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INTERVIEW. Détenteurs de données sensibles, bon nombre d’avocats ne possèdent pourtant ni adresse électronique ni drive sécurisés. La bâtonnière des Hauts-de-Seine Marie-Pascale Piot et le président de la commission numérique du 92 Patrick Amouzou ont donc entrepris une série d’actions « coup de poing » pour rappeler que si l’avocat n’est pas la cible principale, il n’en reste pas moins épargné.
JSS : De quel constat
êtes-vous partie pour décider de la création de la commission numérique du
barreau ? Pouvez-vous la présenter ?
Marie-Pascale Piot : Cette
commission a été créée à la suite d’une demande particulière que j’ai faite en
début d’année. Nous avions déjà au sein du barreau différents dispositifs, tel
que l’incubateur, qui existe toujours et possède un double rôle : celui
d’incuber des projets de confrères sur des legaltech ou des outils numériques et
celui de sensibiliser et de former par le biais de matinales. Finalement, la
commission est une émanation de ce qui existait avant, mais structurée de façon
différente.
Elle travaille sur deux axes.
Le premier, autour de la sécurisation et de la protection du secret professionnel
au travers des outils digitaux. L’idée est de s’assurer que nos confères
puissent transformer leurs adresses emails non sécurisées, leurs espaces de
partage ou de conservation des données de façon sécurisée. C’était un projet
que j’avais lancé au départ pour mon bâtonnat et qui a été renforcé par une
décision « Google » du début de l’année (Cour
d'appel de Paris, 24 janvier 2025 Pôle 5-ch. 11, RG n° 21/10238), laquelle nous a confirmé
que le secret professionnel et la continuité de l’activité ne sont pas en
l’état compatibles avec les solutions de messagerie professionnel et de cloud
grand public.
Il est donc important que, de
l’intérieur de la profession, nous définissions les outils et les processus
pour le protéger de façon suffisante et appropriée.
Le second axe, c’est de
préparer l’avenir de la profession avec la montée en puissance des outils de l’intelligence
artificielle. Un axe qui sera en développement constant.
Patrick Amouzou :
En effet, la bâtonnière, avant même le démarrage de son mandat, souhaitait
imprimer cette dynamique numérique. Au barreau des Hauts-de-Seine, nous faisons
ce qu’appliquerait toute entreprise ou collectivité concernée dans sa
transformation digitale avec un accent sur la sécurisation du secret
professionnel dans notre cas.
JSS : Mi-juin, la
commission numérique a publié un
guide d’hygiène des 10 cyber-commandements de l’avocat.
Pourquoi ces travaux et comment se présente le guide ?
M.-P.P. : Avec
ce guide, l’Ordre propose une assistance vraiment concrète avec des outils qui
sont ceux à la fois du Conseil national des barreaux et ceux du barreau des
Hauts-de-Seine sur la transformation des adresse électroniques. Une dizaine de confères ont
accepté d’être beta testeurs de cet accompagnement qui s’est fait en petit
comité avec nos équipes dans le cadre de cette transformation. Il s’agit de la
première étape, mais nous sentons qu’elle va durer, car nous avons beaucoup de
confrères dont les adresses emails ne sont pas sécurisées.
En parallèle, nous avons
travaillé sur la dimension de sensibilisation. A travers une action « coup
de poing », nous avons réalisé une campagne de phishing. Nous avons envoyé
à une partie de nos confrères un email depuis une adresse contenant une erreur
dans le mot « bâtonier » pour les faire réagir.
JSS : Combien d’avocats
sont tombés dans le piège ?
P. A. :
700 mails ont été envoyés à des confrères du barreau. 466 d’entre eux ont
ouvert le mail, soit un taux d’ouverture d’environ 60 %. Mais surtout,
presque 200 avocats ont cliqué sur le lien dans le mail – qui, heureusement,
amenait directement sur le guide de l’hygiène numérique et sur les trois
piliers d’un cabinet sécurisé - et 141 ont été jusqu’au bout du processus. Cela
montre bien qu’il y a un grand nombre de confrères qui ne sont pas suffisamment
sensibilisés. En revanche, il y en a quand même une trentaine qui ont eu le
réflexe d’appeler l’Ordre.
« Les
avocats ne sont pas une cible particulière des pirates, en revanche ils détiennent
des données sensibles. »
Le but était de marquer les
esprits pour faire passer le message, car tout le monde sait qu’il faut une
adresse mail sécurisée, mais combien d’avocats sont conscients qu’une adresse
Gmail ou autre « grand public » ne répond pas aux obligations
déontologiques ? Il y en a très peu.
M.-P. P. :
La démarche est un peu particulière au sein de notre barreau car celui-ci a
cette particularité d’avoir deux typologies d’exercice des avocats, avec deux
tiers du barreau qui est constitué de collaborateurs et associés de grands cabinets
(ayant plusieurs centaines d’avocats), lesquels sont déjà très organisés avec
des campagnes régulières de protection.
Notre premier axe et notre
campagne ne visaient pas particulièrement cette population, mais plutôt les 700
autres, le tiers de confrères qui n’ont pas systématiquement tout le système de
protection que peuvent se permettre les grands cabinets. L’idée était de les
conduire à réagir tout de suite, soit en nous avertissant, soit en allant au
bout du process qui consistait quand même à donner son nom et prénom via un
formulaire, donc des données personnelles, avant d’arriver sur le guide
d’hygiène numérique et une page qui affichait « vous êtes tombés dans le
piège ».
JSS : Les avocats
sont-ils une cible facile pour le phishing ? Quelles sont les méthodes
utilisées par les criminels et quels sont les risques spécifiques pour les
avocats ?
M.-P. P : Les
avocats ne sont pas une cible particulière, en revanche ils détiennent des données
sensibles. Les avocats d’affaires, par exemple, possèdent des données sur de grandes
sociétés, des données fiscales, financières, humaines. De même pour d’autres
avocats dans le cadre d’un divorce ou d’une affaire devant le juge aux affaires
familiales avec des informations sur des mineurs, ou encore des informations
financières, immobilières etc.
P.A. : L’opération
de phishing est là pour mettre en lumière et commencer à soigner une maladie
silencieuse. Des personnes s’introduisent dans le système, vont récupérer des
mots de passe et identifiants pour s’en servir à posteriori, mais il sera déjà
trop tard. Un avocat non averti peut être victime de pirates qui vont exfiltrer
des données sans qu’il s’en rende compte. Et il ne le découvrira peut-être que
des années plus tard.
M.-P.P. : On n’imaginerait
pas qu’un confrère laisse un dossier papier client ouvert, c’est la même chose
pour les dossiers numériques stockés sur un drive personnel.
En plus des informations
confidentielles, les avocats interviennent aussi potentiellement, durant une
durée limitée, sur des sommes d’argent non négligeables. La détention peut être
courte, mais intéressante pour les hackers.
P. A. :
En fait, l’avocat est ordonnateur. Et même si les fonds ne sont pas sur son
compte bancaire, c’est lui qui va enclencher la transmission à son client, dans
le cas d’une transaction en faveur de celui-ci ou dans le cas de l’exécution
d’un jugement favorable à son client. Un tiers peut s’interposer et substituer
le RIB original par un autre pour détourner les fonds.
M.-P. P. :
On est une cible plus intéressante par cet aspect. D’autant que la fraude au RIB
est la plus commune, avec un mail récupéré puis modifié. La Carpa a des
obligations et des systèmes qui permettent aussi ce contrôle des flux d’argent
qui est obligatoire du fait de la règlementation, avec la lutte anti-blanchiment
notamment, mais le risque subsiste.
Si au barreau nous sommes
relativement épargnés par les attaques, on ne va pas attendre d’avoir des
problèmes pour se mettre en ordre de bataille.
JSS : Quels conseils
donneriez-vous aux avocats pour bien se prémunir face aux risques cyber, mais
aussi pour adopter les bons réflexes en matière de protection des données ?
M.-P. P. :
Il y a plusieurs axes sur lesquels il faut être attentif, notamment sur les
applications et les systèmes qu’on utilise pour conserver les données. Sur la
gestion des mots de passe, plutôt que de les mettre dans un fichier word sur
l’ordinateur, il vaut mieux privilégier un outil dédié et utiliser des mots de
passe robustes.
C’est déjà un premier point
de vigilance. Ensuite, il y a tous types d’outils qui existent et que l’on a
essayé de lister avec la commission numérique. Nous ne sommes pas là pour
imposer – les confrères sont indépendants, ils choisissent –, mais plutôt pour
leur expliquer les avantages et inconvénients des outils qu’ils pourraient
utiliser dépendamment de ce qu’ils font dans leur quotidien professionnel. Le
point faible, ce sont les données, comment elles sont archivées et comment
elles sont communiquées.
JSS : Vous avez pour
ambition également d’accompagner les avocats en matière d’IA, alors que de
nombreux outils sont développés et commencent à être adoptés par la profession,
comme GenIA-L,
l’outil de recherche juridique basé sur l’IA de Lefebvre-Dalloz. Où en est la
progression de la culture IA dans la profession ? Ne se fait-elle pas à
deux vitesses ?
M-P. P. :
Je dirais même qu’elle se fait à 18 vitesses ! Il y a ceux qui utilisent
l’IA sans le savoir avec les outils de recherche par exemple. Nos éditeurs, et
donc par extension les avocats, utilisent l’IA. Un avocat sans documentation,
ça n’existe pas, quelle que soit sa matière, et dès lors qu’il va prendre un
abonnement chez un éditeur, il va user de l’IA, même s’il ne le sait pas.
Après, il y a tout ce qui est
lié à la gestion du cabinet. Là encore, il existe un certain nombre de
prestataires d’applications sur la gestion des dossiers, des calendriers etc.
qui utilisent l’IA de façon plus ou moins visible, et on sait aussi que des
confères prennent ce type d’applicatif. La différence ici est qu’il est plus
difficile de changer d’applicatif, puisqu’ils se font sur la gestion des
dossiers, donc les confrères sont un peu plus bloqués dans un système.
Et puis il y l’IA générative
ou agentive type ChatGPT ou des systèmes équivalents que tout le monde peut
utiliser.
JSS : Quelles peuvent
être les sources d’opportunités et les sources d’inquiétudes apportées par
l’IA ?
M.-P. P. :
Avec les IA type ChatGPT, on commence à voir des cas de réclamations de clients.
Ils écrivent au bâtonnier pour faire part de leurs soupçons sur le fait que Maître
« Untel » ait utilisé l’IA dans leur dossier qui présente des
références inexistantes. Et à l’inverse, nous avons des confrères qui viennent
nous faire part de leur inquiétudes quant à des pièces qu’ils pensent avoir été
créées par l’IA et qui ne savent pas comment réagir devant le tribunal, ni s’ils
doivent les considérer comme un faux.
Aujourd’hui, nous sommes donc
dans cette utilisation de création qui n’est pas maitrisée et maitrisable, et
devant laquelle on ne sait pas comment réagir. Une autre étape pour nous dans
les mois à venir consistera à former aux prompts, former à l’utilisation de
l’IA, avec un point d’attention sur l’utilisation des créations.
Nous travaillons aussi avec
les juridictions et notamment la cour d’appel de Versailles sur la
transformation que va pouvoir apporter l’IA sur nos écritures et les jugements
ou arrêts. La cour d’appel a exprimé son inquiétude à ce sujet, et c’est pour
cela que depuis plusieurs années, nous travaillons sur des guides d’écriture,
et parallèlement la rédaction des décisions. Car l’utilisation de modèles pourrait
conduire à la réalisation de conclusions très longues, ce qui préoccupe les
juges. Et de notre côté, nous nous inquiétons de l’utilisation que peuvent
faire les magistrats dans leurs décisions.
Mais ensemble on essaie de
voir quel outils utiliser, comment on le fait, pourquoi, en quoi ils peuvent
nous aider, et ainsi en tirer le meilleur et supprimer ce qui peut être « contre-productif »
pour la justice en France.
On ne va pas écarter l’IA,
car ne pas l’utiliser serait une aberration pour l’ensemble des professions
juridiques. C’est une nécessité, mais il faut savoir l’utiliser intelligemment
pour éviter ces écueils, et cela se fait dès le départ, sur la façon dont on
fait le prompt, puis la façon dont on avance dans l’utilisation de l’IA. Plus on
utilise l’IA, plus le prompt de départ va être précis, mais en tout état de
cause le résultat final sera une base de travail, mais pas le travail
final ! Seul le contrôle de l’humain sur cette base de travail pourra
permettre in fine de l’utiliser.
Le risque que je vois dans
l’IA c’est que des générations futures n’auront peut-être pas cet esprit
critique pour utiliser les outils tels que ChatGPT.
P. A. :
Concernant notre génération, nous avons 25-30 années d’exercice professionnel durant
lesquelles on a fait à la main les résultats que produit l’IA aujourd’hui via
un algorithme qui construit la réponse au fur et à mesure. C’est tout l’inverse
du raisonnement humain qui est analytique et synthétique. L’IA a donc besoin
d’experts pour lire les résultats, prendre du recul et analyser. Comme l’a dit
la bâtonnière, on est encore là pour faire ce travail, mais nos générations de
jeunes qui eux auront été formés avec l’IA, auront-ils le recul nécessaire pour
faire ce travail critique et voir quand une jurisprudence donnée est en réalité
erronée, illogique ou en réalité hors-sujet ?
Sur des questions théoriques
ou doctrinales, j’ai pu attester que l’outil a un raisonnement construit.
Toutefois si on n’est pas expert, on ne peut pas déceler la faille dans le
raisonnement qui peut séduire de prime abord.
Mais comment former les
esprits de demain pour qu’ils soient toujours capables d’avoir du recul, mais
aussi plusieurs longueurs d’avance sur l’IA pour valider, relire, corriger les
texte produits ? Un peu à la manière d’un pilote de ligne qui va désormais
passer le plus clair de son temps à surveiller si l’avion a le bon comportement
dans chacune des phases de vol plutôt que de le manœuvrer directement, l’avocat
va devoir être attentif à ce que l’IA ne produise pas des contenus erronés. Ça
va être le vrai challenge de l’éducation.
« Ne pas utiliser l'IA serait une aberration pour
les professions juridiques »
Par ailleurs, nous allons
prochainement former par vagues des confrères. Nous avons créé une formation de
quelques heures très immersives en plusieurs temps. Le premier sera un temps
d’acculturation de l’IA, avec la découverte des outils d’IA généralistes tels Chat
GPT, GenIA-l, Jarvis, puis un temps d’utilisation dans le cadre d’un atelier où
les avocats, avec des tablettes, feront des prompts pour leur permettre de
rentrer dans l’outil.
On ne peut pas prédire quel
impact l’IA aura sur la profession, mais ce que je vois aujourd’hui, c’est qu’elle
aide à tous les niveaux, aussi bien le stagiaire que le junior, le manager,
l’associé, sans pour autant automatiquement entrainer des suppressions ou réorganisations
de poste. Mais on sait que ce ces dernières vont arriver quand les outils
seront plus matures. La question se posera lorsque l’outil fera des conclusions
sans halluciner, sans inventer des cas de jurisprudence.
JSS : Aux Etats-Unis,
l'avocat américain Richard Bednar a été sanctionné au début du mois par la Cour
d'appel de l'Utah pour avoir écrit un mémoire à l'aide de ChatGPT, qui
comprenait justement des jurisprudences inventées. Comment expliquer que le
logiciel ait pris une telle liberté ? Quels autres outils requièrent de la
vigilance ?
M-P. P :
Quand l’IA ne sait pas, elle hallucine, elle reste rarement sans réponse. Ce
n’est pas un système de moteur de recherche classique qui va chercher une
information à droite ou à gauche et en faire une synthèse. Elle sait
synthétiser des documents qui lui sont soumis, mais autrement elle va générer
et construire une réponse à partir d’un mot, d’un prompt initial.
Dans le cadre de cours que je
donne, j’ai constaté qu’au moins trois personnes avaient répondu aux questions
avec ChatGPT, car dans les réponses, il y avait une création de textes de loi,
de jurisprudence, avec des vrais numéros de pourvoi, sauf qu’ils ne
correspondaient pas au sujet, de même que la date. ChatGPT avait tout
simplement créé.
En tout état de cause, je ne
suis pas sûre qu’il n’y ait pas d’outils qui ne méritent pas une vigilance, car
même lorsqu’on utilise un éditeur aussi compétent et de bonne qualité soit-il,
on doit utiliser les outils de la même manière avec un esprit critique. Mais
encore une fois, ces outils nous aident, nous orientent.
JSS : Quels sont les
prochains travaux que la commission entend engager ou qui le sont déjà ?
Une des prochaines étapes,
qui est un travail encore en cours avec la Commission déontologie au sein du
barreau, c’est celle d’intégrer les outils numériques dans nos démarches de
vérifications lors des visites domiciliaires . Autrement dit, lorsqu’un
confrère s’installe, le barreau va visiter les locaux du confrère mais
également son environnement numérique.
Très concrètement, on regarde
si le confrère à une armoire fermée à clé qui permet de préserver le secret
professionnel, de ne pas voir les dossiers de ses clients, et on va faire la
même chose avec le numérique. On va leur demander s’ils ont un système suffisamment
sécurisé pour que les dossiers clients soient suffisamment préservés des intrusions.
C’est quelque chose qui n’existe pas et sur lequel on voudrait vraiment
travailler.
Nous menons par ailleurs des
travaux d’approche des éditeurs pour savoir dans quelle mesure l’on peut
trouver des partenariats avec eux. Une étape à venir
aussi sera d’essayer de générer des ambassadeurs sur ces sujets avec la
formation évoquée tout à l’heure, afin que des avocats formés puissent déployer
et porter cette bonne parole, les bons réflexes.
La sensibilisation sur le fait
qu’envoyer les RIB par mail est dangereux, et encore plus sur une adresse
Gmail, Yahoo ou autre, est également un axe de travail un peu plus en interne.
Il consiste à mettre en place des systèmes de protection des RIB pour la Carpa,
proposer une protection financière pour les confrères. Nous avons un taux de
sinistralité très bas au regard d’autres barreaux, on et veut que cela
continue.
Mais notre but à l’instant T,
c’est de mener à bien tous nos sujets actuels sur la protection et la
sensibilisation. Il y a encore trop de confrères avec des adresses et des
drives non sécurisés.
P. A :
Et ce que ne dit pas la bâtonnière, c’est qu’aucun sujet n’est resté dans
l’impasse aujourd’hui grâce à elle et à sa volonté d’avoir des réponses.
M-P. P :
En effet je ne voulais pas rester sur des « il faut faire ». Non, faisons !
Propos
recueillis par Allison Vaslin
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