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Le barreau français était comme
chaque année invité à la rentrée judiciaire du barreau canadien. Au programme :
une discussion autour de la définition de l’IA. Deux professionnels québécois du
droit ont échangé avec l’avocat versaillais Renaud Gannat.
Dans le cadre du jumelage
noué il y a 35 ans entre le barreau de Versailles et celui de Québec, 12
avocats yvelinois ont participé, du 4 au 7 septembre, à la rentrée du barreau canadien.
Une rentrée importante pour les avocats de Québec, qui fêtent les 175 ans de
leur barreau.
L’un des points forts
symbolisant ce jumelage était le colloque annuel Québec-Versailles, organisé
dans le cadre de la conférence Claire L’Heureux-Dubé, qui se tenait pour sa 21e
édition le vendredi 6 septembre à la faculté de droit de l’université Laval à
Québec. Un colloque consacré aux enjeux et aux perspectives de l’intelligence
artificielle pour les milieux juridique et judiciaire.
Dans son propos introductif,
Stéphane Lavoie, bâtonnier de Québec pour les années 2024 et 2025, a salué les
membres de la délégation versaillaise. « Ce colloque donne tout son
sens à ce jumelage », a-t-il assuré.
Le bâtonnier Raphaël Mayet a lui
aussi pris la parole en prélude du colloque et s’est félicité de maintenir « un
jumelage qui nous est très cher ». Une entente entre deux barreaux
dont l’un fête ses 175 ans, quand l’autre, celui de Versailles, célèbrera ses
200 ans d’existence l’an prochain. « Je crois que nos destinées se
rencontrent », s’est amusé le représentant des avocats des Yvelines.
Pour l’occasion, Raphaël Mayet a remis à Stéphane Lavoie la médaille du barreau
de Versailles.
Le colloque consacré à l’intelligence
artificielle était porté par Pierre E. Daudet, juge honorable à la Cour du
Québec, Antoine Fournier-Pilon, chercheur à la Cour supérieure du Québec,
accompagnés par Renaud Gannat, avocat inscrit au barreau de Versailles et
exerçant à Vélizy-Villacoublay.
La discussion a donné lieu a
un comparatif entre les législations européennes et canadiennes. À commencer
par la définition de l’intelligence artificielle. « Au Canada et au Québec,
il n’y a pas de définition claire, a expliqué Antoine Fournier-Pilon. Il
y a néanmoins le projet de loi C-27 (intégrant une loi sur l’intelligence
artificielle, ndlr), mais il pourrait ne jamais aboutir. » Le
projet décrit un système d’intelligence artificielle comme « un système
technologique qui, de manière autonome ou partiellement autonome, traite des
données liées à l’activité humaine par l’utilisation d’algorithmes génétiques,
de réseaux neuronaux, d’apprentissage automatique ou d’autres techniques pour
générer du contenu, faire des prédictions ou des recommandations ou prendre des
décisions ». Pour Antoine Fournier-Pilon, « cette définition
vire à l’anthropomorphisme, alors qu’il s’agit simplement d’une technologie
prédictive ».
Côté Français, Renaud Gannat
a énoncé la définition présente dans l’AI Act, adopté par le Conseil européen,
à savoir « un système automatisé qui est conçu pour fonctionner à
différents niveaux d’autonomie et peut faire preuve d’une capacité d’adaptation
après son déploiement, et qui, pour des objectifs explicites ou implicites,
déduit, à partir des entrées qu’il reçoit, la manière de générer des sorties
telles que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions
qui peuvent influencer les environnements physiques ou virtuels ». « On
a fait très large », a-t-il estimé.
Ce colloque « confirme
la pertinence de notre jumelage », a conclu le bâtonnier Stéphane
Lavoie à l’issue de la discussion. Il a, comme Raphaël Mayet, estimé que ce
jumelage « perdurera dans le temps ».
Alexis
Duvauchelle
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