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François Durovray est accusé de ne pas avoir protégé des mineurs placés sous sa protection, tombés dans la prostitution alors qu’ils étaient confiés à des foyers de l’aide sociale à l’enfance.
Le président du département de l'Essonne, François Durovray, est visé par un recours l'accusant « d’inaction »
vis-à-vis d'enfants tombés aux mains de proxénètes, alors qu'ils étaient placés
en lieux d’accueil gérés par le département. L’information a été révélée par
une enquête de France Info, ce mercredi 30 avril. Déposé auprès du
tribunal administratif par l’avocat Michel Amas, qui s’est spécialisé dans la
défense d’enfants placés, le recours dénonce le fait que le département n’ait
pas protégé les mineurs placés sous sa responsabilité. Les départements des
Bouches-du-Rhône et des Yvelines sont également pointés du doigt et visés par
la même mise en demeure.
« Nous
lançons l'alerte pour que tout le monde sache qu'en France, à l'heure actuelle,
des petits garçons et des petites filles se prostituent en très grand nombre,
dans l'inaction totale des présidents de département, s’exprime Michel Amas
sur son compte X. Nul ne peut désormais ignorer que des enfants se
prostituent, parce qu'ils ont été placés et que les présidents de département
ne font rien. » L’avocat estime, sur France Info, que « l'Etat
a échoué dans la protection de l'enfance. Le fait qu'il n'y ait pas de
réaction, d'organisation de la réponse de l'État, c'est ça que nous dénonçons.
Nous livrons les enfants aux chiens ».
Selon
le récent rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les enfants
placés, portée par la députée Isabelle Santiago, 15 000 mineurs sont victimes
de prostitution en France, en majorité des enfants placés.
La
situation est également dénoncée par des professionnels de l’enfance du
département : « Pour le département de
l'Essonne, il y a eu une régression catastrophique depuis une dizaine d'années,
témoigne Annie, qui a été assistante familiale pendant 27 ans et éducatrice
spécialisée pendant 15 ans. Les directeurs de l'aide sociale à l'enfance ne
restent pas longtemps, et depuis la restructuration de l'ASE avec la
suppression du poste des inspecteurs, cela s'est dégradé. »
Les
défaillances sont reconnues aussi par le ministère de la Justice, qui souhaite
renforcer les contrôles. Lundi 28 avril, Gérald Darmanin a envoyé une
circulaire demandant aux parquets et aux directions interrégionales de la
protection judiciaire de la jeunesse de renforcer les visites dans les foyers
de l’ASE et dans les lieux de vie et d’accueil.
À
lire aussi : Gérald Darmanin veut renforcer les
contrôles des lieux accueillant des mineurs placés
Aujourd'hui,
les foyers doivent être contrôlés tous les cinq ans par les départements, ce
que rappelle le département de l’Essonne dans un communiqué, publié dans la
foulée de ces révélations : « Les structures d’accueil font l’objet de
contrôles réguliers, et un dialogue constant est maintenu avec les professionnels du secteur »,
se défend la collectivité.
Le
département de l’Essonne annonce qu’il « diligentera une enquête
administrative pour connaître et garantir la sécurité des jeunes enfants et
apporter toutes les réponses attendues », pour « savoir si
toutes les conditions de sécurité et de protection des enfants sont réunies ».
Insistant sur le fait qu’en Essonne, « la protection de l’enfance est
une priorité absolue » et « le premier poste budgétaire »,
le département affirme aussi « apporter tout son soutien aux familles
et aux enfants ». Pour François Durovray, « les situations que
vivent les enfants à protéger ne peuvent être résolues par les seuls
départements, écrit-il sur les réseaux sociaux. Elles sont le reflet
d’une société fracturée, d’enjeux familiaux, scolaires, psychiatriques ou
judiciaires souvent enchevêtrés. La réponse doit être collective : État,
justice, police, santé, éducation, départements. »
Mylène Hassany
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