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Le
premier « épisode » de cet outil sous forme de pastilles vidéos lancé
ce matin présente l’affaire non résolue d’un « violeur au couteau »
et appelle le grand public à se manifester s’il détient la moindre information
permettant de faire avancer l’enquête.
« Vos
témoignages sont la clef ». C’est sous cette affirmation un brin
théâtrale, contenue dans la première capsule vidéo de son nouveau dispositif
d’appels à témoins, que le gouvernement alpague le grand public pour tenter de
recueillir des informations sur des affaires non élucidées.
Baptisé
« En quête d’indices », cet outil a été présenté par les ministères
de l’Intérieur et de la Justice à l’occasion d’une conférence de presse ce 2
avril au matin ; un mois après une série d’annonces concernant le Pôle cold
cases du tribunal de Nanterre, créé il y a deux ans, qui doit prochainement
bénéficier de moyens d’enquête supplémentaires et qui teste à l’heure actuelle
des méthodes inédites de recherche de corps.
Des
vidéos qui retracent les circonstances des faits
Ces vidéos d’une durée de quelques minutes, produites par la Délégation à l’information et à la communication du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, en collaboration avec le Pôle et le ministère de la Justice, précise un communiqué commun, retraceront chacune les circonstances dans lesquelles s’est produit un crime (ou une série de crimes) sur lequel enquête le Pôle. Objectif : recueillir de nouveaux témoignages pour relancer l’affaire.
Diffusées
sur le site internet du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer « dans
un espace dédié », ces vidéos seront partagées sur les réseaux sociaux
des deux ministères.
Ce
sont le procureur de la République et le magistrat instructeur du Pôle cold
cases qui apprécieront l’opportunité de recourir, dans le cadre d’une enquête
ou d’une instruction en cours, à un tel appel à témoins. La date de diffusion
des pastilles relèvera également de la décision des magistrats du Pôle, après
concertation avec les services d’enquête saisis.
Quant
aux informations collectées dans le cadre de cette sollicitation, elles seront
ensuite exploitées par l’un des services d’enquête dédiés de la Police
nationale, de la Gendarmerie nationale ou de la Préfecture de Police de Paris,
en fonction de l’unité en charge du dossier.
Qui
a vu le « violeur au couteau » ?
Pour
son premier appel à témoins sous ce format inédit, diffusé aujourd’hui, « En
quête d’indices » revient sur l’affaire du « violeur au couteau »,
par l’intermédiaire d’une présentation opérée par le procureur de la République
de Nanterre Pascal Prache, une commandante de police au service de police
judiciaire de Bayonne, et un major de police de l’Office central pour la
répression des violences aux personnes (OCRVP).
Dans cette affaire, un suspect aurait commis trois viols entre 2002 et 2011 selon le même mode opératoire, agressant des femmes en plein jour, dans des lieux publics et sous la menace d’un couteau.Dix jours après une agression, le 9 décembre 2011, à Gujan Mestras (Gironde), sur une femme qui regagnait son véhicule au niveau de la gare de la Hume, une seconde agression à Saint-Paul lès-Dax (Landes), près du lac de Christus, avait abouti à un rapprochement entre ces deux affaires, au vu de leur proximité temporelle et géographique, ainsi que des éléments rapportés par les deux victimes. L’analyse de l’ADN récolté avait également permis de créer un lien avec une affaire plus ancienne : le viol d’une autre femme, le 14 février 2002, à Melun, près du parc Debreuil.
En
revenant sur cette chronologie, les services de police et de justice espèrent
ainsi « recueillir toute information auprès des personnes qui auraient
été présentes dans ces environs » pour « retracer l’itinéraire
de l’auteur », mais aussi afin d’apporter « une réponse pénale
aux victimes pour qu’elles se reconstruisent, et pour éviter que d’autres
femmes soient victimes de ce prédateur », indiquent-ils au fil de la
capsule.
Également
destiné à aider les éventuels témoins, un portrait-robot est diffusé en fin de
vidéo, accompagné de quelques détails. D’après les victimes, le « violeur
au couteau » serait âgé de 30 à 40 ans à l’époque des faits. De petite
taille (1,60-70), d’une corpulence moyenne, il aurait les yeux foncés, parlant
sans accent, et était porteur, pour deux des faits perpétrés, d’un bonnet et de
gants.
Dans
le sillage d’ « Appel à témoins »
« La
police et la justice relancent cette affaire. On a besoin de vous ! »
indique la vidéo en guise de clôture.
Cette
façon de faire appel au public - qui peut détenir des informations cruciales
sans s’en douter, ou hésiter à les transmettre - s’inscrit dans le sillage de
l’émission « Appel à témoins », diffusée depuis le 7 juin 2021
sur M6. Produite par C. Productions et en partenariat avec les ministères de
l'Intérieur et de la Justice, consacrée à plusieurs affaires criminelles non
résolues, celle-ci fait intervenir des spécialistes et des familles de
victimes, et met en place un numéro vert ainsi qu’une adresse mail à
disposition des téléspectateurs.
Si
elle compte seulement sept épisodes au compteur, cette dernière a déjà prouvé
son intérêt : jusqu’ici, elle a déjà permis d’identifier le suspect d’une
affaire, et a mis un terme à la fugue d’une jeune femme disparue.
Bérengère Margaritelli
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