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Avec
200 millions d’exemplaires vendus à travers le globe, Le Petit Prince
est aujourd’hui l’ouvrage de littérature française le plus lu au monde. Ses
490 traductions officielles en font aussi le livre le plus traduit après La
Bible. II faut dire que depuis sa publication à New York en 1943, puis en France en
1946, son succès ne faiblit pas. Alors que le Musée des Arts décoratifs lui
dédie actuellement une exposition inédite, rencontre avec Thomas Rivière, ayant
droit de la Succession Saint-Exupéry.
Avec 5 millions
d’exemplaires vendus chaque année à travers le monde et 490 traductions
officielles, Le Petit Prince est encore aujourd’hui un succès
planétaire. Comment l’expliquez-vous ?
Vendu à plus de 200 millions
d’exemplaires, Le Petit Prince est en effet un des livres les plus lus
au monde. Je dois dire que c’est assez incroyable ! On peut même dire que
c’est un miracle… et les miracles ne s’expliquent pas. Mais ce qui est sûr,
c’est que le succès du Petit Prince tient notamment du fait qu’il touche
profondément ses lecteurs. Quand on lit Le Petit Prince, on a
l’impression qu’il a été écrit pour nous. Pour autant, on a envie de partager
cette expérience personnelle. C’est un livre qui se transmet, qui s’offre, de
parent à enfant, voire petit-enfant, ou entre amoureux. Sa lecture est très
souvent associée à quelqu’un de proche, à une époque, et Le Petit Prince
devient alors intimement lié à ce souvenir.
C’est un livre qui nous replonge
en enfance. Il y est notamment question du syndrome de Peter Pan, qui touche
particulièrement ma génération, laquelle transmet à son tour ce livre à ses
propres enfants. Le Petit Prince met des mots sur l’âge adulte et répond
à beaucoup de questions. On pourrait dire que le
succès du Petit Prince repose alors sur un immense bouche-à-oreille
intergénérationnel (on en est à la 4e génération de lecteurs) et
international.
Ce livre, c’est aussi des thèmes,
des valeurs et un message universels qui traversent les frontières. Il y est
question d’amitié, de voyages, d’attention et d’éducation, de la beauté de
l’amour parfait et de mort aussi. C’est un livre qui vous accompagne à tout
moment de votre vie, et qui vous aide à vous construire. Antoine de
Saint-Exupéry était un visionnaire, et à travers la lecture du Petit Prince,
certains traits de l’absurdité du monde actuel sont révélés, laissant
apparaître l’importance des choses simples, mais oubliées.
Tous ces éléments viennent à mon
sens expliquer le succès exceptionnel de cet ouvrage. Pour le dire simplement, Le
Petit Prince fait du bien.
Antoine de
Saint-Exupéry n’a pas eu d’enfants. Qui sont aujourd’hui ses ayants
droit ?
Antoine de Saint-Exupéry n’a en
effet aucun héritier direct, mais avait trois sœurs et un frère, mort jeune.
Seule l’une de ces sœurs, Gabrielle de Saint-Exupéry, mon arrière grand-mère, a
eu quatre enfants, qui sont aujourd’hui ses ayants droit.
Quand Antoine de Saint-Exupéry a
disparu en vol le 31 juillet 1944. Gabrielle s’est ainsi retrouvée titulaire
des droits et a ensuite dû, au début des années 80, répondre à des demandes qui
n’ont eu de cesse de se multiplier. Décédée en 1986, nous avons pris le relais
et avons dû à notre tour nous organiser face à cet intérêt grandissant. Un de
mes oncles a alors constitué la Succession Saint-Exupéry-d’Agay, qui représente
les héritiers et ayants droit d’Antoine de Saint-Exupéry. En bâtissant cette
SAS de façon intelligente et raisonnée, nous tâchons de faire rayonner l’œuvre
d’Antoine de Saint-Exupéry par tous les moyens, tout en respectant ses valeurs
et en mettant sa notoriété au service de la communauté. Nous ne fabriquons rien, mais accompagnons donc les
demandes en autorisant ou refusant les projets.
Il n’existe pas d’école ou de formation pour apprendre à gérer cela. C’est un
métier très spécifique qui ne concerne que quelques centaines de personnes en
France et qui s’apprend sur le tas.
Aujourd’hui, nous sommes une
dizaine à travailler dans les locaux de la Succession, à Paris, où sont étudiés
tous les projets. Nous travaillons également avec une dizaine d’agents de
licence à travers le monde, mais ça peut être parfois plus que ça, puisque le
Parc du Petit Prince, ouvert en Alsace il y a huit ans, embauche en pleine
saison près de 250 salariés.
Vous dites qu’en
tant qu’ayant droit, vous avez des droits, mais surtout des responsabilités.
C’est-à-dire ?
Notre mission est de faire
perdurer le plus fidèlement possible l’œuvre et les valeurs défendues par
Antoine de Saint-Exupéry. Le Petit Prince, c’est au départ un livre qui
a du sens. Avec la famille, nous nous sommes à ce titre imposés un cahier des
charges précis pour respecter cet objet et son message.
Si on reprend l’exemple du parc
d’attractions, quand il a été question de sa création, nous savions que nous ne
voulions pas d’un parc « hystérique », mais d’un lieu poétique,
responsable, porté sur la nature, avec des animaux (des renards et des moutons,
notamment), placés en liberté. Il y a des manèges bien sûr, mais en cohérence
avec l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, et des ballons, pour voler au dessus du
parc, à l’image du voyage du Petit Prince lui-même.
Cela fait 15 ans que je suis dans
la Succession, mais je ne suis que de passage. Chacun apporte ce qu’il sait
faire avec les problématiques de son temps. Je suis personnellement très
sensible à la préservation de l’environnement et insuffle cette responsabilité
au sein de la Succession.
D’abord au bureau, en faisant la
guerre au plastique. Il n’y a plus de bouteille en plastique ni capsule à café,
et nous procédons au tri et au recyclage. Nous avons également réalisé notre
bilan carbone l’année dernière (établi sur l’année 2019, Covid oblige) et
l’intégralité de notre empreinte est ainsi compensée via la plantation d’une
forêt en Dordogne. Il faut avoir conscience que tout ce qu’on fait à un impact
sur la planète.
Puis dans les produits licenciés.
Au départ, quand les demandes ont commencé à affluer dans les années 80, de
nombreux produits étaient fabriqués en Chine, mais on y revient. Nous
multiplions ainsi les partenariats locaux, avec des fabrications locales. Les
mugs à l’effigie du Petit Prince vendus en Allemagne par exemple, sont
fabriqués localement, dans le pays distributeur. Toute la papeterie vendue en
France est également imprimée localement par la société française KIUB. Nous
sommes un symbole national, une marque française, et nous entendons à ce titre
faire travailler le tissu local.
« Quand
le livre tombe dans le domaine public, de nombreuses maisons d’édition s’emparent
alors du Petit Prince, ce qui amplifie sa diffusion. »
Le partenariat établi récemment
avec la boite à histoire Lunii va dans le même sens, puisque ces produits sont
également fabriqués en France. Il en va de même pour notre partenariat avec la
Monnaie de Paris. Le monde est devenu fou ! On produit dans un pays pour
vendre ensuite à l’autre bout du monde. Nous avons voulu redonner du sens.
Outre le mode de fabrication, nous
sommes aussi bien sûr regardants quant aux objets en eux-mêmes. Nous avons par
exemple refusé de nous associer avec une ligne de fast food, ne nous
reconnaissant pas dans cette nourriture industrielle. Car mon métier c’est
aussi – surtout ! – de dire non.
Nous avons également lancé l’année
dernière notre boutique en ligne, lepetitprincecollection.com. À ce
titre, nous travaillons inévitablement avec des entreprises de logistique, qui
utilisent beaucoup de camions et de ressources. Là encore, nous sommes dans une
politique zéro plastique, utilisons des produits recyclés ou recyclables. De
même, tout l’impact carbone est compensé. On ne pouvait pas lancer une boutique
en ligne sans défendre ces valeurs. Cela donne aussi plus de légitimité à cette
initiative. Je ne vous dis pas que tout est produit localement, mais nous
réorganisons pas mal de choses et ça va dans le bon sens.
L’engagement
écologique occupe donc une grande place aujourd’hui dans la Succession. Dans
Terre des Hommes sorti en 1939, Saint-Exupéry emprunte ce proverbe africain
qui dit « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons
à nos enfants ». Visionnaire, Saint-Exupéry était-il lui-même engagé
dans la défense de l’environnement ?
Tout à fait, Antoine de
Saint-Exupéry était un pionnier. Dans Le Petit Prince, il écrivait
notamment : « Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut
faire soigneusement la toilette de la planète », et prendre soin de sa
rose. Il faut rappeler que le livre a été écrit en pleine Guerre Mondiale, à
une période où l’humanité avait d’autres soucis à gérer que l’environnement.
C’était un aviateur, il voyait la Terre d’en haut, et avait conscience du monde
dans lequel il vivait et de sa fragilité. Thomas Pesquet, du haut de la Station
spatiale, avait d’ailleurs fait le même constat. Aujourd’hui, la problématique
environnementale est fondamentale pour nous.
Le Petit Prince est entré dans le domaine public dans de nombreux
pays le 1er janvier 2015, 70 ans après le décès de son
auteur en 1944, mais pas en France, où il faudra attendre 2032. Pourquoi ?
Les lois régissant le droit
d’auteur sont différentes selon les pays. Le Petit Prince est ainsi déjà
tombé dans le domaine public dans la plupart des pays. On ne touche donc plus
de droit d’auteur sur les ventes de livres dans ces pays, mais nous gardons
bien sûr un droit moral en autorisant toute utilisation qui en est faite.
En France, comme en Espagne, en
Italie, aux USA, au Mexique et en Colombie, il faudra en effet attendre 2032.
Théoriquement en France, la durée de la protection des œuvres est de 70 ans
après la mort de l’auteur. Mais à cela s’ajoute la prorogation de guerre,
c’est-à-dire les années durant lesquelles l’exploitation commerciale de
l’ouvrage a été ralentie, due à la guerre. Ces années comptent alors doubles.
On ajoute à cela une nouvelle prolongation, du fait que l’auteur est tombé pour
la France.
Aux États-Unis, c’est encore autre
chose. La loi est régulièrement modifiée, de sorte que Mickey ne tombe pas dans
le domaine public, expliquant alors ce décalage. Rappelons que Le Petit
Prince a d’abord été publié aux États-Unis en 1943, puis en France en 1946.
Quel a été
l’impact de cette entrée dans le domaine public ?
L’impact a été plutôt bon, car nous
constatons une explosion des ventes. En effet, quand le livre tombe dans le
domaine public, de nombreuses maisons d’édition s’emparent alors du Petit
Prince, ce qui amplifie sa diffusion. C’est un véritable atout pour sa
notoriété. En Corée par exemple, pays qui connaît une véritable passion du
livre, il y est vendu par une centaine maisons d’édition différentes, une
vingtaine en Allemagne et aussi en Turquie.
Le continent asiatique s’est depuis
emparé du Petit Prince, en revisitant notamment ses dessins sous forme
de mangas, et je dois dire qu’il y a vraiment de jolies choses.
Cependant, pour garder un contrôle,
Le Petit Prince (et sa traduction dans plusieurs langues) est une marque
déposée, tout comme les dessins, le logo (l’écriture), la boite du mouton, et
l’expression « Dessine-moi ». Le plus gros de nos dépenses
consiste aujourd’hui à protéger cette marque.
Une marque
aujourd’hui partagée par 350 licenciés ayant donné vie à plus de
10 000 produits dérivés. Car Le Petit Prince, c’est aussi des
partenariats avec des structures prestigieuses, comme Montblanc, la Monnaie de
Paris et même la Patrouille de France, à l'occasion du défilé du 14 juillet à
l'été dernier. Qu’est ce que cela vous inspire ?
Nous sommes en effet très fiers de
ce partenariat avec la Patrouille de France. Nous nous sommes ainsi aperçus que
les pilotes, civils ou militaires, admiraient profondément Saint-Exupéry. C’était
très touchant. L’année dernière, pour les 75 ans du Petit Prince, le
visage de Saint Exupéry lui-même a alors été associé à celui du Petit Prince
sur les appareils de la Patrouille. C’était formidable.
Pour revenir sur les licences,
nous avons deux types de licenciés : il y a les grosses sociétés
internationales, notamment dans le domaine du luxe tel que Mont Blanc, IWC ou
Sofitel. Associer ces marques et Le Petit Prince apporte du prestige, de l’aura
aussi, le Petit Prince étant connu dans le monde entier. Outre cette
association commerciale, ces marques sont aussi mécènes de la Fondation (voir
question suivante, ndlr).
Puis il y a les licenciés locaux.
On en compte une soixantaine en France, une trentaine en Allemagne. Comme
expliqué plus haut, nous voulons produire de façon responsable et cohérente.
Nous travaillons pour une économie circulaire et vertueuse. Nous verrouillons
ainsi nos contrats pour que ces produits soient fabriqués localement et que les
marchés restent locaux. Cela crée de la valeur, de l’emploi, et du sens.
Sous l’égide de
la Fondation de France, vous avez créé la Fondation Antoine de Saint-Exupéry
pour la Jeunesse (FASEJ), active dans près de 30 pays sur tous les continents.
Pouvez-vous nous la présenter et revenir sur ses actions ?
Créée il y a 12 ans, la Fondation a
vocation à financer des projets éducatifs partout dans le monde. à notre petit niveau, nous tentons de
donner, leur chance aux enfants qui sont aujourd’hui éloignés de l’école et de
la culture. La Fondation a ainsi financé la construction d’une école au Mali ou
encore d’une bibliothèque et d’un bibliobus au Cambodge, afin d’y apporter les
livres et la culture aux enfants.
Nous finançons aussi des
traductions, pour rendre accessible Le Petit Prince au plus grand nombre.
Le livre a par exemple été l’un des premiers livres édités après le départ des
Khmers rouges au Cambodge. La Fondation a ainsi financé la traduction en Khmer,
participant au retour de cette langue, ouvrage édité aujourd’hui par
l'Association SIPAR, engagée auprès des populations les plus défavorisées du
Cambodge. Favoriser l’accès à la lecture, c’est aussi s’engager auprès des
personnes non-voyantes, en participant là aussi à la traduction du Petit
Prince en braille, avec une édition tactile magnifique où même les dessins
y sont présentés, en relief.
On parlait des partenaires
historiques, Sofitel par exemple, mécène de la Fondation depuis dix ans, a aidé
à financer ces projets à hauteur d’un demi-million d’euros.
« Pour
les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides », dit le Petit
Prince, une citation qui ne pouvait que faire échos à Thomas Pesquet qui, à
bord de la Station spatiale internationale, a rendu hommage à l’œuvre
principale de Saint-Exupéry, dans le cadre d’un concours d’écriture, directement
lancé depuis l’espace. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Créé par la
FASEJ, ce concours d’écriture a en effet été lancé directement depuis
l’espace en 2017. Thomas Pesquet, grande figure française, a lu des passages du
Petit Prince depuis la Station spatiale, proposant ensuite aux enfants
du monde entier de réaliser un nouveau chapitre du Petit Prince en
imaginant son voyage sur une 8e planète. Et je dois
dire que nous ne nous attendions pas à un tel succès. Ce fut un véritable
raz-de-marée ! Nous avons reçu des dizaines de milliers de lettres
provenant de 78 pays différents et les trois textes gagnants ont été lus par
Thomas Pesquet, encore une fois en direct de l’espace.
Ce dernier est un ami de la
Fondation, et nous sommes heureux de pouvoir compter sur son engagement. C’est
un ambassadeur de la France, de la francophilie, une fierté nationale, il est
l’héritier spirituel de Saint-Exupéry, si je peux dire.
Depuis le
17 février, l’exposition « À la rencontre du Petit Prince »
est présentée au Musée des Arts Décoratifs à Paris, où y sont exposées des
œuvres inédites. Pouvez-vous revenir sur le montage de cette exposition ?
Nous nous réjouissons de cet
événement qui constitue la première grande exposition muséale en France
consacrée au Petit Prince.
Plus de 600 pièces y sont exposées,
notamment le manuscrit original, conservé à la Morgan Library & Museum à
New York, présenté pour la première fois au public français, mais aussi des
aquarelles, esquisses et dessins originaux appartenant à des collectionneurs
privés et exposés pour la première fois. Jamais tous ces éléments n’avaient été
réunis au même endroit, c’est une grande première ! Cette exposition est
née d’une envie commune, et je dois dire que les astres se sont alignés pour en
faire un événement incroyable réunissant tous ces documents rares.
Le Petit Prince dans la roseraie, l'un des dessins de Saint-Exupéry exposé au Musée des Arts décoratifs.
Nous sommes naturellement
partenaires de cette exposition, et représentons, la caution morale. Détenteurs
du droit moral du Petit prince, nous validons toute utilisation qui en
est faite. Nous avons également prêté des dizaines d’originaux et des éditions
rares de notre collection que nous tâchons d’enrichir au fil des ans. Nous
avons suivi l’évolution du montage, mais laissons surtout les professionnels,
Anne Monier Vanryb du Musée des Arts Décoratifs et Alban Cerisier des Éditions
Gallimard, commissaires de l’exposition, faire leur travail. J’en profite pour
souligner le travail titanesque de logistique et d’organisation qui a été
réalisé et les en félicite et les en remercie sincèrement.
L’exposition
s’appelle « À la rencontre du Petit Prince ». Vous
souvenez-vous de votre première rencontre avec le Petit Prince et de sa
première lecture ?
Le Petit Prince fait partie de la famille,
c’est comme un cousin, j’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Je ne me
souviens donc pas de ma première rencontre ni de sa première lecture, mais si
je devais citer un souvenir, ce serait celui de l’enregistrement de Gérard
Philipe, qui a assurément participé à la notoriété du Petit Prince. Chez
ma grand-mère, nous l’avons tellement écouté que la bande sonore de la cassette
a cédé.
Le Petit Prince, c’est une œuvre qui vit et se décline en fonction de
son époque. J’ai été élevé avec les médias d’aujourd’hui, notamment la
télévision et le cinéma, je suis ainsi heureux que le livre ait été adapté au
cinéma (Mark Osborne, 2015), film vu par plus de 23 millions de spectateurs.
Affiche du film Le Petit Prince (Mark Osborne, 2015)
En Chine, Le Petit Prince n’était
pas très connu. Le pays a une culture littéraire forte et propre. Toutefois la
sortie du film en 2015 a permis de le faire découvrir et aujourd’hui, le livre
y est vendu à plus d’un million d’exemplaires.
Nous travaillons également sur une
série TV, réalisée par Joann Sfar (déjà auteur de la BD, ndlr) et une
série en 2D sera également diffusée l’année prochaine sur France 3. Le Petit
Prince, c’est aussi deux spectacles qui tournent depuis un an en Espagne,
et un spectacle de Musical, à Broadway, qui commencera en avril prochain. Cette
déclinaison, ces multiples versions permettent de toucher d’autres personnes.
Je dois dire que c’est une
véritable fierté de travailler pour Le Petit Prince, et de participer, à
mon petit niveau, au rayonnement de la France, de la francophonie. Cela me
tient profondément à cœur. Continuer à faire exister ce personnage issu d’un
livre français, écrit par l’auteur français le plus lu et traduit au monde,
c’est incroyable ! Nous avons parfois un problème de reconnaissance en
France, et faire rayonner cette œuvre, trésor national, c’est aussi rendre
fiers les Français de leur patrimoine.
Le Petit Prince existe
depuis près de 80 ans bientôt, et perdurera encore au moins 80 ans, je
l’espère.
Propos recueillis par Constance Périn
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