responsabilité. » S’adressant
à Valérie Delnaud, nouvelle directrice des affaires civiles et du sceau, Benoît
Santoire a salué « le souci constant de la DACS de faire progresser les
commissaires de justice au nom de l’intérêt général ».
Mais Benoît Santoire ne veut
pas s’arrêter en si bon chemin : « De nombreux chantiers restent à
mener à terme. » Objectif principal : parfaire le modèle
économique de la profession, notamment avec une meilleure utilisation des
données et la mise en place d’un nouveau plan comptable « qui devra
permettre de mieux refléter la diversité de la profession ».
La réforme de la saisie des
rémunérations, présente dans la loi d’orientation et de programmation du
ministère de la Justice 2023-2027 devra être menée à terme. Elle entrera en vigueur
au plus tard le 1er juillet prochain. « Nous savons à quel
point cette réforme a été longue à inscrire dans la loi. Nous avons conscience
des défis et de nos responsabilités pour faire de cette réforme un succès sur
le long terme, pour le justiciable comme pour l’État. »
Le CNCJ souhaite aussi
renforcer les synergies « entre professionnels d’horizons divers »
et ouvrir une discussion sur la périodicité des évolutions du tarif et de la
carte : « Deux ans sont un délai bien trop court pour offrir une stabilité
économique à nos offices après plusieurs années de récession. Nous avons besoin
de souffler », a demandé Benoît Santoire à la directrice des affaires
civiles et du sceau, alors que la recommandation de l’autorité de la
concurrence sur l’installation de nouveaux professionnels devrait être connue
au début de l’été.
La profession veut également s’impliquer dans la prévention des impayés des factures électroniques,
dont la généralisation est prévue entre 2026 et 2027. Une convention est aussi
envisagée avec la direction des affaires criminelles et des grâce concernant
les audiences pénales.
Avec tous ces projets, la
CNCJ présidée par Benoît Santoire compte faire en sorte que le commissaire de
justice intervienne sur tous les fronts, alors que la profession semble encore
pour l’heure chercher sa raison d’être.
Alexis
Duvauchelle
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