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AVEC AFP. Le socialiste s’est éteint dimanche à l’âge de 88 ans. Il avait été à la tête du gouvernement entre 1997 et 2002, avant sa lourde défaite dès le premier tour de l’élection présidentielle.

L’ancien Premier ministre socialiste français Lionel Jospin, chef du gouvernement de 1997 à 2002 et membre du Conseil constitutionnel de 2015 à 2019, est décédé dimanche à l’âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l’AFP.
Premier secrétaire du parti socialiste de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, Lionel Jospin s’était présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 puis en 2002, un scrutin marqué par la qualification du leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen pour le second tour, contrairement à Lionel Jospin.
En janvier, il avait indiqué avoir subi « une opération sérieuse », sans divulguer de détails.
Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu’au bout, il avait créé le principe de la « gauche plurielle », réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.
Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors instauré la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d’union civile : le Pacs.
La surprise avait été totale lorsqu’en 2002, il n’était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac (droite).
Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l’extrême droite, Lionel Jospin s’était alors retiré de la vie politique, n’intervenant plus pendant des années dans le débat public.
Pendant le quinquennat de François Hollande (2012-2017), il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique.
Il avait ensuite fait un retour plus remarqué en 2014, lorsqu’il fut nommé membre du Conseil constitutionnel par le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, après le décès de Jacques Barrot. Il aura eu à examiner notamment les différentes lois sécuritaires ayant suivi la vague d’attentats qui a frappé la France à partir de 2015, entre autres sur les assignations à résidence et les perquisitions administratives. Il quitte le Conseil constitutionnel à la fin de son mandat, en 2019, remplacé par Alain Juppé.
Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ex-Premier ministre socialiste, « un grand destin français » porté par un « idéal de progrès ». « Premier secrétaire du PS de François Mitterrand, ministre de l’Éducation nationale, Premier ministre, membre du Conseil constitutionnel. Par sa rigueur, son courage et son idéal de progrès, il incarnait une haute idée de la République », a déclaré lundi le chef de l’Etat sur le réseau X.
L’ancien président François Hollande a lui fait part de son « infinie tristesse » après le décès d’un « homme engagé » qui incarnait selon lui « l’exemplarité en politique ». « Homme d’État, il a fait preuve d’une conception élevée de l’action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité », a écrit dans un communiqué celui qui fut premier secrétaire du PS pendant que Lionel Jospin était Premier ministre. « Au-delà de la gauche qui pleure l’une de ses plus éminentes figures, la France sait qu’un de ses plus grands dirigeants vient de s’éteindre », a-t-il ajouté.
Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de Lionel Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à « un modèle d’exigence et de travail » et salué la mémoire d’une « présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive », dans un message publié sur X.
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a lui salué la mémoire d’un « inspirateur », « un modèle de rectitude » qui avait « amené la gauche plurielle au pouvoir ». L’ancien Premier ministre « a permis à une génération de gouverner, à une autre génération – la mienne – de se former », a réagi le patron des socialistes sur France Inter, affirmant que sa disparition laisserait « un immense vide ».
L’actuel Premier ministre Sébastien Lecornu a salué chez son prédécesseur socialiste Lionel Jospin un « serviteur fidèle » de l’Etat guidé par « une certaine idée du progrès social ». « La France perd aujourd’hui un serviteur fidèle, dont le nom restera lié à l’État », a-t-il écrit sur X, en évoquant « son action, guidée par une certaine idée du progrès social et des valeurs républicaines », qui « laisse une empreinte durable et un modèle d’engagement ».
Marine Le Pen, dont le père avait terminé devant Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002, a vu en lui « un homme de gauche intègre, le seul à avoir eu le courage au lendemain de la présidentielle de 2002 de dénoncer le mensonge éhonté du péril fasciste agité frénétiquement par la droite et la gauche entre les deux tours, dans un message de condoléances posté sur X. Lionel Jospin avait pourtant bien demandé aux Français, après sa défaite, d’ « exprimer par leur vote à l’élection présidentielle leur refus de l’extrême droite et du danger qu’elle représente pour notre pays et ceux qui y vivent ».
Le Conseil Constitutionnel a lui déclaré que « la République perd un grand serviteur ». Membre de l’institution pendant quatre ans, Lionel Jospin « lui a apporté sa rigueur et son exigence intellectuelles, sa droiture et son engagement constant au service de l’institution », ont estimé les Sages dans un communiqué. « Son expérience des plus hautes responsabilités de l’État, sa profondeur d’analyse et sa hauteur de vue ont éclairé les décisions du Conseil constitutionnel. »
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