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Simone Monthioux naît le 8 mai 1945, jour de
paix.
Ses deux grands-pères sont maçons limousins, ses deux
grand-mères bonnes et ses parents instituteurs. Rien ne la destine aux études
juridiques, d’autant qu’elle est douée en mathématiques. Mais elle lit le livre
de Gilbert Cesbron Chiens perdus sans collier, évocation d'un juge
des enfants soucieux du sort des jeunes délinquants issus de milieux
défavorisés (1) et regarde le film de Luis Buñuel Los
Olvidados (2), portrait d'un jeune délinquant des bidonvilles de
Mexico. Ce sera donc une licence de droit à Bordeaux puis le concours de la
magistrature. Elle n’a pas de modèle féminin, elle pense plutôt conquêtes
sociales et idéal de justice (3).
L’année 1968 perturbe
les examens, et c’est en mars 1969 qu’elle rentre au Centre national
d’études judiciaires avec 67 auditeurs, dont un quart sont des femmes.
Elle est la seule déjà mariée et mère d’une fille. Lors de la répartition de
postes, elle emmène un groupe de cinq femmes à la Chancellerie pour revendiquer
d'être nommée proche de leur conjoint. Elle prête serment en 1971.
Première femme juge d’instruction à Bordeaux - 1973
Elle prend un poste au parquet de Chaumont puis
devient la première juge d’instruction à Bordeaux à l’âge de 28 ans.
Bizutée, elle est accueillie par des ricanements,
expressions du machisme de la police nationale. Elle est intraitable sur les
violences policières ou les disparitions d’objets saisis, et la police, qui
estime qu’elle est mise en cause plus que les prévenus lors des présentations
dans son cabinet, refuse de participer aux réunions si elle est présente.
Le parquet, qui décide encore à l’époque des juges
d’instruction à saisir, cherche à l’éviter. Elle doit insister pour être
désignée dans le dossier de Luis Carrero Blanco, assassiné par l'organisation
séparatiste basque ETA en 1973.
Son comportement de femme libre et déterminée
surprend. Sa traditionnelle greffière voit d’un mauvais œil qu’elle vienne au
palais en pantalon (4).
Lorsque le moment de la liste d’aptitude arrive, son
président lui explique qu’il ne va pas proposer sa promotion, car son époux
magistrat vient d’arriver à Bordeaux et qu’il convient de ne pas « encore
les séparer ». Elle est cependant nommée Premier juge d’instruction
(première spécialisée en économique et financier) puis vice-présidente à
Bordeaux.
Mais ce qui l’occupe pendant cette décennie, c’est le
militantisme syndical. Elle est à l’aise avec l’esprit du syndicat de la
magistrature, et en accord avec la harangue de Beaudot (5) : la
défense des plus faibles, pauvres, consommateurs, prisonniers. Elle considère Casamayor (6), qui rappelle au juge que
« l’attention ne suffit pas il faut aussi l’inquiétude »,
comme un père spirituel.
Simone Gaboriau devient déléguée de la très active
section syndicale de Bordeaux, qui regroupe les magistrat.e.s des juridictions
et de l’école.
Elle conteste et
revendique. Elle est porte-parole dans la presse locale, organise une
manifestation en robes, cours d’Albret, avec les avocats pour contester les
positions d’Alain Peyrefitte garde des Sceaux.
Leur rencontre à l’École nationale de la magistrature
est tendue, elle parle de perte de confiance des juges en leur ministre, il
refuse de prendre le courrier du syndicat qu’elle lui tend.
Elle anime la réflexion locale en organisant des
colloques à l’ENM sur les sujets d’actualité : les prisons, la peine de
mort, les affaires familiales. Des films traitants de la délinquance sont
projetés, des conférences de presse suivent.
En quelques années, Simone Gaboriau devient une figure
régionale majeure. Contrairement à beaucoup de syndiqué.e.s de l’époque, elle
n’a pas sa carte au Parti communiste ou au Parti socialiste, elle ne souhaite
pas être une politique mais une humaniste.
Elle participe au positionnement interne des
« juges rouges » au sein de l’institution judiciaire, qui renvoient
leurs évaluations aux chefs de Cour sans les ouvrir, prennent la parole
bruyamment en assemblées générales et contestent la hiérarchie. En retour, remontrances,
blâmes et refus de promotion leur sont opposés.
Les femmes sont encore peu nombreuses dans la
magistrature de ces années 70, mais présentes au SM. Hommes et femmes
militent ensemble sur les sujets qui les préoccupent, et débattent en congrès annuels
à Paris, temps paroxystiques, que « personne ne veut rater ».
Simone Gaboriau y est remarquée. Aucune règle ne
limite les prises de parole et tout peut se passer, comme déclarer la prison
hors-la-loi ou tricoter. Elle fait preuve d’habileté dans cet exercice
complexe, reste parfois en retrait, négocie régulièrement en aparté, propose
souvent suspensions et amendements.
Sans jamais hausser le ton, ni accélérer le rythme,
elle sait faire entendre sa voix. Rigoureuse et pugnace, discutant
passionnément pendant des heures, elle prend sa place au sein du syndicat avec
persévérance et brio. Sa réputation est de garder son
cap, de « ne jamais rien lâcher ».
En 1979, elle fait une déclaration au congrès sur le
syndicalisme à Bordeaux. Poussée par ses ami.e.s, elle est élue au Conseil
national, où elle se rend une fois par mois. Samedi/dimanche, six heures de
train, deux enfants en bas âge. Ces réunions lui pèsent parfois, entourée
d’hommes qui débattent, longuement et nuitamment, dans des locaux modestes et enfumés.
Le fait syndical dans la magistrature
La magistrature ne connait pas de syndicat jusqu’en
1968.
Au mois de mai, l’association des auditeurs et anciens
auditeurs de justice (AAAAJ) (7) s’interroge
sur le défaut d’indépendance de la justice vis-à-vis de l’exécutif :
« est-il utopique de penser qu’une fois encore sous prétexte de
sérénité, une initiative de réforme ne puisse être prise par les
magistrats ? Ses membres doivent se réunir en assemblée générale
extraordinaire pour décider de sa transformation en syndicat (8). »
Simone Gaboriau écrit : « Les premiers magistrats syndiqués, frappés par
l'énorme décalage existant entre la réalité judiciaire qu'ils découvraient
comme auditeurs de justice ou jeunes magistrats et l'idée, très haute, qu'ils
s'étaient faite de la justice avant de la connaître, s’étaient tournés vers la
création d’un syndicat, le premier dans la magistrature, comme, "thérapie de groupe d’un grand corps judiciaire malade". »
Le 8 juin 1968, le syndicat de la magistrature
est fondé, par des hommes (9). C’est cependant une femme, Nicole Obrégo, qui,
en contestant devant le Conseil d’État un avertissement qui lui avait été
notifié suite à une action au sein de sa section du tribunal de Troyes, permet
la reconnaissance du fait syndical dans la magistrature, par un arrêt du 1er décembre
1972.
Le 21 septembre 1974, l’Union syndicale des
magistrats est à son tour créée. Il faudra attendre 2014, soit 30 ans plus tard, pour que ce
syndicat soit dirigé par une femme (10).
« J’appartiens à la génération “soixante-huitarde”
mais je suis entrée dans la carrière quand mes aînés avaient déjà créé le SM.
Je fais partie de la première promotion qui suivit la fondation du Syndicat de
la Magistrature auquel j’avais très tôt adhéré.
Peu d'années d'exercice professionnel suffisaient au
magistrat débutant – mais lucide – des années 1967-1970, pour constater, avec
ahurissement, le caractère théorique de la proclamation de “l’indépendance de la justice” ; la liste des
dysfonctionnements était longue et je ne tardai pas à partager leur constat. La
création du Syndicat de la Magistrature fut un événement qui provoqua un choc
salutaire dans une magistrature habituée au silence et à l’allégeance
politique (11). »
L’ambiance est vite tendue entre le syndicat de la
magistrature et l’exécutif. En 1975, Jean Foyer, président de la Commission des
lois au Sénat et ancien garde des Sceaux, considère le SM comme une « organisation
subversive gauchiste ayant pour premier objectif la conquête du pouvoir au sein
du corps judiciaire en faisant la loi dans les assemblées générales (12) ».
Première femme présidente d’un syndicat de magistrats
– 1982
En 1981, tout change. L’arrivée d’un président
socialiste à l’Élysée va modifier radicalement la place du syndicat de la
magistrature.
Espiègle, Simone Gaboriau constate que l’ambiance
évolue à Bordeaux : tout le monde lui téléphone pour solliciter un
soutien, qui pour une décoration, qui pour une candidature. Craignant la tabula
rasa, le Premier président s’installe soudain au premier rang des colloques
du SM et cherche à s’abonner au journal du SM Justice. Elle passe
« de l’ombre maudite à la lumière protectrice ».
Au niveau national, elle est à nouveau sollicitée par
des ami.e.s. pour rentrer au bureau. Au congrès de 1982, le conseil, composé de
17 personnes dont 4 femmes, choisit un bureau de 7 militants dont 2 femmes (13).
À 37 ans, Simone Gaboriau est élue présidente du
syndicat de la magistrature au sein du ce bureau. Aucune femme n’avait encore
jamais dirigé de syndicat en France, avant Maître Sylviane Mercier au Syndicat
des Avocats de France (en 1988) ou Nicole Notat à la Confédération française
démocratique du travail (en 1992).
Elle s'interroge : « ai-je été élue
quoique femme ou parce que femme ? (14) ». Non-événement
pour certains syndicalistes (15), trouvant naturel qu’une femme soit
reconnue, son élection est pourtant un moment médiatique : elle fait
l’objet de nombreux articles de presse et fréquente les plateaux
télévisés. « J’étais présentée comme une attraction. »
Simone Gaboriau est une femme qui n’a pas l'apparence
d’une militante telle qu’on l’imagine. Ses longs cheveux blonds, sa vêture
recherchée, son élégance, peuvent dérouter. Son physique impressionne ;
c’est maquillée et sur talons hauts qu’elle prend la tête du syndicat.
Si elle constate que son action s'inscrit dans un
monde d’interlocuteurs masculins, le féminisme est un sujet accessoire pour son
syndicat, qui se concentre sur les droits de l’Homme16. Seul un groupe de
femmes est animé par Monique Guemann.
Elle estime ne pas avoir subi de sexisme dans ses
fonctions, « pas plus, pas moins que dans la vie ordinaire des femmes.
Là où on est censuré, c’est dans la prise de parole en réunion. Pour les
femmes, il faut toujours conquérir la parole. »
Quatre années de mandat – 1982-1986
Simone Gaboriau incarne le Syndicat de la magistrature
pendant quatre ans au moment où la gauche est au pouvoir pour la première fois.
« C’était une période d’espoir et de construction avec le gouvernement.
Notre positionnement était délicat : il ne fallait pas cracher dans la
soupe, mais pas devenir un satellite non plus. Je crois qu’on y est arrivé17. »
Louis Joinet, un des fondateurs du SM, conseiller à
Matignon pendant dix ans, confirme : « les retombées de la réflexion bouillonnante et
interdisciplinaire des années précédentes ne purent qu’aider le jeune syndicat de la magistrature
à ne pas se transformer en godillot vis-à-vis du pouvoir de gauche. Je dis cela
avec une reconnaissance sincère vis-à-vis des équipes qui eurent le courage de
ne pas s’aligner sur nous, ceux qui allaient passer massivement “de l’autre
côté”, celui des cabinets ministériels, notamment Simone
Gaboriau, responsable du SM à cette époque, qui a eu le courage de n’avoir
pas laissé le SM céder aux sirènes du pouvoir18. »
Cette dernière explique : « C’est vrai que nous, le bureau du SM, allions
fréquemment le voir dans son bureau de “conseiller”
pour lui faire part de nos désaccords sur telle ou telle orientation politique
(droit des étrangers, absence de réforme du statut de la magistrature etc…),
désaccords que nous ne manquions jamais de proclamer publiquement, à moins de
les avoir résolus, cas excessivement rares. »
Les relations avec Robert Badinter sont à la fois
proches, avec une réunion mensuelle, et non exemptes de reproches, car pour le
syndicat, rien ne va assez loin.
Au plan personnel, elle se souvient de ses départs en
train de nuit chaque semaine de Bordeaux vers Paris. Elle déplace les jours du
bureau au jeudi et du conseil au vendredi/samedi pour tenter une meilleure
conciliation avec la vie personnelle de chacun.e.
En mars 1986, la majorité change et la première
cohabitation (19) débute. Le mandat de Simone Gaboriau s’achève fin
1986, après quelques mois d'affrontement ouvert avec le nouveau garde des
Sceaux, Albin Chalendon.
1985 : création de MEDEL
C’est pendant le mandat de Simone Gaboriau qu’est
créée MEDEL, l’association des Magistrats Européens pour la Démocratie et les
Libertés. Elle en est à l’origine par son invitation en octobre
1983 des juges européens à se réunir
pour demander une modification de la Convention européenne des droits de
l’homme, afin d'y introduire les notions de procès équitable et de statut des
juges.
MEDEL, fondée en 1985, est un outil européen
qui, après la chute du mur de Berlin
en 1989, aide à la transition démocratique
des pays de l’est, pour définir la place de l’institution
judiciaire dans la construction d’un État de droit.
Cette vision internationale lui tient à cœur et reste
un de ses axes d’engagement jusqu’à la défense du juge Turc Murat Arslan,
condamné à dix ans de prison, dont l’association YARSAV a été dissoute au
moment du coup d’État du 15 juillet 2016. À l’occasion de la
remise du prix Václav Havel, elle prononce un discours en son nom au conseil de
l’Europe, le 9 octobre 2017.
Première femme présidente du tribunal de grande
instance de Limoges – 1990/2002
À l’issue de son mandat et après quelques années à la
cour d’appel de Bordeaux, Simone Gaboriau choisit à 45 ans d'intégrer
cette hiérarchie judiciaire décriée en devenant, non sans que cela ne soit
officiellement contesté par un collègue bordelais, présidente du tribunal de
grande instance de Limoges.
Elle constate que les justiciables ne sont pas encore
prêts, lorsqu'elle entend « mais vous être une femme, qu’est-ce que
c’est que cela ? ». Elle se fait aussi souvent appeler
« Monsieur le juge ». Même si elle ne milite pas pour la féminisation
des titres, elle insiste pour que l’on dise « Madame ».
À Limoges elle est confrontée à un monde rural où les
femmes sont sans places représentatives. Elle se souvient d’une réunion
organisée par le président du Crédit agricole où 100 personnes réunies ne
laissaient place à aucune femme. Elle s’est sentie dans un « monde de
mâles ».
En 2000, convaincue de l’importance des échanges entre
universitaires et praticiens, magistrats et avocats, elle crée à Limoges
l’association « Les Entretiens d’Aguesseau ». Sous le haut
patronage du plus illustre juriste limousin, les colloques organisés tous les
18 mois travaillent les grandes lignes d’une réflexion sur l’éthique
professionnelle du monde judiciaire au XXIe siècle.
À l'issue de 12 années,
elle ne poursuit pas un parcours de responsabilité, bien qu’elle ait été
candidate sur plusieurs postes. Avec humour, elle résume : « J’ai
été limogée pendant longtemps ». Déjà, elle entend le constat
récurrent du manque de « candidature féminine de valeur », et
se sent alors « une femme invisible ».
De 2002 à
2007, elle exerce en qualité de présidente de chambre à la cour d’appel de
Versailles, puis à Paris. En 2006, téléspectatrice, comme la France entière, de
l'audition du juge de l’affaire d’Outreau, elle est choquée de la façon dont il
est traité. Sous le coup de son indignation, elle rédige un texte, fortement
relayé, demandant à être reçue par la commission parlementaire (20), où elle
emmène une délégation de dix magistrat.e.s(21).
Simone Gaboriau a pris sa retraite en juin 2010 à
l’âge de 65 ans. Elle considère « avoir tout fait avec
engagement ».
Après elle, huit femmes ont dirigé le syndicat de la
magistrature : Adeline Hazan, Béatrice Patrie, Sabine Mariette, Evelyne
Sire-Marin, Anne Crenier-Vaudano, Emmanuelle Perreux, Françoise Marte, et
Clarisse Taron.
Au 1er juin 2021 ce sont trois
femmes qui président le Syndicat de la Magistrature, l’Union Syndicale des
Magistrats et Unité Magistrats FO : Katia Dubreuil, Céline Parisot et
Béatrice Brugère.
1) Paru en 1954, ce livre connu un grand
succès de librairie (4 millions d'exemplaires vendus) Il est adapté au
cinéma en 1955 avec Jean Gabin dans le rôle du juge des enfants.
2) Sorti en 1951, le film reçoit cette
année-là le prix de la mise en scène au festival de Cannes.
3) Entretien avec l’autrice le
29 avril 2019.
4) Souvenirs de Marie-Françoise
Lebon-Blanchard – 18 mai 2021.
5) Texte de Oswald Beaudot, magistrat,
paru en 1974 « Harangue aux magistrats qui débutent ».
6) Pseudonyme de Serge Fuster
(1911-1988), magistrat, ancien résistant, qui fit partie de la délégation
française au procès de Nuremberg.
7) Association créée en 1961.
8) Le Monde 23 mai
1968.
9) Pierre Lyon-Caen, Dominique Charvet,
Louis Joinet, Claude Parodi, Jean-Pierre Michel.
10) Virginie Duval 2014-2018.
11) « Il était une fois mai 68.
De la vocation de juge à l’engagement syndical. »
12) Le Figaro « Les
juges contre la justice ».
13) Outre Simone Gaboriau : Daniel
Lecrubier, Blandine Froment, Jean-Paul Jean, Philippe Liorca, Dominique Guyot
et François Ballouhey.
14) Entretien avec l’autrice – 29 mai
2021.
15) Souvenirs de Bernard Pierre -
29 mai 2021.
16) Désormais droits humains.
17) Propos recueillis par Floris Bressy-
Interview dans « La montagne » le 5 septembre 2013.
18) « Mes raisons d’État - Mémoires d’un épris de justice »
2013 Louis joinet.
19) François Mitterand président et
Jaques Chirac premier ministre.
20) Contribution pour la commission d’enquête
parlementaire affaire d’outreau – 1er juin 2007.
21) Contribution de chacun à lire sur le
blog paroles de juges.
Gwenola Joly-Coz,
Première présidente de la cour d'appel de Poitiers,
Membre de Femmes de Justice
Retrouvez tous les portraits de femmes pionnières, réalisés par Gwenola Joly-Coz
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