Alerte sur l'usage dévoyé du NO2 : un combat juridique et sanitaire à sortir de l'ombre


mercredi 16 octobre 2024 à 17:003 min

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Depuis le 16 septembre, la détention et la consommation du protoxyde d’azote sont prohibées dans l’espace public à Montpellier. Si la vente des cartouches de gaz hilarant était déjà interdite aux mineurs – comme prévu par la loi – désormais seuls les grossistes ou les commerces spécialisés peuvent proposer ce produit. La raison de cette interdiction élargie invoquée par le maire Mickaël Delafosse : lutter contre « un fléau qui se généralise ». Crainte qu’il partage avec des professionnels de santé et des juristes qui estiment la mobilisation contre le phénomène bien trop timide.

 

Le protoxyde d’azote est un gaz incolore, initialement utilisé dans le milieu médical pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques ainsi que dans l’industrie alimentaire comme gaz de pressurisation, notamment pour les siphons de cuisine. Mais depuis les années 2000, le dispositif de veille sur les évolutions et les phénomènes émergents dans le champ des drogues de l’OFDT (TREND)1 a mis en évidence un usage détourné à des fins récréatives de ce gaz, qualifié d’hilarant. Les utilisateurs vident le contenu des cartouches de protoxyde dans des ballons de baudruche et l’inhalent pour ressentir des effets euphorisants qui durent quelques minutes.

Des réseaux de plus en plus organisés

Toujours selon l’OFDT, les lieux de vente de cartouches (commerces de proximité, épiceries, bars et boîtes de nuit) se sont multipliés à partir de 2017 avant que n’apparaissent, en 2019, des sites internet spécialisés qui proposent des bonbonnes et des bouteilles permettant de confectionner jusqu’à 80 ballons pour les premières et entre 1 000 et 2 000 pour les secondes.

Depuis 2020, « des réseaux plus ou moins structurés (certains déjà impliqués dans la vente de stupéfiants) importent via des sites internet d’importantes quantités de protoxyde d’azote sur le territoire métropolitain ». Ils en assurent également le stockage et la revente au détail. L’OFDT précise : « Lorsque l’offre de protoxyde d’azote s’inscrit dans des réseaux de trafic de stupéfiants organisés, ses modalités de vente et de promotion sont les mêmes que celles des autres produits : points de vente fixes, « drives », ou achat par le biais de comptes dédiés sur des réseaux sociaux (Snapchat), livraisons possibles, promotion et marketing du produit, notamment via des flyers ».

Quelques chiffres pour comprendre

Conséquence : une facilité d’accès à un produit qui n’est pas classé sur la liste des stupéfiants en raison de son usage industriel et qui séduit particulièrement les jeunes en raison de son prix et de ses effets à la fois rapides et fugaces.

Ainsi, selon l’enquête nationale en collège et lycée chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS)2 publiée en 2022, 5,4 % des lycéens interrogés déclaraient avoir déjà expérimenté le protoxyde d’azote. Une autre enquête publiée par Santé Publique France en octobre 20233 révèle quant à elle que, parmi les adultes âgés de 18 à 35 ans, 2,8% ont consommé du protoxyde d’azote dans l’année et l’âge moyen du consommateur de protoxyde d’azote est de 25 ans.

Des statistiques qui peuvent sembler

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