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C’est lors d’un déplacement au
centre pénitentiaire de Bois-d’Arcy (Yvelines), le 4 avril, que le ministre de
la Justice a lancé cette initiative ayant pour but d’inciter les entreprises à favoriser
le travail en détention. Le garde des Sceaux en a profité pour rappeler les
avantages que cela représente pour les détenus, mais aussi pour les
entreprises, qui se voient exemptées de formalités administratives et ont
l’opportunité de s’inscrire ainsi dans une démarche RSE.
Le 4 avril, le ministre de la
Justice Éric Dupond-Moretti s’est rendu au centre pénitentiaire de Bois-d’Arcy
afin de visiter l’un des 600 ateliers pénitentiaires de France et d’« inciter
les sociétés et partenaires à faire appel au travail en détention »,
en présence d’une soixantaine d’entreprises et de structures d’insertion, a
communiqué le ministère.
Ce déplacement a ainsi marqué
le lancement du « Tour de France du travail en détention », un
« grand événement », a assuré le garde des Sceaux lors de son
discours.
Objectif pour le ministre
depuis son arrivée à la Chancellerie : faire en sorte que 50 % de
détenus bénéficient d’une activité rémunérée d’ici 2027, contre 31 %
aujourd’hui. Pour ce faire, Éric Dupond-Moretti a donc appelé à « constituer
un mouvement vertueux » et a notamment souligné qu’un détenu qui
travaille en détention « décuple ses chances de travailler en sortant
de détention et a donc beaucoup moins de risques de récidiver ».
Le travail en détention, un
facteur de réinsertion
Le ministre a également
souligné qu’un détenu qui travaille « peut se constituer un pécule de
sortie », et surtout se « projeter vers l’avenir »
car « l’activité
de travail et la formation professionnelle rémunérées en détention sont
fondamentales pour la réinsertion future des personnes incarcérées ».
À ce titre, la loi pour la
confiance dans l’institution judiciaire du 22 décembre 2021 a créé un contrat
d’emploi pénitentiaire (CEP) afin de « rapprocher les conditions
d’exercice du travail en détention de celles que les détenus connaîtront une
fois libérés » (contrat de travail, période d’essai, formation…), « de
sécuriser la relation de travail et d’encourager les entreprises à s’engager
pour contribuer à cette démarche », détaille le communiqué.
À lire aussi : Un rapport d’information de Sénat recommande d’investir
dans les SPIP pour lutter contre la récidive
Des outils sont par ailleurs
mis à disposition des entreprises, tels que la plateforme « IPRO360° »
qui propose une cartographie « des lieux d’activité du travail
pénitentiaire aux entreprises à la recherche d’informations sur les activités
implantées, les capacités de production et les caractéristiques des
ateliers », est-il précisé sur le site du ministère du Travail, ainsi
que la plateforme « Les entreprises s’engagent », lancée le 22
octobre 2021, qui recense entre autres les opportunités d’engagements offertes
par l’ATIGIP aux entreprises.
Les formalités
administratives prises en charge par l’administration pénitentiaire
Le ministre a également
rappelé au fil de son discours que le travail pénitentiaire constituait une
opportunité pour les entreprises, en particulier pour se constituer des viviers
de recrutement sur des métiers qui peuvent être en tension. « Nous
avons cette chance de disposer de véritables compétences au sein de nos
établissements pénitentiaires. Je le dis et je le redis : on fait de tout en
prison ! »
En outre, les démarches
administratives sont « réduites et le plus possible
dématérialisées » : c’est l’administration qui prend en charge
les contrats d’emploi pénitentiaire, qui gère la paie et les déclarations aux
organismes sociaux. Par ailleurs, les cotisations patronales pour les
assurances vieillesse et chômage sont désormais à la charge de l’État et les
locaux de productions sont gracieusement mis à disposition. « À cela
s’ajoute un seuil minimal de rémunération à 45% du SMIC, pour tenir compte des
contraintes inhérentes à la détention », a mis en exergue Éric
Dupond-Moretti.
Une démarche RSE pour les entreprises
« Le travail
pénitentiaire vous permet enfin d’exercer pleinement votre responsabilité
sociétale », a ajouté hier le ministre de la Justice à l’adresse des
entreprises. À ce jour, 314 sociétés ont décidé de faire appel à des
travailleurs détenus. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une politique
RSE définie par la Commission européenne comme « l'intégration
volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales
à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes »,
précise de son côté le ministère de la Justice dans son communiqué.
23 entreprises sont notamment
labellisées « PePs / Produit en prison.s », un label créé en 2020 par
le ministère et qui met en avant l’aspect écologique d’une production de
proximité proposant des produits réalisés dans des conditions éthiques et
responsables. Le but est de valoriser les acteurs qui permettent à des
personnes détenues de travailler et d’acquérir des compétences valorisables à
l’issue de leur période de détention lors de leur retour à l’emploi.
Enfin, les 600 ateliers en détention
« permettent une production de proximité “Made in France” avec un
impact environnemental limité », d’une pierre deux coups pour les
entreprises engagées.
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