Vie Pro-Vie Perso : Vive les femmes de réseaux !


vendredi 7 novembre 20143 min

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Difficile conciliation vie privée/professionnelle, discrimination, problème de statut ou de conditions d’exercice… la féminisation de la profession d’avocat ou de juriste soulève de nombreux enjeux.



Dans le cadre d’un débat sur les Femmes de réseaux, organisé par la CNA-PARIS (Confédération Nationale des Avocats) le 4 novembre dernier à la Maison du Barreau, de nombreuses avocates se sont données rendez-vous autour d’Anne-Katel Martineau, candidate aux prochaines élections au conseil de l’Ordre de Paris. L’occasion pour les participantes de revenir sur les actions à mener pour la promotion des femmes et les difficultés à concilier leurs vies privées de femme et/ou de mère avec leurs carrières. Un regard outre-Atlantique : comparaison France – Etats-Unis – Canada sur la place des femmes juristes et avocates a également enrichi les débats.


Dans ce domaine de la place des femmes, « rien n’est jamais acquis » a tenu à préciser Me Martineau en ouverture des débats, estimant que le sujet était en réalité une question apolitique. Et citant les propos de Christine Lagarde « Il faut des lois pour forcer la transition, c’est un mal nécessaire » Aline Poncelet, Présidente de WIG (Women’s Interest Group) et Associée du cabinet Paul Hastings préconise de légiférer sur le sujet en faisant appel notamment aux quotas pour pouvoir avancer. Elle déplore en outre que les pays en pointe sur la question de la femme soient des pays émergents comme Hong Kong ou l’Australie.


Face à une certaine forme « d’autocensure de la part des femmes à se mettre en avant » selon les propos de Me Martineau, Aline Poncelet recommande d’« apprendre à oser, à aller chercher des astuces, apprendre à aller de l’avant, à aller dans d’autres réseaux, apprendre à se faire un peu violence ».


Faisant part de son expérience dans son livre « Vie Pro-Vie Perso, le cocktail gagnant ! » l’avocate Michelle Jean-Baptiste a démontré comment elle est parvenue à tout concilier. Un livre sous forme de fiches pratiques qui s’adresserait selon son auteure aussi bien aux hommes qu’aux femmes, la problématique de la conciliation vie privée/carrière touchant autant les hommes que les femmes. De son côté, l’avocate Céline Bondard, Présidente de la FABA (French American Bar Association) a fait le bilan de son expérience aux Etats-Unis où elle a exercé pendant plusieurs années. Au final, et contre toute attente, peu de différence entre la France et les USA. Sauf peut être qu’aux Etats-Unis, les femmes n’ont pas peur de faire du networking, une pratique qui reste essentiellement réservée aux hommes en France.


Anne-Katel Martineau a évoqué la création de la Commission Egalité Professionnelle au sein du Conseil de l’Ordre où siège six hommes et six femmes, dont elle fait partie depuis sa création, afin d’essayer de faire évoluer les choses. Cette commission souhaitait créer un label à l’instar du label « JUSTICIA » existant au Canada qui a mis en place une charte de bonne conduite par rapport aux collaboratrices, une procédure de recrutement et d’ascension au sein des cabinets. Ces process leur ont permis de faire évoluer la question de la maternité et l’accessibilité des femmes aux postes d’association. Pour l’instant la commission égalité professionnelle a adressé à plusieurs cabinets un questionnaire afin d’évaluer les bonnes pratiques qui ont déjà été mises.

Anne-Katel Martineau a également rappelé que cette commission a reçu en décembre dernier la Batonnière du Québec. Dominique Attias, Avocate Associée à SCP ATTIAS & JAUZE, élue tête de liste de Femmes et Droit et candidate au Vice-Bâtonnat aux prochaines élections au Barreau de Paris, également membre de la commission égalité professionnelle, en a profité pour préciser qu’il s’agit d’une « sorte de valorisation générale, les hommes bénéficient indirectement de cette valorisation. (…) En effet, les processus mis en place par les cabinets permettent de faire évoluer le dossier, le temps de l’absence obligée de la femme qui récupère ensuite le dossier, tout cela dans le but de fidéliser le client. Les clients sont demandeurs pour savoir comment les femmes sont traitées au sein du cabinet. C’est à nous de faire avancer les choses et de s’appuyer sur les clients eux-mêmes pour ce faire. »


Cécile Leseur,


Rédactrice en chef


crédit photo: (c) David Nivière

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