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Trois listes sont en compétition pour le scrutin qui se déroule du 4 au 18 novembre, dont celle de Cécile de Saint Michel, candidate à sa propre succession.
Les jeux seront bientôt
faits. Les élections à la présidence du Conseil national de l’Ordre des
experts-comptables ont démarré ce lundi 4 novembre. L’ensemble des
experts-comptables inscrits à l’Ordre peuvent voter jusqu’au 18 novembre 2024
prochain, en même temps que l’élection de leur conseil régional.
Trois listes se sont portées
candidates, chacune avec une (ou deux) tête(s) de liste. Tour d’horizon de
leurs propositions.
Cécile de Saint Michel, un
nouveau mandat dans la continuité
L’actuelle présidente du
CNOEC est candidate à sa propre succession. Diplômée en 1997 et installée en
2000, elle gère aujourd’hui un cabinet d’une trentaine de personnes en
Seine-et-Marne. Elle a cofondé en 2022 le mouvement Ensemble pour agir (EPA), avec
lequel elle fait campagne.
Le premier axe de son
programme concerne l’accompagnement des cabinets d’expertise-comptable. Un
« vrai enjeu que l’on ne peut pas régler en l’espace de deux
années de mandature », explique-t-elle. Elle souhaite continuer de déployer
le plan d’accompagnement « Profession comptable 2030 », doté de 4,5
millions d’euros.
Autre poursuite de projet, le
data lake « La Source » lancé au dernier congrès de la
profession. Cécile de Saint Michel a pour objectif de passer des conventions
avec les éditeurs de logiciels de comptabilité, afin de récupérer plus
facilement les fichiers des écritures comptables des clients des
experts-comptables.
L’actuelle présidente du
CNOEC souhaite aussi repenser la sous-traitance dans la profession, interdite à
un non-membre de l’Ordre depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2022.
« Cela pose des problèmes en raison des soucis de recrutement dans les
cabinets », regrette Cécile de Saint Michel, qui propose de monter un
groupe de travail transpartisan pour « réfléchir à la façon dont on
pourrait adapter la sous-traitance à la profession d’expert-comptable ».
La liste EPA propose aussi
une refonte des diplômes d’expertise comptable DCG, DSCG et DEC. La réforme du diplôme
de comptabilité et de gestion (DCG) en blocs de compétences a d’ores-et-déjà
été votée. Même chose pour le diplôme supérieur de compatibilité et de gestion
(DSCG) qui pourrait mieux intégrer les domaines du numérique et de la
durabilité. Reste maintenant au ministère de l’Enseignement supérieur de
valider cette réforme.
La réforme du diplôme
d’expertise comptable (DEC) n’est quant à elle pas encore commencée. La
candidate souhaiterait faire passer les épreuves de déontologie et l’étude de
cas pratique la première année, pour une meilleure répartition, afin de
privilégier le mémoire dans les deux dernières années. « On ne baisse
pas le niveau », rassure-t-elle.
Toujours côté éducation,
Cécile de Saint Michel souhaite renouveler le modèle de l’école francilienne Sup’Expertise,
située à Courbevoie et issue de la fusion en 2022 entre l’Institut régional de
formation de l’Ordre des experts-comptables de Paris avec le centre
d’apprentissage ACE, dans d’autres régions.
La présidente sortante loue
son programme global, composé de 26 propositions. Quand nous l’interrogeons sur
ses concurrents, elle a confiance dans les idées de sa liste : « Nous
avons des idées qu’ils n’ont pas ! »
Florent Burtin et Damien
Charrier, deux hommes pour un mandat
Respectivement président et premier
vice-président de l’Institut français des experts-comptables et des
commissaires aux comptes (IFEC), Florent Burtin et Damien Charrier proposent
une candidature en duo pour ces élections. Damien Charrier effectuera la
première partie de la mandature jusqu’en 2026, quand Florent Burtin assurera la
dernière partie jusqu’en 2028.
Les
deux candidats affichent six ambitions. Tout d’abord, ils souhaitent simplifier
la vie des cabinets et des collaborateurs : « Il s’agit d’affirmer l’identité numérique
professionnelle de l’expert-comptable car notre rôle est d’être le tiers
déclarant pour nos clients, dans le cadre du mandat implicite en matières
fiscale et sociale. » Le duo compte créer une commission permanente afin de pointer les
changements nécessaires pour créer « une
véritable identité numérique professionnelle, au-delà de la signature
électronique ou du mandat implicite ».
Florent Burtin et Damien
Charrier souhaitent aussi accélérer le virage numérique de la profession, et
notamment développer une IA générative souveraine, fermée et sécurisée et
rendre plus efficient le data lake. Les dirigeants de l’IFEC insistent
sur la nécessité de sécuriser les relations avec les partenaires, « tester
leur fiabilité, siffler les hors-jeux ». Cela passerait par la création d’un
label partenaire de la profession comptable, prenant en compte la
cybersécurité, mais aussi les tarifs, les CGU et les CGV.
Côté formation, le duo
souhaite assurer les formations socles, mettre en place un passeport
collaborateur pour référencer les compétences et assurer des parcours
qualifiants sur des métiers récurrents, tels que le contrôle de gestion
externalisé, le cost-killing ou full service.
Les deux hommes ont aussi
pour objectif de conforter le rôle de profession règlementée pour
l’expert-comptable : « Notre profession réglementée est une force,
nos missions essentielles pour nos clients. » Le duo compte développer
des missions de recherche universitaire pour démontrer que « la
réglementation est au service d’un marché efficient ».
Au niveau de la gouvernance
du Conseil, Florent Burtin et Damien Charrier ont pour objectif de
donner plus de liberté d’actions aux conseils régionaux. Ils ambitionnent
par ailleurs de valoriser les territoires ultramarins. « Nous serons à
l’écoute et intégrerons l’outre-mer dans chacune de nos réflexions et serons
force de proposition auprès des pouvoirs publics et des acteurs locaux »,
assurent-ils.
Les deux candidats veulent se
démarquer de leurs concurrents en mettant en avant leur syndicat, « avec
une expérience de 62 ans sur le terrain pour la défense et le développement
de nos missions ». Le duo considère que sa principale différence avec la
gouvernance actuelle du CNOEC concerne la transparence et la volonté de donner
la parole à tous : « Nous ne voulons pas d’un CNOEC parisien sans ancrage
régional ou sans les compétences et l’expérience nécessaires aux enjeux si
importants qui attendent notre profession. »
Jean-Luc Flabeau, l’accent
sur les ressources humaines
Tête de liste du syndicat
Experts-comptables et commissaires aux comptes de France (ECF), Jean-Luc
Flabeau compte avant toute chose décréter « l’état d’urgence sur le
recrutement et la gestion des ressources humaines », est-il indiqué sur le
programme du syndicat. Objectif : améliorer l’attractivité et le recrutement
dans la profession. Le candidat a pour ambition de créer ECMA RH, qui aura pour
but d’évaluer les besoins en ressources humaines dans les cabinets. « Chacun
des 22 000 experts-comptables de France bénéficiera d’une véritable boite à outils
au service du recrutement et de la fidélisation des collaborateurs. »
À cela s’ajoutera une nouvelle plateforme, jerecrute.com, qui « travaillera
en partenariat avec l’ensemble des écoles sur le territoire pour mettre en
relation avec les cabinets tous les jeunes en recherche de contrats d’apprentissage
ou de professionnalisation ». Des campagnes de communication seront menées
pour répondre « aux besoins d’attractivité territoriale ».
La tête de liste ECF compte
elle aussi mettre l’accent sur la transition numérique. Avec à la clé des
objectifs ambitieux : asseoir la position de leader du CNOEC dans la mise en
place de la facture électronique dans les PME, confirmer son rôle de garant et
de bouclier pour la sécurité des données, protéger le patrimoine numérique des experts-comptables
et de leurs clients, et devenir un interlocuteur influent face aux éditeurs « pour
rééquilibrer la relation entre cabinets et éditeurs ». Le candidat
compte pour cela notamment accélérer sur l’IA, en lançant « un chantier
IA pour faire émerger de nouvelles missions et former [les] équipes »,
déployer un archivage électronique sécurisé, et lancer un label destiné aux
éditeurs partenaires qui assureraient aux experts-comptables la sécurité de
leurs données.
En ce qui concerne l’évolution
des missions de la profession, Jean-Luc Flabeau a pour objectif de rendre le
marché de la RSE et de l’extra-financier accessible au plus grand nombre, via
la création d’un cycle de formation dédié, « doté d’un fonds spécifique
de financement pour encourager un maximum de cabinets à former leurs équipes ».
Le candidat propose aussi la mise en place d’un fonds de garantie pour aider
les jeunes professionnels à réussir leur installation.
Pour mettre en œuvre ces
changements, le candidat d’ECF mise sur un Conseil de l’Ordre plus militant :
« Notre profession s’ouvre vers un très large écosystème, le
corporatisme n’est plus d’actualité. » Pour Jean-Luc Flabeau, « il
est urgent que le CNOEC redevienne la vitrine de la profession, interlocuteur
reconnu et respecté par les pouvoirs publics, consulté dès lors qu’un projet de
loi, un règlement ou une réforme concernant l’économie sont envisagés ».
Alexis
Duvauchelle
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