Remise du Prix des droits de l’homme de la République française 2017 - 30e édition


jeudi 28 décembre 2017 à 15:564 min

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Nicole Belloubet, la ministre de la Justice et Christine Lazerges, la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ont remis, ce jour, le Prix des droits de l’homme de la République française 2017, prix créé en 1988 et doté, par le Premier ministre, à cinq ONG venues de Russie, Chine, Mauritanie, Égypte et Pakistan. Cette année, les deux thèmes qui ont départagé les candidats étaient « Liberté d’information, liberté de la presse et journalisme » et « Promotion et protection des droits sexuels et reproductifs ».


« Je suis très honorée de présider pour la première fois la remise du Prix des Droits de l’homme de la République française - Liberté Égalité Fraternité - et de mettre ainsi à l’honneur une idée et une action. L’idée ainsi valorisée, c’est ce que nous avons de plus précieux, les droits de l’homme », a déclaré Nicole Belloubet, la garde des Sceaux en ouverture de la cérémonie.


Depuis 1988, le « Prix des Droits de l’homme de la République française - Liberté - Égalité – Fraternité » est décerné chaque année par la CNCDH. Cette récompense a pour objectif de distinguer des actions concrètes et des projets de terrain portant sur la protection et la promotion effectives des droits de l’homme, dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme sans distinction de nationalité ou de frontière.


Il est en général remis par la Premier ministre chaque 10 décembre à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme proclamée par les Nations unies. Pour cette 30e édition, la ministre de la Justice, accompagnée de Christine Lazerges, présidente de la CNCDH ont accueilli place Vendôme les cinq organisations non-gouvernementales lauréates, venues de Chine, Russie, Mauritanie, Pakistan et Égypte. Ces dernières ont chacune reçu une dotation de 14 000 euros en récompense de leurs actions qui répondaient aux exigences des deux thèmes retenus cette année, soit la liberté d’information, la liberté de la presse et le journalisme d’une part, et la promotion, la protection des droits sexuels et reproductifs, d’autre part. Des mentions spéciales ont également été décernées à cinq autres associations. Le prix a encore une fois obtenu beaucoup de succès, puisque 160 associations issues de 57 pays ont présenté un projet.


Concernant le thème n° 1, la CNCDH explique l’avoir choisi, car « La liberté d’information et la liberté de la presse sont des corollaires essentiels de la liberté d’opinion et d’expression et constituent des piliers d’une société démocratique, fondée sur le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture. Dans cette perspective, le journalisme et son exercice libre constituent des conditions préalables à la protection et la promotion de tous les autres droits humains ». Les lauréats dans cette catégorie étaient les suivants : Freedom Network (association pakistanaise dont les deux objectifs principaux du projet présenté étaient l’amélioration des compétences professionnelles des journalistes et bloggeurs d’orientation religieuse minoritaire ou athées et le renforcement de la sécurité de ces derniers), et le Centre d’initiatives pour le Caucase (dont l’objectif principal est de contribuer au développement de la société civile et de la promotion de la liberté d’expression dans le nord Caucase). Les ONG ayant reçu une mention spéciale pour ce thème ont été l’Observatoire congolais des médias et l’Observatoire Haïtien des droits humains.


Quant au deuxième thème, promotion et protection des droits sexuels et reproductifs, pour la Commission, « L’accès aux services et aux droits de santé sexuelle et reproductive est l’une des conditions nécessaires pour mener une vie digne, épanouissante et en bonne santé. Il s’agit également d’un levier incontournable de l’émancipation féminine et de l’égalité de genre ». Les ONG qui ont vu leurs actions reconnues ont été SOS Urgence (association née en Mauritanie dont l’objectif global est de contribuer à l’amélioration des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles dans la ville de Boghé où existent encore des mutilations sexuelles féminines et des mariages forcés et précoces), l’Association égyptienne de promotion des droits sexuels et reproductifs protégeant les personnes LGBTI (anonyme), ainsi que l’association chinoise de promotion des droits sexuels et reproductifs protégeant les personnes LGBTI (anonyme). Deux autres ONG ont reçu des mentions spéciales : le centre de réflexions et d’actions pour le développement intégré et la solidarité (CeRADIS) venu du Bénin, et IDEAS Informacion y Disenos Educativos para Acciones Saludes A.C (ONG née au Mexique) et Groupe d’Initiatives Nationales pour les droits de l’Enfant (GIN) issu du Pérou.


Cette année marquait la 30e édition de ce prix, et c’est au total plus de 200 associations qui ont été récompensées durant toutes ces années. Elles ont d’ailleurs été conviées à participer à un recueil de témoignages pour illustrer l’impact du Prix et l’utilisation de leur dotation. « La longévité de ce prix marque l’engagement continu de la France et de la CNCDH pour la protection des défenseurs des droits de l’homme qui tous les jours œuvrent avec engagement et courage pour défendre la dignité humaine et la justice », a déclaré Christine Lazerges lors de la cérémonie.

 


Maria-Angélica Bailly


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