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Au titre des signataires,
l’ancien Défenseur des droits Jacques Toubon et l’avocat au barreau de Paris
Jean-Pierre Mignard, qui appellent ainsi à manifester le 21 janvier prochain
afin de faire annuler cette loi qui, selon eux, représente « un
tournant dangereux dans l’histoire de notre République ».
Après les préoccupations
exprimées par les professionnels du monde judiciaire ces dernières semaines
relatives à la loi « immigration », et notamment de la part du
Conseil national des barreaux (CNB), place à l’injonction.
Dimanche 7 janvier, l’Humanité
et Mediapart publiaient une tribune contre ce texte, accusé par certains
de porter atteinte aux droits fondamentaux des individus, et appelant à
manifester le 21 janvier prochain pour demander au président de la République
Emmanuel Macron « de ne pas promulguer cette loi », jugée
comme un « tournant dangereux dans l’histoire de notre République ».
Un « appel historique »,
selon le secrétaire national du PCF et député Fabien Roussel, l’un des 201
signataires à ce jour de la tribune, « puisqu’il rassemble amplement,
au-delà des frontières de la gauche » précise l’Humanité.
Et si les personnalités exerçant
des métiers du domaine du cinéma représentent une large partie des signataires,
des acteurs judicaires et représentants des professions libérales ont également
pris part au combat.
Des juristes parmi les
signataires
Parmi les signataires, l’on
retrouve notamment l’avocat au barreau de Paris Jean-Pierre Mignard, qui
n’avait déjà pas hésité en 2021 à tacler le président de la République – qu’il
avait pourtant soutenu en 2016 lors de sa campagne présidentielle –, dans une
interview accordée à l’Express : « Le problème de Macron, c’est
que sa doctrine, c’est lui. » Et d’indiquer en août 2022, à propos de la
suspension « aux principes de la République » des titres de
séjours prévue dans la loi immigration : « La chute de l’estime de
Macron dans l’électorat de gauche tient à ce qu’il ait livré la gestion de
l’ordre public à un pur produit de la droite sécuritaire. »
Le juriste de formation et
président de la Fédération de la Mutualité Français Éric Chenut fait également
partie des signataires, à l’instar de son prédécesseur et désormais président
du Conseil économique, social et environnemental Thierry Beaudet, et de l’ex
ministre de la justice, ancien Défenseur des droits et actuel avocat Jacques
Toubon, qui voit en cette loi « immigration » un texte mettant « en
cause des principes importants, des libertés et droits sociaux dont tout le
monde doit pouvoir jouir sur notre territoire [français], qu’ils soient
nationaux ou étrangers ».
Des syndicats et des députés
en renfort
Plusieurs syndicats ont
également rejoint le mouvement, puisque la tribune revêt aussi la signature de
la présidente du Syndicat de la magistrature Kim Reuflet et celle de la
présidente du Syndicat des avocats de France Judith Krivine. Le syndicat avait
d’ailleurs déjà réagi face à cette loi, appelant à une manifestation le 18
décembre 2023, jour de l’examen du projet de loi en commission mixte paritaire,
en soutien aux magistrats administratifs en grève. Sophie Binet, secrétaire
générale de la CGT, ou encore Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT font
elles aussi partie des parapheurs.
Par ailleurs, outre Fabien
Roussel, quatre autres députés ont apposé leur signature ; à savoir
Olivier Faure (PS), mais aussi Benjamin Saint-Huile, qui voit en cette loi une
« erreur politique et morale majeure », rapporte l’Humanité,
et enfin Cécile Rilhac (Renaissance), pour qui « ce texte est allé trop
loin », et le coordinateur national de la France insoumise Manuel
Bompard, qui a notamment indiqué ce 11 janvier, dans un tweet, déposer plainte
contre l’État pour non-assistance à personne en danger.
D’autres noms bien connus tels que celui de Benoit Hamon, ex candidat aux présidentielles de 2017 désormais directeur général de l’association française SINGA ayant pour objet l’intégration des personnes réfugiées et migrantes, ou encore Patrick Baudoin, président de la LDH, appellent donc à manifester contre la loi « immigration » : « Marchons pour la Liberté, l’Égalité, la Fraternité. »
En outre, la Conférence des
bâtonniers a annoncé avoir déposé devant le Conseil constitutionnel une
contribution extérieures « dans le cadre de son contrôle de
constitutionnalité », précise-t-elle dans un poste LinkedIn, à l’instar de
la Cimade, association de soutien politique aux migrants, qui a également participé
à la rédaction d’une série de contributions extérieures à la suite de l’adoption.
Un dépôt de la part de la Conférence qui fait suite à son communiqué du 22 décembre
dernier, où elle exprimait ses inquiétudes quant à cette loi, « les
dispositions allant à l’encontre des valeurs et droits garantis par la Constitution »
selon l’exécutif. Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision le 25 janvier
prochain.
Allison Vaslin
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