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Dans une tribune du 26 février, l’association des représentant.e.s des élèves avocat.e.s de France rappelle que leur conférer un statut leur permettrait des conditions d’étude et de vie plus décentes, et appelle ainsi à ce que l’institution représentative de la profession fasse usage de son pouvoir normatif pour voter cette réforme.
À quelques semaines d’un vote
du Conseil National des Barreaux (CNB) sur la mise en place d’un statut d’apprenti
pour les élèves-avocats sur la base du volontariat, l’association des
représentant.e.s des élèves avocat.e.s de France (AREAF) a fait entendre sa
voix, mercredi 26 février, pour aller dans le sens de cette réforme.
Dans sa tribune intitulée
« Toutes et tous uni·es
pour des élèves-avocat·es apprenti·es ! », elle réaffirme en
effet la nécessité de créer un statut pour l’élève avocat ; « première
étape décisive pour l’amélioration de [leur] formation ainsi que pour le
développement, à terme, d’un réel statut pour les élèves-avocat.e.s ».
Car pour l’heure, cette
absence de statut clair pénaliserait ces élèves « ni salarié·es, ni
vraiment stagiaires », ni avocats dans leurs démarches, aussi bien
auprès de la CAF et de France travail qu’auprès de bailleurs. « Le CNB
doit entendre les alertes sur la précarité des élèves-avocat·es et y remédier
urgemment », alerte l’association.
Actuellement, la formation de
23 mois telle qu’elle existe contraint les élèves-avocats, pointe la tribune, à
vivre plusieurs mois en dessous du seuil de pauvreté, dont trois puis six mois
sans aucune ressource, une rémunération en stage dit « PPI » (pour « Projet
pédagogique individuel », comprendre : en-dehors d’un cabinet d’avocat)
de 4,35 euros de l’heure, et enfin, entre 60 et 85 % du SMIC en cabinet.
Un statut unifié pour mettre
fin à la précarité
Une situation qui en pousserait
certains à des « tentatives de contournement infructueuses »
telles que la fraude aux bourses universitaires et au RSA, illustre la
tribune. D’autres se tournent quant à eux vers un emploi alimentaire en
parallèle de leur formation professionnelle ou, « pour les plus
téméraires », ouvrent un statut d’auto-entrepreneur, tout cela « au
détriment de leur santé physique et mentale et de leur obligation
d’assiduité », souligne l’association, qui parle de « bricolages
insuffisants et dangereux ».
Via un statut d’apprenti, les
élèves-avocats pourraient bénéficier de la gratuité de la formation ainsi que
d’un « vrai » statut avec un contrat de travail et des droits sociaux
qui lui sont liés (congés payés, cotisations à la sécurité sociale, au chômage,
à la retraite). Ce qui permettrait dans le même temps de lisser les revenus sur
une année entière, soulignait en mars dernier le Syndicat des avocats
de France (SAF).
Pour toutes ces raisons,
l’association appelle « solennellement » le CNB « à
faire usage de [son] pouvoir normatif pour voter pour la réforme du statut des
élèves-avocat·es ». Ce vote en avril fera suite à l’adoption le 13
octobre 2023 du rapport de la commission Formation du CNB sur la possibilité de
mettre en place un contrat d’apprentissage et/ou d'autres alternatives au
bénéfice des élèves-avocats pour leur conférer un véritable statut. La
commission avait émis le souhait que le prochaine mandature du CNB poursuive
les réflexions sur le sujet. Un rapport aurait dû être rendu fin 2024, mais n’a, à ce jour, pas encore été dévoilé.
Allison
Vaslin
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