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Préfet de la région Île-de-France, Marc
Guillaume a été nommé délégué interministériel au projet Euro Disneyland en
France en septembre dernier. Première destination touristique privée en Europe
avec plus de 320 millions de visiteurs depuis son ouverture en 1992, le parc
Disneyland Paris, en générant 56 000 emplois directs et indirects, est le
premier employeur monosite en France et le premier employeur privé de
Seine-et-Marne. Des chiffres éloquents qui justifient la signature du
partenariat public-privé du Val d’Europe conclu en 1987, duquel Marc Guillaume
est désormais le garant.
Préfet de la région d’Île-de-France, vous avez été nommé en Conseil des
ministres, le 1er septembre
dernier, délégué interministériel au projet Euro Disneyland en France. Quels
sont, à ce titre, vos principales missions et défis à venir ?
Mon rôle, en tant que délégué
interministériel au projet Euro Disney en France, est de contribuer à la
définition des grandes orientations stratégiques du projet qui, en raison de
l’ampleur des enjeux, sont régulièrement redéfinies par le biais d’avenants à
la Convention conclue entre l’État et Euro Disney.
Sur le plan touristique, il s’agit
ainsi de poursuivre la dynamique engagée depuis 2018, avec notamment
l’extension du parc Walt Disney Studios après la période difficile de la
pandémie.
De plus, le développement d’Euro Disney
France s’inscrit pleinement dans le champ de l’aménagement urbain du
territoire. En Île-de-France, Val d’Europe est celui qui a connu le plus fort
développement, tant démographique qu’économique, sur les 25 dernières
années. Les dispositions de l’avenant 9 à la Convention, conclu l’an
dernier, amplifient à ce titre le rôle des communes et de leurs groupements,
non-signataires de la Convention, qui seront davantage associées dans
l’élaboration des projets. Cet avenant vise en particulier à accompagner le développement
touristique et le développement urbain du Val d’Europe en prévoyant une
concertation régulière avec les élus locaux.
En tant que délégué interministériel,
je veille à la bonne exécution de cet avenant et des obligations contenues dans
la Convention, en y associant l’ensemble des parties prenantes, Disney,
l’Établissement Public d’Aménagement EPA France, le Conseil régional, le
Conseil départemental de Seine-et-Marne ou encore les maires des communes de
Val d’Europe Agglomération. Je réunis, à ce titre, l’ensemble de ces acteurs
partenaires dans le cadre du comité de suivi.
La
Convention pour la création et l'exploitation d'Euro Disneyland en France a été
signée en 1987. Pouvez-vous revenir sur ce partenariat mis en place entre Euro
Disney, l’État et les collectivités territoriales,
dans le cadre de la Politique des villes nouvelles françaises de
Marne-la-Vallée, Val d'Europe ?
Le partenariat public-privé du Val
d’Europe, conclu en 1987, est unique en son genre. Il présente notamment des
particularités par rapport à la politique des villes nouvelles, initiée à la
fin des années 1960 et au début des années 1970. Dans le Val d’Europe, priorité
a en effet été donnée à l’émergence d’une forte destination touristique, au
suivi de ses apports socioéconomiques et à la préservation de la nature dans la
ville. C’est un territoire où l’effet de levier des investissements publics sur
les investissements privés et la création de valeur ont été particulièrement
forts. Les investissements publics s’élèvent, très concrètement, à
900 millions d’euros, sur les quatre phases d’aménagement et leurs
avenants dans la période 1987-2027. Les investissements privés de la période
sont estimés à 12,3 milliards d’euros dans et hors périmètre Disney, soit
un rapport de 1 euro public pour 13,6 euros privé. Ce chiffre est de 1 pour 10
dans le périmètre Disney seul.
« Après ces 30 années d’activité,
Disneyland Paris est devenu l’une des premières destinations touristiques
européennes. »
En 1987, l’ambition initiale du volet
urbain du programme de la Convention était d’éviter un vide qui risquait de
favoriser des projets non maîtrisés aux abords de la destination touristique.
Cette ambition a été repensée en 2010 avec l’accentuation du caractère durable
de la ville et une utilisation plus économe de l’espace.
Le
périmètre de la Convention de 1987 s’étend sur 22,30 km², dont les deux tiers
environ sont voués aux développements touristiques.
Quel impact le parc Disneyland Paris a-t-il sur le développement territorial de
l’est parisien ? Quel est le retentissement économique de Disneyland
Paris, tant en termes de retombées fiscales qu’en termes d’emplois ? Et à l’échelle européenne ?
Le Val d’Europe est devenu un lieu
résolument moteur de l’activité francilienne avec une forte dynamique
économique. Il y a aujourd’hui 36 000 emplois présents sur le périmètre
« historique » du Val d’Europe, notamment pourvus par ses habitants.
Au sein de l’Île-de-France, le Val
d’Europe a un impact exceptionnel, équivalent à celui d’une ville animée tous
les jours par 200 000 personnes avec 15 millions de visiteurs par an
dans les parcs Disney et ses hôtels, ainsi qu’environ 20 millions de
visiteurs dans les équipements commerciaux et autres activités économiques de
la zone et des possibilités de croissance encore significatives. Si le
développement de l’activité, des flux et des infrastructures a été très
important, le cadre a su rester humain, agréable, et plébiscité par les
habitants comme par les entreprises.
Sur le plan touristique, en 25 ans,
Disneyland Paris a confirmé sa position de première destination touristique
payante d’Europe. Elle attire chaque année des millions de visiteurs venus de
toute l’Europe et du monde, en contribuant à l’attractivité touristique de la
France et en particulier de la région Île-de-France.
Aujourd’hui, le Val d’Europe
représente le 5e pôle hôtelier de France et le premier Hub TGV de
France avec une desserte quotidienne des plus grandes villes françaises et
européennes.
Fermé
pendant des nombreux mois, le parc a été touché de plein fouet par la crise
sanitaire. Comment l’État accompagne-t-il ce secteur ?
Au même titre que de nombreuses
entreprises, Euro Disney a été fortement soutenu par l’État via le dispositif
d’activité partielle de droit commun, et ce depuis le début de la crise
sanitaire. Un accord relatif à l’activité partielle de longue durée (APLD) a
également été signé le 10 février 2021, pour toutes les entités du groupe.
Tous les salariés sont concernés par ce dispositif, tant les CDI et CDD que les
alternants en contrats d’apprentissage. En contrepartie, la société s’est
notamment engagée pour la formation de ses employés à hauteur de
5 millions d’euros.
En
mars 2022, ont débuté à Disneyland Paris les célébrations de son 30e
anniversaire. Quel bilan pouvez-vous tirer de ces trois décennies ?
Et quels sont les projets à venir ?
Après ces 30 années d’activité,
Disneyland Paris est devenu l’une des premières destinations touristiques
européennes. En période normale, ce sont plus de 15 millions de visiteurs
qui viennent chaque année, dont plus de la moitié depuis l’étranger. C’est
aussi un moteur pour l’économie française avec 68 milliards d’euros de
valeur ajoutée apportée à l’économie française depuis 25 ans. Le site
mobilise des
activités diversifiées en progression continue avec plus de 5 400
entreprises, de toutes tailles, installées.
L’autre succès de ce projet, c’est le
développement d’un territoire, celui du Val d’Europe, tant du point de vue
démographique que sur le plan économique ou de l’aménagement.
Ce développement s’est bien évidemment
accompagné de la construction des infrastructures primaires et secondaires
prévues dans la Convention. À cet égard, les réseaux et les aménagements
pré-opérationnels revenant à l’EPA, les accès autoroutiers et la voirie
primaire revenant à l’État et aux collectivités, ou encore les réseaux et infrastructures
de transports revenant à la SNCF ou à la RATP, se sont tous concrétisés et se
concrétisent encore.
Nous pouvons être fiers de ce chemin
parcouru et de la relation solide qu’elle entretient avec Disneyland Paris, fondée sur la confiance.
Les projets pour Disneyland Paris
s’inscrivent dans l’objectif de conforter ce bilan touristique et de
développement urbain, en modernisant les installations et en soutenant une
dynamique tournée vers la transition écologique. Ce développement touristique s’accompagnera
d’un développement urbain cohérent confortant les atouts du territoire et les
aspirations des populations actuelles et à venir. Il s’appuiera
particulièrement sur le travail d’élaboration de la 5e phase
d’aménagement, où la concertation avec les élus locaux prendra toute sa place.
Propos
recueillis par Constance Périn
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