Qui sont les candidats à la présidence du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables ?


mercredi 6 novembre 20246 min

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Trois listes sont en compétition pour le scrutin qui se déroule du 4 au 18 novembre, dont celle de Cécile de Saint Michel, candidate à sa propre succession.

Les jeux seront bientôt faits. Les élections à la présidence du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables ont démarré ce lundi 4 novembre. L’ensemble des experts-comptables inscrits à l’Ordre peuvent voter jusqu’au 18 novembre 2024 prochain, en même temps que l’élection de leur conseil régional.

Trois listes se sont portées candidates, chacune avec une (ou deux) tête(s) de liste. Tour d’horizon de leurs propositions.

Cécile de Saint Michel, un nouveau mandat dans la continuité

L’actuelle présidente du CNOEC est candidate à sa propre succession. Diplômée en 1997 et installée en 2000, elle gère aujourd’hui un cabinet d’une trentaine de personnes en Seine-et-Marne. Elle a cofondé en 2022 le mouvement Ensemble pour agir (EPA), avec lequel elle fait campagne.

Le premier axe de son programme concerne l’accompagnement des cabinets d’expertise-comptable. Un « vrai enjeu que l’on ne peut pas régler en l’espace de deux années de mandature », explique-t-elle. Elle souhaite continuer de déployer le plan d’accompagnement « Profession comptable 2030 », doté de 4,5 millions d’euros.

Autre poursuite de projet, le data lake « La Source » lancé au dernier congrès de la profession. Cécile de Saint Michel a pour objectif de passer des conventions avec les éditeurs de logiciels de comptabilité, afin de récupérer plus facilement les fichiers des écritures comptables des clients des experts-comptables.

L’actuelle présidente du CNOEC souhaite aussi repenser la sous-traitance dans la profession, interdite à un non-membre de l’Ordre depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2022. « Cela pose des problèmes en raison des soucis de recrutement dans les cabinets », regrette Cécile de Saint Michel, qui propose de monter un groupe de travail transpartisan pour « réfléchir à la façon dont on pourrait adapter la sous-traitance à la profession d’expert-comptable ».


La liste EPA propose aussi une refonte des diplômes d’expertise comptable DCG, DSCG et DEC. La réforme du diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) en blocs de compétences a d’ores-et-déjà été votée. Même chose pour le diplôme supérieur de compatibilité et de gestion (DSCG) qui pourrait mieux intégrer les domaines du numérique et de la durabilité. Reste maintenant au ministère de l’Enseignement supérieur de valider cette réforme.

La réforme du diplôme d’expertise comptable (DEC) n’est quant à elle pas encore commencée. La candidate souhaiterait faire passer les épreuves de déontologie et l’étude de cas pratique la première année, pour une meilleure répartition, afin de privilégier le mémoire dans les deux dernières années. « On ne baisse pas le niveau », rassure-t-elle.

Toujours côté éducation, Cécile de Saint Michel souhaite renouveler le modèle de l’école francilienne Sup’Expertise, située à Courbevoie et issue de la fusion en 2022 entre l’Institut régional de formation de l’Ordre des experts-comptables de Paris avec le centre d’apprentissage ACE, dans d’autres régions.

La présidente sortante loue son programme global, composé de 26 propositions. Quand nous l’interrogeons sur ses concurrents, elle a confiance dans les idées de sa liste : « Nous avons des idées qu’ils n’ont pas ! »

Florent Burtin et Damien Charrier, deux hommes pour un mandat

Respectivement président et premier vice-président de l’Institut français des experts-comptables et des commissaires aux comptes (IFEC), Florent Burtin et Damien Charrier proposent une candidature en duo pour ces élections. Damien Charrier effectuera la première partie de la mandature jusqu’en 2026, quand Florent Burtin assurera la dernière partie jusqu’en 2028.

Les deux candidats affichent six ambitions. Tout d’abord, ils souhaitent simplifier la vie des cabinets et des collaborateurs : « Il s’agit d’affirmer l’identité numérique professionnelle de l’expert-comptable car notre rôle est d’être le tiers déclarant pour nos clients, dans le cadre du mandat implicite en matières fiscale et sociale. » Le duo compte créer une commission permanente afin de pointer les changements nécessaires pour créer « une véritable identité numérique professionnelle, au-delà de la signature électronique ou du mandat implicite ».

Florent Burtin et Damien Charrier souhaitent aussi accélérer le virage numérique de la profession, et notamment développer une IA générative souveraine, fermée et sécurisée et rendre plus efficient le data lake. Les dirigeants de l’IFEC insistent sur la nécessité de sécuriser les relations avec les partenaires, « tester leur fiabilité, siffler les hors-jeux ». Cela passerait par la création d’un label partenaire de la profession comptable, prenant en compte la cybersécurité, mais aussi les tarifs, les CGU et les CGV.


Côté formation, le duo souhaite assurer les formations socles, mettre en place un passeport collaborateur pour référencer les compétences et assurer des parcours qualifiants sur des métiers récurrents, tels que le contrôle de gestion externalisé, le cost-killing ou full service.

Les deux hommes ont aussi pour objectif de conforter le rôle de profession règlementée pour l’expert-comptable : « Notre profession réglementée est une force, nos missions essentielles pour nos clients. » Le duo compte développer des missions de recherche universitaire pour démontrer que « la réglementation est au service d’un marché efficient ».

Au niveau de la gouvernance du Conseil, Florent Burtin et Damien Charrier ont pour objectif de donner plus de liberté d’actions aux conseils régionaux. Ils ambitionnent par ailleurs de valoriser les territoires ultramarins. « Nous serons à l’écoute et intégrerons l’outre-mer dans chacune de nos réflexions et serons force de proposition auprès des pouvoirs publics et des acteurs locaux », assurent-ils.

Les deux candidats veulent se démarquer de leurs concurrents en mettant en avant leur syndicat, « avec une expérience de 62 ans sur le terrain pour la défense et le développement de nos missions ». Le duo considère que sa principale différence avec la gouvernance actuelle du CNOEC concerne la transparence et la volonté de donner la parole à tous : « Nous ne voulons pas d’un CNOEC parisien sans ancrage régional ou sans les compétences et l’expérience nécessaires aux enjeux si importants qui attendent notre profession. »

Jean-Luc Flabeau, l’accent sur les ressources humaines

Tête de liste du syndicat Experts-comptables et commissaires aux comptes de France (ECF), Jean-Luc Flabeau compte avant toute chose décréter « l’état d’urgence sur le recrutement et la gestion des ressources humaines », est-il indiqué sur le programme du syndicat. Objectif : améliorer l’attractivité et le recrutement dans la profession. Le candidat a pour ambition de créer ECMA RH, qui aura pour but d’évaluer les besoins en ressources humaines dans les cabinets. « Chacun des 22 000 experts-comptables de France bénéficiera d’une véritable boite à outils au service du recrutement et de la fidélisation des collaborateurs. » À cela s’ajoutera une nouvelle plateforme, jerecrute.com, qui « travaillera en partenariat avec l’ensemble des écoles sur le territoire pour mettre en relation avec les cabinets tous les jeunes en recherche de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation ». Des campagnes de communication seront menées pour répondre « aux besoins d’attractivité territoriale ».

La tête de liste ECF compte elle aussi mettre l’accent sur la transition numérique. Avec à la clé des objectifs ambitieux : asseoir la position de leader du CNOEC dans la mise en place de la facture électronique dans les PME, confirmer son rôle de garant et de bouclier pour la sécurité des données, protéger le patrimoine numérique des experts-comptables et de leurs clients, et devenir un interlocuteur influent face aux éditeurs « pour rééquilibrer la relation entre cabinets et éditeurs ». Le candidat compte pour cela notamment accélérer sur l’IA, en lançant « un chantier IA pour faire émerger de nouvelles missions et former [les] équipes », déployer un archivage électronique sécurisé, et lancer un label destiné aux éditeurs partenaires qui assureraient aux experts-comptables la sécurité de leurs données.


En ce qui concerne l’évolution des missions de la profession, Jean-Luc Flabeau a pour objectif de rendre le marché de la RSE et de l’extra-financier accessible au plus grand nombre, via la création d’un cycle de formation dédié, « doté d’un fonds spécifique de financement pour encourager un maximum de cabinets à former leurs équipes ». Le candidat propose aussi la mise en place d’un fonds de garantie pour aider les jeunes professionnels à réussir leur installation.

Pour mettre en œuvre ces changements, le candidat d’ECF mise sur un Conseil de l’Ordre plus militant : « Notre profession s’ouvre vers un très large écosystème, le corporatisme n’est plus d’actualité. » Pour Jean-Luc Flabeau, « il est urgent que le CNOEC redevienne la vitrine de la profession, interlocuteur reconnu et respecté par les pouvoirs publics, consulté dès lors qu’un projet de loi, un règlement ou une réforme concernant l’économie sont envisagés ».

Alexis Duvauchelle

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