Pourquoi la plume de Pierre de Ronsard fut-elle confrontée à la plume du greffier ?


dimanche 1 juin 2025 à 07:002 min

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EMPREINTES D'HISTOIRE. Dans sa 146e chronique publiée il y a cinq ans dans le JSS, notre chroniqueur évoquait le poète Pierre de Ronsard et son égérie, la jeune Cassandre. Il revient cette semaine sur les déboires judiciaires du prieur commendataire de Saint-Cosme qui n’a pas seulement écrit pour sa muse enchanteresse mais s’est laissé aller à quelques grivoiseries qui lui ont occasionné bien des soucis.

En 2005, le département de la Charente-Maritime décide de rendre hommage à Pierre de Ronsard en lui dédiant un rond-point. Pas n’importe où ! A Surgères (illustration ci-dessus), en demandant à l’artiste Jean-Luc Plé de réaliser la main du poète tenant une plume et écrivant : « Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain ; / Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie ». Ce sont les deux derniers vers de l'émouvant sonnet « Quand vous serez bien vieille... » que Ronsard écrivit à Hélène de Fonsèque, protégée et fille d'honneur (fille damoiselle puis fille de chambre de la reine) de Catherine de Médicis mais aussi fille du baron de… Surgères.

La jeune Hélène de Fonsèque, au teint cuivré et aux cheveux d’ébène, dus aux origines ibères de son père, avait croisé en 1572 au Louvre le regard du quinquagénaire Ronsard qui lui voua un amour platonique. Célibataire, elle s’est éteinte à l’âge de 72 ans dans son château de Surgères.

Depuis la création du rond-point illustrant l’amour porté par le poète à la demoiselle de Surgères, plusieurs automobilistes, pas tous poètes mais peut-être distraits par l’imposante plume ornant le giratoire, ont foncé dans la main de l’écrivain, dégradant ce décor original.

Mais ces imprudents ayant brûlé des priorités savent-ils que certains ouvrages de Ronsard ont été brûlés à la demande de la justice ?

Les Folastries

En 1553, 8 ans après avoir écrit pour la belle Cassandre Salviati âgée de 14 ans rencontrée lors d’un bal à Blois son célèbre « Mignonne allons voir si la rose… »*, Ronsard publie les « Folastries », recueil de plusieurs poèmes grivois qu’il compose de 1547 à 1553, donc entre ses 23 et 29 ans. Le ton y est licencieux, sans être pour autant d’une crudité inhabituelle. Il y est parfois question de « Dame Catin » et de Bacchus, de bigotes, de « fesses accroupies », de « doucelettes

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