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Alors que le nombre de
personnes détenues en France ne fait qu’augmenter, le barreau appelle à
réfléchir « urgemment » à un « mécanisme de régulation
carcérale » pour remédier aux conditions de
détention « extrêmement dégradées ».
Jusqu’à la fin de l’année
2023, les conditions de détention dans les prisons françaises auront fait
parler d’elles.
Dans un communiqué du 31 décembre
dernier, le barreau de Paris a de nouveau exprimé ses préoccupations vis-à-vis
des conditions de détention dans les prisons, témoignant d’un nombre
record : 75 677 personnes sont à ce jour détenues, soit 1 978 de
plus depuis le décompte de juillet 2023.
Le 13 juillet, le barreau,
« aux côtés de nombreuses autres institutions ou organisations
professionnelles », avait déjà appelé les pouvoirs publics à réagir en
proposant des moyens concrets « pour faire cesser cette suroccupation
carcérale, notamment en réfléchissant à un mécanisme de régulation carcérale ».
Une demande réitérée par le plus grand barreau de France, qui rappelle
également le taux suroccupation atteint en moyenne les 140 % puisque 61 359
places « seulement » sont opérationnelles.
En cause, les conditions de
détention fortement affectées, puisque « les maisons d’arrêt, qui
accueillent les personnes en détention provisoire ou condamnées à de très
courtes peines de prison, vivent dans des condition extrêmement dégradées »,
rapporte le barreau.
Le barreau tacle un
gouvernement « sourd »
Au-delà des chiffres
d’incarcération jamais atteints, le barreau de Paris témoigne dans ce même
communiqué de sa colère envers le gouvernement « sourd aux expériences
et demandes des personnels », et ce malgré « les promesses
incessantes mais intenables ».
Il pointe également que les
constructions de nouvelles places et de nouvelles prisons se poursuivent alors
même que des prisons pas encore sorties de terre affichent déjà un taux de
suroccupation carcérale, à l’instar de celle de Gradignan prévue pour 2027, qui
devrait être dotée de 630 places pour accueillir les 850 personnes actuellement
détenues dans la prison voisine qui sera détruite ensuite.
Le premier barreau de France,
qui estime au contraire que la décroissance carcérale permettrait d’endiguer la
suroccupation, souligne « qu’au 1er juillet 2020, après le
premier confinement, il y avait 58 695 personnes dans les prisons
françaises. Cela a pu être fait avec de vraies décisions courageuses »,
épingle-t-il.
La France s’était déjà vue
épinglée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2013 et 2020 pour son taux de
suroccupation et ses conditions inhumaines et dégradantes, puis de nouveau rappelée
à l’ordre en juillet 2023, quelques mois après s’est fait pointée
du doigt quant à la rémunération « indécente » des
travailleurs en détention.
Soutenu par plusieurs
institutions, le barreau parisien affirme qu’il continuera de dénoncer « encore
et toujours, [de] signer des tribunes, [de] participer à des collectifs, [de]
visiter des lieux de privation de liberté (…) pour dénoncer et alerter »,
car il s’agit là d’« une mission fondamentale propre à l’institution
ordinale ».
Allison
Vaslin
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