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AVEC AFP. La plus haute juridiction de l’ordre administratif a validé les séries de griefs retenus contre le mouvement d’ultragauche par le gouvernement, qui avait décidé de dissoudre l’organisation en juin dernier.

Le Conseil d’État a rejeté jeudi le recours du mouvement d’ultragauche La Jeune Garde contestant sa dissolution décidée en Conseil des ministres en juin 2025, estimant que cette décision était « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ».
« La Jeune Garde a mené et incité à commettre des agissements violents de confrontation et d’exclusion physique de l’espace public, tant par le comportement de ses membres que par ses soutiens à certains comptes sur les réseaux sociaux et son absence de réaction à leurs contenus », souligne le Conseil d’État dans un communiqué.
Le mouvement contestait le décret de dissolution pris en Conseil des ministres le 12 juin 2025, qui énumérait des rixes violentes ou prises à partie à Strasbourg, Paris et Lyon entre 2023 et 2025.
Dans sa décision, le Conseil d’État a relevé trois séries de faits. D’abord l’organisation d’« actions dites par lui de « vigilance antifasciste » » et de « formations qu’il appelait « d’auto-défense », visant à la préparation physique et mentale des membres du groupement à des affrontements violents ».
Des actions qui visent « non pas seulement à combattre l’expression publique de militants d’extrême droite, mais à inciter ses propres membres à exclure physiquement de l’espace public toutes les personnes considérées comme « fascistes » par le groupement », a estimé le Conseil d’État.
La communication de ces actions sur les réseaux sociaux a également été pointée du doigt. Des comptes dénommés « Antifa Squads » avaient imputé à la Jeune Garde plusieurs dizaines d’actions violentes contre des personnes ou des groupes présentés comme fascistes.
Si le groupement assure que les comptes en question ne lui étaient pas rattachés, « il est constant que les comptes institutionnels de différentes branches locales du groupement suivaient ces comptes « Antifa Squads » et que ces branches locales avaient, à plusieurs reprises, réagi par une mention « J’aime » à des publications qui imputaient à leur propre groupement ces actions très violentes », a constaté la plus haute juridiction de l’ordre administratif.
Dernier grief : les « provocations répétées à des agissements violents » de la part de la Jeune Garde soulignés par le décret de dissolution. Le Conseil d’État a abondé, assurant que les membres de la Jeune Garde « prenaient souvent l’initiative de l’utilisation de la violence dans l’espace public, sans que, à la date du décret attaqué, le groupement ait condamné de telles actions ».
Dans un message posté sur X, Laurent Nuñez a estimé qu’il s’agissait d’une « décision importante pour la défense de l’ordre public et de nos valeurs républicaines ». « La violence n’aura jamais le dernier mot. Ce ne sera jamais un mode d’expression », a ajouté le ministre de l’Intérieur.
Pour sa part, Bruno Retailleau, qui avait porté en Conseil des ministres la décision de dissoudre La Jeune Garde alors qu’il était ministre de l’Intérieur, a qualifié de « grande victoire » la décision du Conseil d’État.
« Les Français se souviendront de la complaisance coupable d’une partie de la gauche et en particulier de LFI avec cette organisation violente aujourd’hui définitivement dissoute », a ajouté sur X le président de LR et candidat à la présidentielle de 2027.
Créée en 2018 par Raphaël Arnault, devenu député en 2024 et qui siège au sein du groupe LFI à l’Assemblée nationale, La Jeune Garde est accusée par le gouvernement « de provoquer à des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d’effets ».
« Si le groupement contestait certains des faits qui lui étaient reprochés, ses membres prenaient souvent l’initiative de l’utilisation de la violence dans l’espace public, sans que le groupement ait condamné de telles actions », observe le Conseil d’État dans son communiqué.
Après sa dissolution, La Jeune Garde s’est retrouvée au cœur de la polémique qui a suivi la mort en février à Lyon du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, car plusieurs des agresseurs présumés en étaient membres et sont des proches de Raphaël Arnault.
« Face à l’extrême gauche, ne plus rien laisser passer : c’est à la justice désormais de lourdement punir les meurtriers présumés » de Quentin Deranque, a réagi sur X le président du RN Jordan Bardella, dénonçant « un groupuscule violent affilié à La France Insoumise et dont certains membres sont impliqués dans la mort de Quentin ».
Une enquête a par ailleurs été ouverte fin février après un signalement du ministère de l’Intérieur soupçonnant une reconstitution du mouvement antifasciste.
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