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Alors que l’aéroport de Roissy projette d’ouvrir un nouveau terminal à l’horizon 2025 portant ainsi à 100 millions le nombre de passagers annuels, les riverains s’inquiètent de la multiplication des survols de la région. Si certains soulignent l’opportunité que cet investissement représente pour l’emploi, d’autres, s’inquiètent de la nuisance sonore ainsi engendrée et s’interrogent quant à son impact sur la santé de la population.
« Pour 54 % des Français*, le bruit
des transports (trains, avions, circulation…) est la principale source de
nuisance » peut-on lire sur le
site du ministère de la Transition écologique
et solidaire. Les trois aéroports parisiens –
Paris-Charles de Gaulle (9e aéroport
mondial en 2015 avec ses 65 766 986
passagers, 1er européen en termes de mouvements – 480 000 et 1er en nombre de mouvements nocturnes entre 22 heures et 6 heures – 58 000), Paris-Orly et Paris-Le Bourget –
entraînent un nombre important de
survols de la région (753 950 mouvements
d’avion en 2015) impactant notamment la
qualité de vie des riverains. En
effet, selon l’Advocnar (Association de défense
du Val-d’Oise contre les nuisances
aériennes), en Île-de-France, ce sont plus de 5,3 millions de personnes qui sont survolées à moins de 3 000 mètres d’altitude. « L’Île-de-France, dix fois plus
peuplée que les autres régions, concentre déjà 50 % du trafic aérien national » souligne-t-elle, considérant ainsi que « la lutte contre le bruit [est] une
priorité de santé publique ».
Toutefois, face à la mondialisation, la France se doit de conserver sa place à l’international et cela passe aussi par le développement de ses aéroports parisiens internationaux : « La croissance s’accompagne d’un besoin de mobilité et d’échange accru et que, face au dynamisme des aéroports européens concurrents qui cherchent à prendre des parts de marché, il faut donner à Roissy les moyens de son expansion », souligne le ministère de la Transition écologique et solidaire. L’objectif : « Assurer le développement de Roissy dans le respect de la protection de l’environnement et du cadre de vie des populations riveraines ».
Le bruit est encadré par la « loi numéro 92-1444 du 31 décembre 1992 (codifiée aux articles L. 571.1 à L. 571.26 du Code de l’environnement), dite loi “Royal” ou loi “bruit”, premier texte global en la matière, constitue sans doute le premier effort notable de formulation d’un texte fondateur renforçant la législation existante sans forcément remanier ni remplacer les textes précédents », explique le Centre d’information sur le bruit. Toutefois, face à la gêne rencontrée, le 24 avril dernier, deux communes et treize associations, dont Advocnar et le collectif Ana (Alerte nuisances aériennes), ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour que la France respecte la directive européenne 2002/49/CE encadrant les nuisances sonores aériennes. Soutenues par 17 communes voisines des principaux aéroports franciliens qui se sont ralliés le 17 novembre dernier à leur action juridique via une intervention volontaire auprès du Conseil d’État, les requérants souhaitent ainsi faire bouger les lignes. « Ce texte impose aux États membre de réaliser une cartographie du bruit aux abords des aéroports de plus de 50 000 mouvements et de mettre en place des mesures pour réduire les nuisances regroupées au sein de plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) », assure l’association Advocnar. Or, l’aéroport du Bourget ne dispose toujours pas de son PPBE (ce qui devait pourtant être le cas dès 2008), et ceux des deux autres aéroports parisiens ne sont pas conformes à la directive. La présidente d’Advocnar, Françoise Brochot, affirme qu’il faut que les habitudes soient modifiées. Bien que l’aéroport de Roissy se situe à 22 km du centre de Paris, « l’orientation de ses pistes entraîne le survol des zones les plus peuplées du Val-d’Oise » précise l’association.
En parallèle, le 15 mai 2017, « une plainte a été déposée auprès de la Commission européenne, au motif que la transposition de l’annexe V de la directive 2002/49/CE n’est pas complète ; les plans d’actions des aéroports de Paris-CDG et Paris-Orly ne sont pas conformes à la directive ; le plan d’action pour Paris-Le Bourget n’est même pas adopté », affirme l’association.
Parmi ses autres revendications, l’association souhaiterait assister à une réduction des vols de nuit, à une augmentation de l’angle d’atterrissage ou encore à la poursuite de la pose de kits permettant de réduire le sifflement des A 320. Affaire à suivre…
Constance Périn
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