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Déposé par le sénateur Louis
Vogel, ce texte vise à introduire dans la loi la disposition qui figurait dans
le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la Justice
2023-2027, avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel. À quelques alinéas
près, les deux textes sont identiques.
La mesure avait été censurée par le
Conseil constitutionnel lors de l’examen du projet de loi
d’orientation et de programmation du ministère de la Justice 2023-2027. Mais
elle va faire son retour au Parlement. Une proposition de loi déposée par le
sénateur Les Indépendants et membre du parti Horizons Louis Vogel, avec 41 autres
sénateurs, visant à instaurer la confidentialité des juristes d’entreprise va
être débattue dans l’hémicycle mercredi 14 février.
Un texte similaire à la
première version
Le contenu de la proposition de loi est
presque exactement le même que le texte adopté par les deux assemblées en
juillet 2023. Il y est, entre autres, indiqué que « les consultations
rédigées par un juriste d’entreprise ou, à sa demande et sous son contrôle, par
un membre de son équipe placé sous son autorité, au profit de son employeur,
sont confidentielles ». La proposition de loi précise aussi les
conditions demandées pour que les consultations juridiques soient couverte par
la confidentialité :
-
Le juriste d’entreprise ou le membre de son
équipe placé sous son autorité doit être titulaire d’une maîtrise en droit ou
d’un master en droit ou d’un diplôme équivalent français ou étranger ;
-
Le juriste d’entreprise doit justifier du
suivi de formations initiale et continue en déontologie ;
-
Ces consultations doivent être destinées
exclusivement au représentant légal de l’entreprise ou aux organes de direction
ainsi qu’à toute entité ayant à émettre des avis à ces organes ;
-
Ces consultations, ainsi que les documents
d’analyse préparatoire de ces consultations et les projets de ces
consultations, doivent porter la mention « confidentiel – consultation
juridique – juriste d’entreprise ».
Deux précisions pour consolider
le texte
Seuls deux ajouts majeurs
sont présents dans cette nouvelle version. Il y est en premier lieu inscrit une
définition de la consultation juridique, qui consiste selon la proposition de
loi « en une prestation intellectuelle personnalisée tendant, sur une
question posée, à la fourniture d’un avis ou d’un conseil fondé sur
l’application d’une règle de droit en vue, notamment, d’une éventuelle prise de
décision ».
Le principe de
confidentialité est également précisé, pour qu’il porte « sur
l’ensemble des documents préparatoires ayant permis la rédaction de la
consultation juridique. Elle ne porte pas sur les éléments de fait portés à la
connaissance du juriste en vue de la rédaction de la consultation juridique ».
L’AFJE espère un « boost
de l’attractivité de la place de Paris »
Un beau cadeau de Saint-Valentin
pour la profession qui s’était réjouie lors de l’adoption au Parlement de la
première version du texte l’an dernier. Dans une interview accordée au JSS en
juillet 2023, Jean-Philippe Gille, président de l’Association française des
juristes d’entreprise, y voyait une « avancée significative »
qui allait « booster l’attractivité de la place de Paris ».
Pour lui, « cette confidentialité permettra une plus grande fluidité de
l’information et des retours d’expérience, d’enrichir les collaborateurs ».
Le chemin reste néanmoins
long pour cette proposition de loi. S’il est adopté par le Sénat, le texte
devra passer devant les députés à l’Assemblée nationale, puis potentiellement
en commission mixte paritaire et peut-être également devant le Conseil
constitutionnel. Le dénouement concernant cette mesure devrait ainsi prendre
plusieurs mois.
Alexis
Duvauchelle
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