« Le développement d’Euro Disney France s’inscrit dans le champ de l’aménagement urbain du territoire » - Entretien avec Marc Guillaume, délégué interministériel au projet Euro Disneyland en France


samedi 19 mars 2022 à 09:006 min

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Préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume a été nommé délégué interministériel au projet Euro Disneyland en France en septembre dernier. Première destination touristique privée en Europe avec plus de 320 millions de visiteurs depuis son ouverture en 1992, le parc Disneyland Paris, en générant 56 000 emplois directs et indirects, est le premier employeur monosite en France et le premier employeur privé de Seine-et-Marne. Des chiffres éloquents qui justifient la signature du partenariat public-privé du Val d’Europe conclu en 1987, duquel Marc Guillaume est désormais le garant.

 

 

Préfet de la région d’Île-de-France, vous avez été nommé en Conseil des ministres, le 1er septembre dernier, délégué interministériel au projet Euro Disneyland en France. Quels sont, à ce titre, vos principales missions et défis à venir ?

Mon rôle, en tant que délégué interministériel au projet Euro Disney en France, est de contribuer à la définition des grandes orientations stratégiques du projet qui, en raison de l’ampleur des enjeux, sont régulièrement redéfinies par le biais d’avenants à la Convention conclue entre l’État et Euro Disney.

Sur le plan touristique, il s’agit ainsi de poursuivre la dynamique engagée depuis 2018, avec notamment l’extension du parc Walt Disney Studios après la période difficile de la pandémie.

De plus, le développement d’Euro Disney France s’inscrit pleinement dans le champ de l’aménagement urbain du territoire. En Île-de-France, Val d’Europe est celui qui a connu le plus fort développement, tant démographique qu’économique, sur les 25 dernières années. Les dispositions de l’avenant 9 à la Convention, conclu l’an dernier, amplifient à ce titre le rôle des communes et de leurs groupements, non-signataires de la Convention, qui seront davantage associées dans l’élaboration des projets. Cet avenant vise en particulier à accompagner le développement touristique et le développement urbain du Val d’Europe en prévoyant une concertation régulière avec les élus locaux.

En tant que délégué interministériel, je veille à la bonne exécution de cet avenant et des obligations contenues dans la Convention, en y associant l’ensemble des parties prenantes, Disney, l’Établissement Public d’Aménagement EPA France, le Conseil régional, le Conseil départemental de Seine-et-Marne ou encore les maires des communes de Val d’Europe Agglomération. Je réunis, à ce titre, l’ensemble de ces acteurs partenaires dans le cadre du comité de suivi.

 

 

La Convention pour la création et l'exploitation d'Euro Disneyland en France a été signée en 1987. Pouvez-vous revenir sur ce partenariat mis en place entre Euro Disney, l’État et les collectivités territoriales, dans le cadre de la Politique des villes nouvelles françaises de Marne-la-Vallée, Val d'Europe ?

Le partenariat public-privé du Val d’Europe, conclu en 1987, est unique en son genre. Il présente notamment des particularités par rapport à la politique des villes nouvelles, initiée à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Dans le Val d’Europe, priorité a en effet été donnée à l’émergence d’une forte destination touristique, au suivi de ses apports socioéconomiques et à la préservation de la nature dans la ville. C’est un territoire où l’effet de levier des investissements publics sur les investissements privés et la création de valeur ont été particulièrement forts. Les investissements publics s’élèvent, très concrètement, à 900 millions d’euros, sur les quatre phases d’aménagement et leurs avenants dans la période 1987-2027. Les investissements privés de la période sont estimés à 12,3 milliards d’euros dans et hors périmètre Disney, soit un rapport de 1 euro public pour 13,6 euros privé. Ce chiffre est de 1 pour 10 dans le périmètre Disney seul.

 


 

« Après ces 30 années d’activité, Disneyland Paris est devenu l’une des premières destinations touristiques européennes. »

 

 

 

En 1987, l’ambition initiale du volet urbain du programme de la Convention était d’éviter un vide qui risquait de favoriser des projets non maîtrisés aux abords de la destination touristique. Cette ambition a été repensée en 2010 avec l’accentuation du caractère durable de la ville et une utilisation plus économe de l’espace.

 

 

Le périmètre de la Convention de 1987 s’étend sur 22,30 km², dont les deux tiers environ sont voués aux développements touristiques. Quel impact le parc Disneyland Paris a-t-il sur le développement territorial de l’est parisien ? Quel est le retentissement économique de Disneyland Paris, tant en termes de retombées fiscales qu’en termes d’emplois ? Et à l’échelle européenne ?

Le Val d’Europe est devenu un lieu résolument moteur de l’activité francilienne avec une forte dynamique économique. Il y a aujourd’hui 36 000 emplois présents sur le périmètre « historique » du Val d’Europe, notamment pourvus par ses habitants.

Au sein de l’Île-de-France, le Val d’Europe a un impact exceptionnel, équivalent à celui d’une ville animée tous les jours par 200 000 personnes avec 15 millions de visiteurs par an dans les parcs Disney et ses hôtels, ainsi qu’environ 20 millions de visiteurs dans les équipements commerciaux et autres activités économiques de la zone et des possibilités de croissance encore significatives. Si le développement de l’activité, des flux et des infrastructures a été très important, le cadre a su rester humain, agréable, et plébiscité par les habitants comme par les entreprises.

Sur le plan touristique, en 25 ans, Disneyland Paris a confirmé sa position de première destination touristique payante d’Europe. Elle attire chaque année des millions de visiteurs venus de toute l’Europe et du monde, en contribuant à l’attractivité touristique de la France et en particulier de la région Île-de-France.

Aujourd’hui, le Val d’Europe représente le 5e pôle hôtelier de France et le premier Hub TGV de France avec une desserte quotidienne des plus grandes villes françaises et européennes.

 


Fermé pendant des nombreux mois, le parc a été touché de plein fouet par la crise sanitaire. Comment l’État accompagne-t-il ce secteur ?

Au même titre que de nombreuses entreprises, Euro Disney a été fortement soutenu par l’État via le dispositif d’activité partielle de droit commun, et ce depuis le début de la crise sanitaire. Un accord relatif à l’activité partielle de longue durée (APLD) a également été signé le 10 février 2021, pour toutes les entités du groupe. Tous les salariés sont concernés par ce dispositif, tant les CDI et CDD que les alternants en contrats d’apprentissage. En contrepartie, la société s’est notamment engagée pour la formation de ses employés à hauteur de 5 millions d’euros.

 

 

En mars 2022, ont débuté à Disneyland Paris les célébrations de son 30e anniversaire. Quel bilan pouvez-vous tirer de ces trois décennies ? Et quels sont les projets à venir ?

Après ces 30 années d’activité, Disneyland Paris est devenu l’une des premières destinations touristiques européennes. En période normale, ce sont plus de 15 millions de visiteurs qui viennent chaque année, dont plus de la moitié depuis l’étranger. C’est aussi un moteur pour l’économie française avec 68 milliards d’euros de valeur ajoutée apportée à l’économie française depuis 25 ans. Le site mobilise des activités diversifiées en progression continue avec plus de 5 400 entreprises, de toutes tailles, installées.








L’autre succès de ce projet, c’est le développement d’un territoire, celui du Val d’Europe, tant du point de vue démographique que sur le plan économique ou de l’aménagement.

Ce développement s’est bien évidemment accompagné de la construction des infrastructures primaires et secondaires prévues dans la Convention. À cet égard, les réseaux et les aménagements pré-opérationnels revenant à l’EPA, les accès autoroutiers et la voirie primaire revenant à l’État et aux collectivités, ou encore les réseaux et infrastructures de transports revenant à la SNCF ou à la RATP, se sont tous concrétisés et se concrétisent encore.

Nous pouvons être fiers de ce chemin parcouru et de la relation solide qu’elle entretient avec Disneyland Paris, fondée sur la confiance.

Les projets pour Disneyland Paris s’inscrivent dans l’objectif de conforter ce bilan touristique et de développement urbain, en modernisant les installations et en soutenant une dynamique tournée vers la transition écologique. Ce développement touristique s’accompagnera d’un développement urbain cohérent confortant les atouts du territoire et les aspirations des populations actuelles et à venir. Il s’appuiera particulièrement sur le travail d’élaboration de la 5e phase d’aménagement, où la concertation avec les élus locaux prendra toute sa place.

 

Propos recueillis par Constance Périn







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